La psychologie positive et les professions de santé

interview de Madame MEHRAN

Marc FONTAINE a interviewé Mme MEYRAN à la demande de l’IRF de TOULOUSE, pour une conférence à l’IRF le 8 avril 2016

Marc Fontaine, délégué pédagogique des éditions Elsevier Masson

Bonjour Madame MEHRAN, merci de nous accueillir chez vous. Pouvez-vous nous présenter vos principales publications?

Firouzeh MEHRAN, auteur

J’ai trois publications chez Elsevier Masson:

J’ai trois autres livres dont je suis co-auteur avec  des collègues, et plusieurs articles.

M.F.: Deuxième question: quelle est l’importance et le développement de la psychologie positive en France?

F.M.: La psychologie positive, vous savez, a une longue histoire, mais un très court trajet. Platon et Aristote ont travaillé sur la psychologie positive. Personnellement, depuis 2002, j’ai écrit des articles mais le mouvement de psychologie positive, c’est en 1998 que Martin Seligman, le président de l’association américaine de psychologie, qui a introduit la psychologie positive. Donc on est un peu en retard mais pas tant que ça. Et puis, depuis, oui, on essaie maintenant de travailler beaucoup plus, parce que la psychologie c’est pas seulement symptômes, maladies, anxiété, dépression, il y a beaucoup d’aspects positifs dans la psychologie que, depuis la deuxième guerre mondiale, on avait mis de côté et on ne travaillait plus. La psychologie positive, c’est la prévention, c’est l’exploitation des ressources, et ça on l’avait mis de côté. On revient à tout ça. On les utilise en clinique.

M.F.: Quelles sont pour vous les relations entre la psychologie positive et le soin?

F.M.: Vous savez, au début, quand la  psychologie positive est née, il y a eu un malentendu. C’était le genre « tout est beau, tout est magnifique », la méthode Coué, quoi. C’est plus du tout ça. C’est une approche intégrative. On s’occupe de l’aspect soin, traitement, et on s’occupe de la prévention, et tout ce qu’on peut faire en clinique avec des techniques qui vont permettre à l’individu d’aller mieux.  Donc oui, c’est la prévention des problèmes, des maladies, et dans le soin on l’utilise aussi, avec des techniques particulières.

M.F.: Alors est-ce qu’on peut dire que Rumi, le grand Persan, que  Coluche, l’humoriste français, sont des psychologues positifs?

F.M.: Rumi c’était un grand poète et un philosophe persan du XIe siècle. Avec ses écrits, ses poèmes, avec tout ce qu’il a mis en place, il était un des pionniers de la psychologie positive. D’ailleurs les américains, depuis quelques années, sont vraiment adeptes de lui, et en 2007 ils ont fêté les 700 ans de l’anniversaire de Rumi. Il a beaucoup insisté depuis le début que la vie est courte, le moment présent est très important, il faut apprendre à le vivre pleinement. C’est un peu la base de tout ce qui est mindfulness, pleine conscience, etc…

Et alors Coluche, si vous regardez les concepts de psychologique, il y en a un qui est l’humour. Coluche savait utiliser l’humour, savait nous donner des moments agréables, de bonheur, de légèreté, et lêtre humain a besoin de cette légèreté. Oui il a été malgré lui un pscychologue qui appliquait la  psychologie positive.

M.F.: Ma dernière question concerne la thérapie des schémas, puisque vous êtes la première française à avoir introduit en France la thérapie des schémas. Pouvez-vous nous donner une définition de la thérapie des schémas?

F.M.: Oui, la thérapie des schémas  c’est une extension de la thérapie cognitive. La thérapie cognitive parle des schémas. Le mot schéma, ça veut dire : c’est une croyance, c’est un état qu’on va développer depuis l’enfance précoce par rapport à son … de l’environnement. Ca se développe par interaction avec les parents, les éléments traumatisants  de l’enfance et aussi par son tempérament émotionnel. Au cours du temps, on le renforce, et puis petit à petit il devient très rigide, très pathologique, très handicapant. Ça c’était la thérapie cognitive. Jeffrey E. Young, il a amélioré ça, il a dit « c’est très bien, des schémas, mais quels schémas ? », il a trouvé qu’il y avait 5 domaines de besoins chez l’enfant, de besoins émotionnels.

Quand ces besoins n’ont pas été comblés, on risque de développer certains schémas. Donc il a proposé la thérapie des schémas, où il a proposé aussi 18 schémas précoces inadaptés. Dans les deux cas, thérapie cognitive et thérapie des schémas, ce sont des approches qui ont une grande partie de psychologie positive. On a des techniques en clinique, dans ces deux approches, qui  sont des techniques de psychologie positive, et on les applique.

M.F.: Madame MEHRAN, merci infiniment. Et à bientôt pour la conférence qui aura lieu  à Toulouse en avril. (2016)

Visionnez la vidéo correspondante: (Cliquez sur l’image)

Bibliographie

Mme Firouzeh MEHRAN est docteur en psychologie (Ph.D), psychologue clinicienne. Elle a fait ses études en France (Université René Descartes) et aux Etats-Unis.

Pendant 18 années, elle a été attachée consultante dans les hôpitaux parisiens, Sainte-Anne et Paul Brousse. Elle a une activité en libérale depuis 1995. Elle a été la vice- présidente de « AFERTP» l’Association Francophone d’Etudes et de Recherche sur les Troubles de la Personnalité et membre de la commission scientifique de l’Université René Descartes pour le diplôme de Thérapie Comportementale et Cognitive.

Elle a été chargée de cours dans plusieurs universités et associations en France et à l’étranger et elle continue ses formations. Depuis des années, en communicant dans ses domaines de compétences, elle représente la France dans les congrès internationaux.

Depuis 2003, elle a été choisie par J. Young comme sa représentante en France, pour la Thérapie des Schémas et depuis elle a formé des centaines de thérapeutes à cette approche.

En 2012, elle a suivi une formation avec J. Young pour l’application de la Thérapie des Schémas aux couples.

Firouzeh Mehran est Membre certifiée de «Academy of Cognitive Therapy» avec le statut de «Diplomate», «Schéma Thérapeute» avec le niveau expert et «International Delegate for France» de «International Association for Cognitive Psychotherapy».

La psychologie positive et les professions de santé : interview de Madame MEHRAN

Vous êtes formateur en IFSI ou documentaliste ? Notre délégué pédagogique est à votre écoute

Marc FONTAINE M.Fontaine@elsevier.com

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