L’usage de l’hypnose pour soigner

et accompagner les personnes souffrant de dépression

Éric Bonvin

Introduction

Utilisée dans le cadre d’une relation thérapeutique assurée et sécurisante, l’hypnose peut constituer une référence intéressante pour accompagner les personnes souffrant de dépression. Après quelques éclaircissements sur les notions de dépression et d’hypnose, ce chapitre propose d’explorer la symptomatologie dépressive en la plaçant sous l’éclairage des phénomènes hypnotiques, pour finalement aborder les possibilités et les limites de l’usage de l’hypnose dans le traitement de la dépression.

L’hypnose et le traitement de la dépression: l’alliage est-il possible?

L’interdit qui a longtemps pesé sur l’usage de l’hypnose dans le traitement de la dépression (notamment durant le XXe siècle) fut fondé sur des représentations relatives autant à la dépression qu’à l’hypnose elle-même. À la suite de Freud, la dépression a longtemps été considérée comme la résultante d’un retournement des pulsions agressives contre soi-même. Dans le même temps, on le sait bien, l’hypnose fut longtemps considérée comme un phénomène induisant l’effondrement des défenses, voire la dissolution du Moi du sujet hypnotisé. Ce dernier perdrait ainsi le contrôle de lui-même et se trouverait à la merci de l’hypnotiseur. L’amalgame de ces deux représentations a constitué la charpente de l’interdit qui abritait l’idée selon laquelle l’hypnose serait dangereuse dans le traitement de la dépression car elle favoriserait à la fois un passage à l’acte fatal, une dissolution totale du Moi du sujet dépressif et une trop grande dépendance à l’égard du thérapeute. À la lumière de nombreuses années d’expérience et de recherches sur ces sujets, il faut cependant reconnaître qu’aucun de ces faits n’a réellement été démontré et, de plus, ces représentations tant de la dépression que de l’hypnose sont de plus en plus obsolètes. En effet et de façon très sommaire, soulignons simplement que la dépression est davantage considérée comme une sorte de panne d’énergie psychique ou de fatigue du sujet (Ehrenberg, 1998), plutôt que comme un état d’agressivité particulier. Par ailleurs, nous savons aussi maintenant que l’hypnose n’induit aucune dépendance vis-à-vis de l’hypnotiseur pas plus qu’une perte de contrôle du sujet sur lui-même !

Mais c’est aussi dans le champ de l’hypnose clinique que l’on a lourdement dissuadé les praticiens de faire usage de cette technique dans le traitement de la dépression. En effet, les tenants de l’hypnose américaine contemporaine (Hilgard, Weizenhoffer, etc.) ont soutenu l’idée selon laquelle les personnes dépressives seraient peu, voire pas hypnotisables ou suggestionnables. Cette conception de l’hypnose apparaît cependant erronée à l’heure actuelle. En effet, nous observons que l’hypnose est une expérience naturelle propre aux humains – même atteints de troubles mentaux, affectifs ou comportementaux – autant qu’aux animaux. Cet état se présente même spontanément et quotidiennement chez les êtres vivants. Nous savons aussi que l’induction de cet état dans un contexte thérapeutique ne dépend pas des aptitudes du patient à entrer en transe ou à être réceptif aux suggestions du thérapeute mais plutôt de la qualité de la relation qui s’établit entre le soignant et le soigné (Yapko, 1992).

La symptomatologie dépressive et les phénomènes hypnotiques

Avant d’évoquer l’usage de l’hypnose dans le traitement de la dépression , il apparaît nécessaire de mieux comprendre quelles sont les dimensions qui sont en jeu dans le vécu de l’état dépressif et sur lesquelles l’hypnose serait susceptible d’avoir prise. Nous pouvons pour cela reprendre la symptomatologie la plus fréquente dans la maladie dépressive sous l’éclairage des indices de transe physiologiques (catalepsie) et psychologiques (dissociation). Nous allons très vite découvrir en progressant dans cette exploration à quel point transe hypnotique et dépression recouvrent des dimensions de l’expérience vécue qui sont proches, pour ne pas dire familières, l’une de l’autre.

La symptomatologie dépressive en relation avec la transe hypnotique

L’expérience de dissociation qui caractérise la transe hypnotique peut être décrite comme une dynamique d’absorption de l’attention dans ses perceptions « internes » (imagination, rêverie, pensée, etc.) ou « externes » (un stimulus distinct provenant de l’environnement). Une absorption telle que les stimulations ordinaires et la perception du cours des choses sont reléguées au second plan sans pour autant disparaître complètement.

