Examens de laboratoire : VIH : sérodiagnostic

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Virus de l’immunodéficience humaine

Nous vous proposons de découvrir un chapitre de l'ouvrage 250 examens de laboratoire en pratique médicale courante

250 examens de laboratoire en pratique médicale courante

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) est un rétrovirus (un virus à ARN qui, pour se multiplier, doit s’intégrer dans l’ADN de la cellule hôte), ayant un tropisme pour les lymphocytes T4 (CD4). Transmis par voie sexuelle, parfois sanguine, il provoque une infection détruisant les lymphocytes CD4 qui conduit au sida.
L’enveloppe virale comporte des glycoprotéines (gp 120 et gp 41 notamment). La capside, supporte l’antigène p24 : elle renferme l’ARN viral et des enzymes (protéase, reverse transcriptase, etc.).
II y a 2 types de virus : VIH1 et VIH2. Le type 1 comporte 3 groupes : M (majoritaire) O (outlier), N (non-M, non-O).
En France, environ 6 000 nouveaux cas sont détectés chaque année, presque tous à VIH1 (98 %).

Précautions de prélèvement

Il est indispensable d’observer les précautions recommandées en cas de contact possible avec du sang infectant :

  • mettre des gants ;
  • ne jamais recapuchonner une aiguille ni la séparer de sa seringue ou de son tube ;
  • garder à proximité le conteneur où sera jeté le matériel.

Cinétique des marqueurs de l’infection

L’ARN-VIH plasmatique est détectable 10 jours après le contage.
Quinze jours en moyenne après le contage, l’antigène p24 est détectable en Elisa dans le sang. Il disparaît 2 semaines après.
Vingt jours après la contamination, les anticorps apparaissent dans le sérum révélés en Elisa et confirmés par le western blot. D’abord, les anticorps antiprotéines internes p24, puis les anticorps anti-enveloppe et enfin les anticorps dirigés contre les enzymes du virus. La séroconversion complète s’étale donc sur une période de quelques semaines ce qui explique les résultats dissociés en western blot.
Ensuite, les anticorps persistent à un titre stable jusqu’à l’apparition de l’immunodépression qui induit une baisse progressive des anticorps vis-à-vis des protéines internes du virus, mais respecte les anticorps dirigés contre les glycoprotéines de l’enveloppe.

Clinique

Le diagnostic biologique de l’infection par le VIH repose sur la quantification de l’ARN plasmatique du VIH (charge virale plasmatique) et sur la recherche d’anticorps en Elisa, suivie, en cas de positivité, d’une analyse de confirmation en western blot sur le même prélèvement.

Quantification de la virémie plasmatique par dosage de l’ARN viral (charge virale)

La mise en évidence du virus dans le plasma par détection moléculaire (PCR) est possible dès le 10 e jour après le contage (voir fi che « Virus de l’immunodéficience humaine : charge virale »).

Mise en évidence des anticorps

  • Le dépistage sérologique fait appel à des tests Elisa automatisés, de 4e génération, ultrasensibles, permettent la détection combinée des anticorps anti-VIH1, VIH2 et de l’antigène p24.
  • Si le dépistage est positif, un test de confirmation est réalisé, à l’initiative du biologiste, sur le même prélèvement au moyen d’un western blot qui révèle, par une réaction immuno-enzymatique, non plus les anticorps totaux, mais des anticorps dirigés contre les différentes protéines du VIH.
  • Le western blot est positif si le sérum contient au moins 2 anticorps anti-enveloppe (gp120/gp160 gp41) et un anticorps antiprotéine de core ou antiprotéines enzymatiques. Le western blot se positive progressivement en 3 semaines environ (6 bandes).
  • En cas de positivité de l’analyse de confi rmation, un second prélèvement est réalisé afin d’éliminer une erreur d’identité. Sur ce second prélèvement est réalisé à nouveau un test Elisa de détection combinée. S’il est positif, l’infection à VIH est définitivement confirmée.

Nouveau-né et enfant

Chez les enfants de mère positive, le diagnostic repose sur la détection du virus (PCR) à la naissance, puis à l’âge de 1, 3 et 6 mois.

Tests de diagnostic rapide : tests rapides d’orientation diagnostique (TROD)

Des tests de diagnostic rapide peuvent être réalisés sur le sang capillaire ou la salive et donnent une réponse en quelques minutes. Ils sont moins sensibles que les tests Elisa. Ils peuvent être conseillés aux patients prenant des risques sexuels nombreux ou réticents à consulter une structure médicale officielle.

  • La découverte d’une infection à VIH implique un traitement le plus précoce possible. C’est donc une «urgence biologique».
  • L’infection à VIH est une maladie à déclaration obligatoire.

Auteur

René Caquet : Professeur honoraire à l’université Paris Saclay Médecin honoraire des hôpitaux de Paris

© 2019 Elsevier Masson SAS

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