Rééducation : Diagnostic par imagerie

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NOus vous proposons de découvrir un extrait de l'ouvrage Mémo-guide de rééducation

Mémo-guide de reéducation

Rééducation : Diagnostic par imagerie

Radiographie standard (rayons X)

C’est une image formée par l’exposition à des radiations électromagnétiques de courtes longueurs d’onde (rayons X) qui passent au travers du corps et qui impressionnent une plaque sensible placée derrière le sujet. Les rayons X passent au travers des tissus mous comme les muscles, la peau et les organes, et impressionnent la plaque en la rendant noire, tandis que les tissus solides comme les os bloquent les rayons et laissent la plaque blanche. La radiographie est utile pour détecter les fractures, les luxations et toutes les anomalies osseuses incluant les maladies dégénératives articulaires, le spondylolisthésis, les infections, les tumeurs, les nécroses avasculaires et les maladies osseuses métaboliques. Deux images dans des plans situés à 90° entre eux (habituellement antéropostérieur et médiolatéral) sont généralement demandées pour examiner la région avec acuité.
Les radiographies peuvent être utilisées en association avec des injections de produit de contraste iodé dans des structures variées. Le produit absorbe les rayons et aide à la visualisation de la région.
Angiographie (vaisseaux sanguins) : anévrismes cérébraux, malformations vasculaires et sténoses ou thromboses artérielles ou veineuses.
Arthrographie (articulations) : lésions internes des articulations.
Discographie (disques intervertébraux) : pathologies discales.
Myélographie (sac thécal, dure-mère) : lésions compressives de la moelle épinière et de la queue de cheval. Ténographie (gaine des tendons) : pathologies tendineuses et ligamentaires.

Scanner (computed tomography [CT])

Cela implique de scanner une partie du corps sous de nombreux angles par une rotation en émission-détection de fins rayons X. Les données issues du rayonnement sont comparées et reconstruites par un ordinateur de façon à produire une image en coupe transversale, pouvant être agrandie et manipulée pour améliorer la vision des structures molles ou osseuses. Cette technique fournit de bons détails des os, particulièrement les zones corticales. Cela est particulièrement précieux pour les fractures complexes et les luxations, mais aussi pour les lésions ostéochondrales, les fractures de fatigue, les os de verre et certaines pathologies rachidiennes comme les sténoses et les hernies discales. On peut aussi l’utiliser pour diagnostiquer des anévrismes, des tumeurs du cerveau ou des lésions cérébrales. On peut détecter des tumeurs et des abcès dans le corps entier. Comme pour la radiographie standard, le scanner peut être également utilisé en association avec un produit de contraste iodé dans différents organes pour rendre visibles le cerveau, le cou, le thorax, l’abdomen ou la région pelvienne.

Imagerie par résonance magnétique (IRM)

On construit une image en deux ou trois dimensions en plaçant le corps à l’intérieur d’un champ magnétique puissant et en utilisant des impulsions radiofréquentielles à haute énergie pour exciter les noyaux d’hydrogène présents dans les tissus cellulaires. Les signaux émis par les noyaux sont mesurés et reconstruits par un programme informatique afin de créer une image des tissus mous et des os. Différents niveaux de fréquence sont utilisés pour accentuer certaines diff érentes caractéristiques des tissus. Les images de relaxation longitudinale T1 montrent beaucoup de détails anatomiques de bonne qualité, les liquides étant sombres et les tissus graisseux brillants. Les images de relaxation transversale T2 sont meilleures pour identifier les pathologies des tissus mous, mais le repérage des détails anatomiques est moins évident. Les liquides apparaissent en brillance.
L’IRM fournit un contraste des tissus mous dans de nombreux plans et est utilisée pour examiner le système nerveux central ainsi que les systèmes neuromusculaires et cardiovasculaires. L’IRM offre l’avantage de ne pas avoir d’eff ets indésirables néfastes connus. Elle est souvent utilisée avec le gadolinium, un agent de contraste administré par voie veineuse, permettant d’améliorer la fiabilité du diagnostic (relaxation longitudinale T1). Les patients porteurs d’un stimulateur cardiaque (pacemaker), d’un implant pour anévrisme cérébral ou de tout autre dispositif interne métallique – sauf les porteurs de métal fixé sur un os, comme une arthroplastie – ne peuvent pas subir d’IRM.

