Association entre les radiations ionisantes naturelles

et les tumeurs cérébrales de l’enfant

J. Berlivet
Sous la direction de D. Hémon

Auteurs

J. Berlivet  : Centre de recherche en épidémiologie et statistiques, Sorbonne Paris Cité (CRESS), équipe de recherche épidémiologie des cancers de l’enfant et de l’adolescent (EPICEA), Inserm, UMR 1153, université Paris Descartes, Villejuif, France Adresse e-mail : justine.berlivet@inserm.fr

Sous la direction de D. Hémon : (centre de recherche en épidémiologie et statistiques, Sorbonne Paris Cité (CRESS), équipe de recherche épidémiologie des cancers de l’enfant et de l’adolescent (EPICEA), Inserm, UMR 1153, université Paris Descartes, Villejuif, France) et S. Goujon (centre de recherche en épidémiologie et statistiques, Sorbonne Paris Cité (CRESS), équipe de recherche épidémiologie des cancers de l’enfant et de l’adolescent (EPICEA), Inserm, UMR 1153, université Paris Descartes, Villejuif, France ; Registre national des cancers de l’enfant, Villejuif, France)

État de la question

L’étiologie des tumeurs cérébrales (TC) de l’enfant est mal connue et les radiations ionisantes à fortes doses, classées « cancérogène certain » par le CIRC, restent le seul facteur de risque externe établi à ce jour. La relation entre l’exposition aux radiations ionisantes à faible dose d’origine naturelle (RIN) et les TC de l’enfant a été étudiée dans plusieurs travaux dont les méthodes et les résultats ne sont pas totalement convergents. Parmi les cinq études les plus récentes, deux ont considéré l’exposition aux rayonnements gamma, mais une seule a conclu à une association positive avec les TC, en considérant une exposition cumulée. Quatre études ont considéré l’exposition au radon et pour trois d’entre elles, basées sur un grand nombre de cas, les associations avec les TC de l’enfant étaient non significatives.

Matériel et méthodes

Nous avons réalisé une étude d’incidence à l’échelle communale, à partir des données du Registre national des cancers de l’enfant (RNCE, directrice J. Clavel) entre 2000 et 2012, réunissant 3017 cas de TC malignes diagnostiqués chez des enfants âgés de 0 à 14 ans résidant en France métropolitaine au moment du diagnostic. Les données d’exposition aux RIN, radon et rayonnements gamma, dans chaque commune française, étaient issues des modèles d’exposition développés par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Les variations spatio-temporelles de l’incidence des TC malignes de l’enfant (trois sous-périodes, 13 régions), puis le lien avec l’exposition aux différentes sources de RIN ont été analysés par des modèles de régression de Poisson. Nous avons considéré les expositions aux RIN au diagnostic, et cumulées depuis la naissance.

Résultats

L’incidence des TC malignes de l’enfant était stable sur la période 2000–2012, mais présentait une hétérogénéité régionale pour les gliomes, due principalement à une incidence plus élevée en région Occitanie. Nous n’avons pas observé d’association significative entre les indicateurs d’expositions aux RIN et les TC malignes de l’enfant, dans leur ensemble et par sous-groupe de diagnostic. Ces résultats étaient stables lorsque la région Occitanie était exclue.

Conclusions et perspectives

Cette étude réalisée sur l’ensemble du territoire français sur une longue période bénéficie d’un grand nombre de cas de TC malignes de l’enfant et d’indicateurs d’exposition environnementale aux RIN estimés à une échelle géographique fine par des modèles validés par l’IRSN. L’absence d’association significative observée à cette étape est concordante avec les résultats des deux plus grandes études du même type menées au Royaume-Uni et au Danemark. Pour approfondir ce travail, des caractéristiques communales contextuelles seront prises en compte et l’exposition concomitante au radon et rayonnements gamma sera considérée. Nous étudierons également l’exposition des enfants à la naissance dans une approche de type cohorte, et nous prendrons en considération les TC non malignes, également répertoriées de manière exhaustive depuis 2000 dans le RNCE.

Déclaration de liens d’intérêts

L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

Vous venez de lire un article de la Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique

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