Ces deux régimes de perception sont donc vécus de façon simultanée avec une modulation de l’intensité de l’un ou l’autre. La dissociation devient pathologique lorsqu’elle perd cette caractéristique de modulation et que l’expérience d’absorption devient fixe, autonome et submerge le vécu ordinaire de la personne et l’isole du même coup de son environnement, générant ainsi une souffrance par le fait de perdre toute capacité d’adaptation au cours des événements de sa vie (Janet, 1904). L’intensité de la rupture d’avec le monde et l’existence que peut créer la dissociation pathologique peut aller jusqu’à induire, chez le sujet, le sentiment qu’elle « appartiendrait » à une autre personne. Or il se trouve que la dissociation caractérise un bon nombre de manifestations de l’état dépressif . Les affects du sujet dépressifs accompagnés de pensées automatiques se désolidarisent littéralement du contexte dans lequel il évolue pour se figer sur une tonalité triste, douloureuse, voire angoissante. Parmi les manifestations plus subtiles de l’état de dissociation, il en est trois qui, se potentialisant l’une l’autre, sont particulièrement délétères dans l’état dépressif : les distorsions temporelles, mnésiques et anticipatives. Le sujet est comme fi gé dans sa souffrance, dans le refus de lui-même comme de ce qui advient dans son existence présente et future. En effet, le présent se trouve littéralement annulé car systématiquement utilisé comme scène des projections douloureuses. L’expérience présente est ainsi totalement figée et nous assistons fréquemment à de véritables modifications des perceptions en relation avec autrui ou avec l’environnement, ces derniers étant perçus comme hostiles ou rejetants. Le sujet n’accède plus à la perception des rétroactions qui lui viennent de son environnement. L’avenir est lui-même tout autant contaminé par cette inflation de l’expérience. Toute orientation de la conscience de la personne dépressive vers l’avenir est littéralement bloquée par sa souffrance. Le cours des événements de la vie du sujet dépressif se fige à défaut d’alternance et de rythme entre les différentes facettes de l’expérience vécue. Toutes les attentes du sujet (même thérapeutiques !) sont inexorablement teintées de ce refus pour être finalement totalement épuisées.

De façon plus globale, il apparaît clairement qu’avec l’état dépressif, l’alternance des différents états qui modulent le rythme circadien est particulièrement perturbée. Nous assistons à des troubles du sommeil profond et paradoxal ainsi qu’à des troubles de la vigilance (veille ordinaire). L’observation des différentes manifestations de transe qui apparaissent avec la maladie dépressive nous amène à supposer une sclérose de l’état de veille paradoxale (Roustang, 1994) qui se manifeste par un véritable état pathologiquement figé de transe.

L’expérience d’absorption dans ses perceptions qui génère le phénomène de dissociation décrit ci-dessus est également accompagnée d’un changement de comportement et de tenue du corps assimilable à une forme des mouvements volontaires du sujet que l’on nomme la catalepsie.

La catalepsie est également une manifestation qui caractérise l’expérience de la transe hypnotique, à l’image des représentations spectaculaires qui sont souvent utilisées pour illustrer cette transe (corps arc-boutés, fixement tendus entre deux dossiers de chaise ou en arrêt des pauses incongrues). Or il se trouve que la catalepsie est particulièrement fréquente dans la symptomatologie dépressive. Elle se manifeste le plus souvent sous la forme d’un ralentissement psychomoteur, d’une rigidité des postures ainsi que de tensions importantes accompagnées de nombreuses manifestations douloureuses. Des distorsions sensorielles peuvent être présentes comme une diminution de la conscience sensorielle du plaisir, une altération des perceptions de son propre corps ainsi qu’une amplification des perceptions douloureuses ou désagréables (somatisations). Enfin, nous assistons aussi à de véritables « automatismes psychomoteurs » avec des gestuelles (ou mimiques) involontaires, répétitives et figées.

