Les hanches du nourrisson dans la nouvelle collection Pedia

Le nourrisson


PLAN DU CHAPITRE
Les hanches du nourrisson
Examens d’imagerie
Traitement
Anomalies du rachis cervical et de la ceinture scapulaire
Torticolis
Pterygium coli
Surélévation congénitale de l’omoplate
Malformation de la clavicule
Anomalies au niveau du dos et du thorax
Scoliose du nourrisson
Scoliose infantile
Courbure anormale dans le plan sagittal
Anomalies du thorax
Petites anomalies des mains et des pieds
Petites anomalies au niveau des mains
Petites anomalies au niveau des pieds
Impotence fonctionnelle
Conduite de l’examen
Impotence fonctionnelle et syndrome infectieux
Impotence fonctionnelle sans syndrome infectieux


Les hanches du nourrisson

Nous avons constaté une recrudescence du nombre de luxations de hanche découvertes après l’âge de la marche. C’est une situation tout à fait anormale, car le seul examen clinique des hanches pratiqué lors de chaque consultation du nourrisson suffit dans la quasi-totalité des cas à faire suspecter le diagnostic de luxation ou de dysplasie de hanche. Rappelons que le traitement est d’autant plus simple et court que le diagnostic est porté précocement. En revanche, lorsque la découverte d’une luxation de hanche se fait tardivement, la durée du traitementest longue – celui-ci est le plus souvent chirurgical – et les risques de retentissement sur la vitalité du noyau céphalique sont importants.

Le signe clinique qu’il faut savoir observer et rechercher est la limitation de l’abduction de hanche du nourrisson (figure 3.1). La recherche de cette anomalie sera d’autant plus attentive que l’interrogatoire des parents aura permis de retrouver l’existence de facteurs favorisants:

  • Antécédents de luxation de hanche dans la famille et surtout dans la fratrie
  • Naissance par le siège
  • Existence d’une malposition ou malformation des pieds

Toute limitation d’abduction de hanche doit conduire à faire pratiquer soit une échographie, soit une radiographie de bassin. L’échographie n’est interprétable qu’à partir de l’âge de 4 à 5 semaines; la radiographie ne l’est qu’à partir de l’âge de 3 mois.

Parfois, il est possible de retrouver l’existence d’une instabilité de hanche lors des manœuvres décrites déjà chez le nouveau-né. Il est classique de dire que la présence d’un ressaut a tendance à disparaître avec l’âge (la hanche devient progressivement irréductible).

Figure 3.1. (Cliquez pour agrandir) La limitation d’abduction doit être recherchée lors de chaque consultation.

Si elle est présente, il existe une forte probabilité de dysplasie ou de luxation de hanche. Un examen d’imagerie est indispensable.

Examens d’imagerie

Au cours des premiers mois, l’échographie (figure 3.2) est un excellent examen permettant d’objectiver l’instabilité et le vice architectural de la hanche. Insistons sur le fait que cet examen est opérateur-dépendant; il ne doit être confié qu’à un échographiste spécifiquement formé et en ayant une grande habitude.

Figure 3.2. (Cliquez pour agrandir) Ce qu’il faut reconnaître sur une échographie de hanche.

L’image est assez semblable à une radiographie de hanche. L’aile iliaque (1) doit être rectiligne, ce qui prouve que le plan choisi par l’échographiste est le bon. La cavité cotyloïdienne (2) est surtout visible dans sa portion supérieure; il existe en son milieu une zone peu échogène qui correspond au cartilage en Y. Le talus osseux est bien dessiné. Il se poursuit par le toit cartilagineux (4) qui correspond à une zone cartilagineuse du cotyle non encore ossifiée. Ce dernier se prolonge par le labrum (3), renforcement fibreux sur lequel vient s’insérer la capsule. Toit cartilagineux et labrum doivent recouvrir en partie le sommet de la tête fémorale; leur orientation doit être oblique vers le bas.

Plus de la moitié de la tête fémorale doit se trouver recouverte par le cotyle osseux.

L’échographie comporte en fait deux examens:

  • Statique (figure 3.3), qui permet d’apprécier l’architecture de la hanche (pourcentage de couverture de la tête fémorale, obliquité du cotyle, aspect du talus, orientation du limbus)

Figure 3.3. (Cliquez pour agrandir) Échographie de hanche normale.

On reconnaît facilement l’aile iliaque qui, dans une bonne échographie, doit être verticale rectiligne; l’orientation du toit cotyloïdien est correcte; le talus est bien formé et le labrum recouvre la tête fémorale. Cette dernière est parfaitement centrée dans la cavité cotyloïdienne.

  • Dynamique, qui permet de tester la stabilité de la tête fémorale dans la cavité cotyloïdienne. À partir du 3e mois, on peut réaliser une radiographie de bassin de face; l’ossification de la hanche est alors suffisante pour permettre d’en étudier l’architecture. Les critères d’analyse sont classiques sur une radiographie de bassin correctement centrée (figure 3.4)

  • Position du noyau qui doit se situer dans le quadrant inféro-interne de la construction d’Hilgenreiner (ligne horizontale entre les cartilages en Y et perpendiculaire à cette ligne passant par le rebord externe du toit cotyloïdien)
  • Aspect du talus qui doit être bien formé
  • Orientation du toit du cotyle qui ne doit pas être trop vertical
  • Étude du cintre cervico-obturateur.

Figure 3.4.  Construction d’Hilgenreiner

Elle favorise l’étude des repères permettant de diagnostiquer une dysplasie ou une luxation de hanche. Un trait est tracé passant par les cartilages en Y. On trace les perpendiculaires passant par le bord externe des cotyles.

Le noyau fémoral doit se trouver dans le cadran inféro-interne. L’angle du cotyle (calculé entre la ligne d’Hilgenreiner et une droite passant par le cartilage en Y et le bord externe du talus) doit être inférieur à 30° (cet angle diminue progressivement avec la croissance). Il ne doit pas y avoir de rupture dans le dessin du cintre obturateur (ligne arrondie tangente au bord inférieur du col fémoral se prolongeant vers le bord supérieur du trou obturateur).

Au cours des premiers mois, il est rare que l’on découvre une véritable luxation de la hanche (la tête fémorale n’est plus en contact avec le cotyle). On découvre le plus souvent un cotyle dont le toit est court et trop vertical, un noyau fémoral légèrement excentré et ascensionné, avec très souvent un retard d’ossification du noyau fémoral (figure 3.5).

Figure 3.5. Échographie de hanche dysplasique. (Cliquez pour agrandir)

Le cotyle est trop vertical, la couverture de la tête fémorale est insuffisante, le toit cartilagineux et le labrum sont horizontaux, donc non orientés vers le bas.

Pathologie orthopédique en pédiatrie

Vous venez de lire le début du chapitre 3 Le nourrisson de l’ouvrage Pathologie orthopédique de l’enfant

Ouvrage coordonné par Georges-François Penneçot et Dominique Mouliès, Dessins: Annaïck Péron

Georges-François Penneçot, professeur des universités-praticien hospitalier, université Paris Diderot, ancien chef du service de chirurgie infantile à orientation orthopédique, Hôpital Robert Debré, Paris

Dominique Mouliès, professeur émérite des universités, praticien hospitalier, ancien chef du service de chirurgie pédiatrique, Hôpital mère enfant, CHU de Limoges

© 2017, Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

Découvrir l'ensemble de la collection Pedia

Share
Tweet
Share
Share