Pourquoi s’intéresser aux déficiences visuelles ? par Pierre-Yves Robert

Prendre en charge les déficiences visuelles suscite volontiers le désintérêt, pour de multiples préjugés :

  1. C’est sans intérêt scientifique. Lorsque la science médicale a terminé son travail, il n’y a de place que pour l’assistance et la compassion.
  2. Ce n’est pas notre métier. Notre métier d’ophtalmologiste est de redonner la vue. Lorsque la pathologie est plus forte que nous, nous passons la main. C’est normal.
  3. C’est ingrat. Nous savons redonner 10/10 en 20 minutes de phacoémulsification. Un déficient visuel nous prend toujours beaucoup plus de temps ; pour quel résultat ?
  4. C’est mal valorisé. Aucun acte CCAM (Classification commune des actes médicaux) spécifique ne permet actuellement de rentabiliser une consultation.

L’ambition de cet ouvrage est de montrer le contraire :

  1. C’est une école scientifique. La prise en charge d’une déficience visuelle requiert des connaissances pointues dans de nombreuses disciplines : ophtalmologie, neurosciences, optique, pédiatrie, gériatrie, psychologie, et bien d’autres.
  2. C’est le cœur de notre métier. Les patients déficients visuels sont ceux qui ont le plus besoin de nous.
  3. C’est gratifiant. Une réadaptation réussie peut transformer une vie.
  4. La valorisation sera au rendez-vous. Implanter une rétine artificielle n’a aucun sens si on ne réadapte pas le patient après.

La conférence internationale de consensus de l’OMS à Rome en décembre 2015 a reconnu le rôle central de l’ophtalmologiste, chef d’orchestre d’une équipe multidisciplinaire. Le développement des traitements des pathologies cécitantes passera inévitablement par une revalorisation des actes de réadaptation.

Les auteurs ont voulu vous proposer un ouvrage permettant de comprendre, d’explorer et de réadapter les patients déficients visuels. Ils espèrent que vous y trouverez, appuyées sur une base scientifique actualisée, des réponses pratiques à toutes les questions que vous vous posez lorsqu’un patient déficient visuel franchit la porte de votre cabinet.

Vous venez de lire l’avant-propose de l’ouvrage Déficiences visuelles à paraître le 8 février 2017.

Coordinateur de l’ouvrage, Pierre-Yves Robert, Chef du service d’ophtalmologie, INSERM 1092, CHU Dupuytren, Limoges ; Hôpital de jour Baudin, Limoges

Lire en accès libre sur le blog l’introduction aux fiches cliniques et la fiche n°1 : Enfant d’âge préscolaire

Pierre-Yves Robert est aussi Vice-Président de l’Association francophone des professionnels de basse vision.

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