Forts de ces quelques observations, il nous faut bien avoir à l’esprit qu’une personne souffrant de dépression est très souvent une personne à qui cette dissociation entre la perception de soi et le déroulement du cours de l’existence et du monde fait mal. La différence entre la perception et l’attente qu’a la personne dépressive d’elle-même est telle, que l’énergie qui lui semble nécessaire pour la colmater lui fait défaut. Déçue d’elle-même cette personne en vient à une telle mésestime qu’elle se trouve en proie à une intense douleur morale et en vient à souffrir d’elle-même autant que de son existence (Ehrenberg, 1998). Puisqu’elles ne peuvent se dérouler dans une perspective d’avenir, ses attentes n’ont de place pour s’exprimer que dans l’étroitesse urgente de l’immédiateté. Elle revendique donc souvent des résultats thérapeutiques immédiats dont l’impossible réalisation vient confirmer l’absence d’espoir. Autant dire que sa motivation dans la thérapie est quasi inexistante tant elle a abandonné l’idée même d’une réconciliation avec elle-même et donc tout espoir de changement.

L’intégration de l’hypnose dans le traitement de l’état dépressif

Avant d’aborder les possibilités thérapeutiques de l’hypnose dans le traitement de la dépression, il est nécessaire de bien préciser le cadre éthique dans lequel elles pourront être appliquées. En effet, avant d’ajuster les liens que l’on pourrait tisser entre hypnose et dépression, il convient de préciser qu’elles se trouvent toutes deux sur des niveaux conceptuels très différents. Parler de dépression, c’est évoquer une entité diagnostique basée, dans notre culture, sur une sémiologie propre à une population d’individus. La sémiologie retenue (DSM-IV, CIM-10, etc.) pour fonder ce diagnostic est déterminée par consensus au sein d’un groupe d’experts (Pignarre, 2001). Cette sémiologie permet de sélectionner les sujets pouvant être inclus dans cette population indépendamment de la singularité des personnes qui la composent. La psychiatrie dispose ainsi d’un outil diagnostic qui, s’il vise la détection d’une pathologie en relation avec une souffrance grave, contient aussi le risque d’un usage excessif conduisant, nous le savons aujourd’hui trop bien, à des diagnostics de dépression abusifs.

L’hypnose thérapeutique repose, pour sa part, sur un phénomène relationnel qui prend forme entre deux personnes singulières, le patient et le thérapeute, et dont l’issue dépendra essentiellement de l’attention portée à la singularité de ce premier. L’ajustement relationnel que requiert l’hypnose exige du thérapeute qu’il respecte la singularité du patient, quel que soit son diagnostic ou la nature de sa souffrance. Chaque patient est différent et seul à être légitimé pour définir son monde. Mais aussi, chaque transe ou chaque séance d’hypnose est une aventure unique et imprévisible, qui ne peut prendre forme que dans l’instant présent où elle se déroule. Utilisées à l’aveugle ou sans discernement, toutes élaborations anticipées, toutes applications d’un protocole préétabli, apparaissent dès lors comme autant d’entraves au développement naturel de la dynamique thérapeutique de l’hypnose.

La transe thérapeutique dans le soin de la dépression

L’abord thérapeutique d’une personne dépressive est donc particulièrement difficile parce que celle-ci se trouve emmaillotée, ligotée dans les rets d’une transe pathologique particulièrement rigide. L’aptitude essentielle que requiert l’usage de l’hypnose dans le traitement de la dépression ne repose donc nullement sur l’hypnotisabilité du patient mais de toute évidence sur la capacité du thérapeute à entrer dans la transe particulière que présente le patient et à s’y ajuster afin de l’accompagner jusqu’à ses propres ressources, aussi réduites soient-elles. Ce prérequis impose donc au thérapeute d’assurer l’alliage de compétences cliniques à la fois dans le traitement de la dépression (perception de la souffrance s’exprimant par les symptômes, évaluation des risques, combinaison adéquate des outils thérapeutiques : approche familiale et contextuelle, médication antidépressive, prise en charge corporelle, séjour hospitalier, etc.) et dans la conduite de transes thérapeutiques. C’est cet alliage qui doit permettre au thérapeute de garantir une posture relationnelle sécurisante, stable et assurée permettant le plein déploiement de la singularité et des ressources de la personne souffrant de dépression. C’est aussi cet alliage qui permettra au thérapeute d’intégrer et d’adapter librement les différents outils thérapeutiques qu’il jugera opportuns tout au long du traitement.

L’usage de l’hypnose thérapeutique dans le traitement de la dépression doit permettre au patient d’expérimenter une nouvelle forme de transe, de nature dynamique, malléable et adaptative qui puisse progressivement supplanter la transe pathologique qui caractérise son état. La transe thérapeutique doit par conséquent être utilisée comme une plate-forme expérientielle pourvoyeuse de diversité et non comme une exploration analytique de la souffrance présente. Nous suggérons ainsi plusieurs repères qui permettent de jalonner la poursuite d’un traitement de la dépression par hypnose:

  • L’apaisement même minimal des souffrances (transes de confort et de sécurité)
  • La vérification de la labilité de la vie et des phénomènes existentiels par un recadrage progressif de l’expérience dépressive rigide
  • L’exploration des vertus de l’oubli et du doute
  • L’aptitude à prendre le risque d’explorer des perspectives d’avenir
  • L’appropriation et l’intégration progressive de l’ensemble de ces nouvelles expériences par des vérifications répétées fréquentes durant une même séance (transe fractionnée) et suggérées pour un usage libre dans la vie quotidienne du patient

La première rencontre

L’amorce de la relation thérapeutique avec le patient dépressif est particulièrement délicate. En effet, le levier de l’attente d’un changement est quasi inexistant et le thérapeute se voit, la plupart du temps, mis au défi d’apporter un soulagement significatif immédiat à son patient. Échouer à cette délicate tâche contient le risque redoutable de renforcer le patient dépressif dans l’idée que ses prédictions morbides se réalisent et se confirment même dans sa démarche thérapeutique. Ainsi, si la première rencontre doit se baser sur une prise d’anamnèse et une évaluation clinique, elle ne doit en aucun cas s’en tenir à ces deux seules procédures. En effet il est capital de la compléter par des objectifs extrêmement simples, d’amplitude discrète et particulièrement facile à vérifier durant la première séance. Par exemple en suggérant au patient de se surprendre à penser à une chose inattendue durant quelques secondes, ou alors de vérifier un état de confort dans une petite partie de son corps, etc. Il est ainsi judicieux de proposer une première transe de confort, de sécurité ou d’exploration d’une nouvelle forme de catalepsie , par exemple avec une lévitation de la main et du bras (voir outils 19, 20 et 21 de la Boîte à outil).

Les distorsions temporelles

Nous avons vu que la dépression se manifeste par un état de transe pathologique totalement submergé et figé par le refus que manifeste la personne pour elle-même comme pour ce qui advient et adviendrait dans son existence. Une transe orientée sur les différents aspects de ce refus en vue d’en explorer ou d’en analyser le contenu ou de lui trouver une explication causale quelconque, est totalement contre-indiquée en présence d’un état dépressif car elle accentuerait et ancrerait inutilement les souffrances du patient. Les projections dans l’avenir (progressions temporelles), les reviviscences (régressions temporelles) l’ici et maintenant (y compris la catharsis ) doivent être maniées avec autant de précautions qu’elles sont teintées du refus existentiel qui caractérise la souffrance de la personne dépressive. L’attention portée sur des expériences, même brèves, à tonalité neutre ou dans lesquelles le patient peut ressentir un certain soulagement, constitue la main courante qui guidera les pas de l’expérience hypnotique engagée avec elle.

La dynamique de l’imagination

Nous l’avons vu, la personne dépressive souffre de sa relation à elle-même comme à son existence. L’usage de métaphores, d’allusions ou de suggestions indirectes ne donnera d’autre résultat que de renforcer cette tendance car une fois suggérées, elles seront totalement polarisées par la force de cette dynamique pathologique de l’imagination. Les suggestions simples, directes et claires énoncées dans une perspective de recadrage, tant mental que corporel, seront plus aptes à introduire une dynamique de changement, de diversification, de labilité de l’expérience vécue.

  • En utilisant, par exemple, la rhétorique du corps-sujet (voir chapitre 5). Exemple: chaque petite sensation que vous adresse votre corps en ce moment est une opportunité de porter attention à vous, de prendre soin de vous-même
  • En recadrant simplement les perceptions de vide (le vide est un espace à créer), d’atemporalité (le temps s’arrête en apparence car il est en gestation de votre avenir), ou de nostalgie (plus rien n’est comme avant car tout peut changer et être différent)

Idéation et risque suicidaire

L’idéation suicidaire apparaît comme une idée fixe, une croyance ou une pensée envahissante caractéristique, et particulièrement redoutable, de la dissociation pathologique propre à la dépression. Son apparition dans le contexte thérapeutique doit être prise au sérieux, être gérée et évaluée de façon professionnelle. Une fois le processus thérapeutique bien engagé, la conduite de la transe hypnotique doit permettre d’amorcer une exploration de la labilité des perceptions telle qu’elle permette de mettre en doute la fixité des pensées morbides, voire même de les oublier. Celle-ci peut par exemple être explorée dans ses moindres détails mais en connectant cette expérience à tout le registre des émotions qui sont susceptibles de les accompagner. Cependant, cette exploration doit être directement suivie de toutes les alternatives possibles au contenu de l’idéation suicidaire (introduction de la diversité) puis, une fois celles-ci épuisées, laisser la place aux alternatives non suicidaires, c’est-à-dire existentielles face aux problèmes actuels (recadrage [voir chapitre 5] et amorce d’une progression en âge [voir outil 31]). La succession de ces étapes doit impérativement se dérouler dans sa totalité et dans un cadre clairement délimité :

  • Le thérapeute doit être compétent et expérimenté pour la prise en charge d’une telle symptomatologie
  • Le thérapeute doit faire preuve d’une bonne faculté de discrimination entre les dimensions imaginatives et concrètes de la réalité
  • L’alliance thérapeutique doit être bien instaurée et fiable
  • L’exploration se fait d’entente avec le patient dans un climat de collaboration mutuelle et de négociation entre les différentes instances du patient qui sont en conflit (entre soi et soi) et au rythme de cette négociation singulière
  • L’objectif de transe doit être clairement formulé avant la séance
  • L’appropriation et l’intégration progressive des expériences de soulagement et de sécurité par des vérifications répétées fréquentes durant une même séance (transe fractionnée) et suggérées pour un usage libre dans la vie quotidienne du patient
  • Le retour de transe doit être clairement explicite. Le climat sécurisant de la relation thérapeutique doit favoriser un véritable processus diplomatique de tolérance puis de bienveillance à soi aboutissant sur un apprivoisement progressif de la personne par elle-même

L’aboutissement du traitement

L’évolution d’un traitement d’une personne souffrant de dépression doit lui permettre d’acquérir progressivement la possibilité d’accéder à des états de transe variés, malléables et intégrés au cours de sa vie. Une fois qu’il a la possibilité d’expérimenter des états de transe différents de celui qu’il subit avec la maladie dépressive, il apparaît opportun d’introduire une vérification de ceux-ci au cours de chaque séance appuyée par la suggestion d’en faire un usage libre dans son quotidien. Cette pratique d’auto-hypnose, d’abord expérimentée dans le contexte de la relation thérapeutique, pourra très rapidement prendre place dans le vécu ordinaire du patient jusqu’à s’y manifester de façon naturelle et spontanée. Le cadre thérapeutique perd ainsi peu à peu de sa nécessité.

Auteurs

Gérard Salem, médecin-psychiatre et psychothérapeute, ancien privatdocent à la Faculté de biologie et de médecine de l’Université de Lausanne, chargé de cours aux Universités de Genève et de Paris VI (D.U. Salpêtrière en hypnose médicale), chargé de cours au DESU de thérapie familiale de Paris VIII (Monceau), ancien vice-président du Conseil de la fondation Irhys (Institut romand d’hypnose suisse) ( www.irhys.ch ), médecin-directeur de Consyl (Consultation systémique de Lucinge) ( www.consyl.ch ) et de l’ancienne Cimi (Consultation interdisciplinaire de la maltraitance intrafamiliale) à Lausanne (www.consyl.ch). Spécialiste en thérapie de famille et en hypnothérapie. Site web d’auteur: www.gerardsalem.com .

Éric Bonvin, médecin spécialiste FMH en psychiatrie-psychothérapie, notamment en thérapie de famille et en hypnose médicale, professeur titulaire aux Universités de Lausanne (Faculté de biologie et de médecine) et de Paris VI (D.U. Salpêtrière en hypnose médicale), ancien médecin directeur du Centre hospitalier du Chablais et des Institutions psychiatriques du Valais romand à l’Hôpital du Valais, ancien président du Conseil de la fondation Irhys (Institut romand d’hypnose suisse), directeur général de l’Hôpital du Valais.

Références

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