Scintigraphie

Cette technique implique l’ingestion d’un marqueur radioactif (radio-isotope) incorporé à une substance biologiquement active et absorbée naturellement par le tissu que l’on veut examiner, par exemple l’iode pour la glande thyroïde. Le radio-isotope émet une forme particulière de radiation qui peut être recueillie par une caméra à rayon gamma ou bien un détecteur pendant que le radio-isotope se déplace dans le corps. Les cellules hyperactives de l’organe cible absorbent plus de radionucléide et émettent plus de rayon gamma, d’où une image de haute concentration. La technique est utilisée pour identifier des zones à pathologie anormale. Les scanners à radionucléides osseux mettent en évidence les zones d’hyperactivité, reflet d’une tumeur métastatique, les zones infectieuses (ostéomyélite) ainsi que les fractures. On peut aussi l’utiliser pour évaluer les reins, le foie ainsi que le fonctionnement de la rate. On peut aussi mesurer le fl ux sanguin coronarien, l’activité de la glande thyroïde et on peut détecter les emboles pulmonaires.

Absorption biphotonique à rayons X (ostéodensitométrie ; dual-energy X-ray absorptiometry [DEXA])

C’est la technique la plus couramment utilisée pour mesurer la densité minérale osseuse (DMO). Deux rayons de photons (rayons X) de faible intensité mais ayant des énergies diff érentes sont envoyés au travers des os et sont mesurés par un détecteur sur l’autre face du patient. Plus l’os est dense, moins les rayons X atteignent le détecteur puisqu’ils sont absorbés selon la DMO. La technique est utilisée pour diagnostiquer et évaluer le niveau d’ostéoporose. Cela permet aussi d’évaluer le risque qu’un os particulier se fracture. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a défi ni le niveau de masse osseuse et l’ostéoporose selon les Tscores mesurés par la technique d’absorption biphotonique à rayons X. Ces Tscores s’expriment par une déviation standard calculée par rapport à la moyenne d’un adulte jeune.
Normal : pas plus de 1 écart type en dessous de la valeur moyenne.
Ostéopénie : T-score compris entre 1 et 2,5 écarts types en dessous de la valeur moyenne.
Ostéoporose : T-score inférieur à 2,5 écarts types en dessous de la valeur moyenne.

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Ultrasons

Cette technique utilise des faisceaux sonores à haute fréquence dirigés vers le corps par un émetteur-transducteur. Les faisceaux sont ensuite réfléchis à des fréquences variables selon les différents tissus rencontrés, analysés et convertis en image en temps réel. Les ultrasons peuvent être utilisés sur un large spectre de tissus mous (abdomen, système musculosquelettique périphérique, foetus pendant la grossesse, glande thyroïde, yeux, cou, prostate et circulation sanguine [Doppler]). Toutefois, les ultrasons ne pénètrent pas les os ni les organes profonds.

Tests électrodiagnostiques

Électroencéphalographie (EEG)

C’est une technique qui enregistre l’activité électrique du cerveau au moyen d’électrodes posées sur le cuir chevelu. On l’utilise dans le diagnostic de l’épilepsie, du coma et certaines formes d’encéphalopathies.

Potentiels évoqués (PE)

C’est une technique qui étudie la conduction nerveuse de certains circuits sensoriels spécifi ques à l’intérieur du cerveau. On mesure le temps mis par le cerveau pour répondre à un stimulus. Le stimulus peut être visuel (par exemple un éclair fl ash mesurant la conduction des circuits occipitaux), auditif (par exemple, un claquement mesurant la conduction des circuits auditifs) ou bien somatosensoriel (par exemple, un stimulus électrique sur un nerf périphérique, ce qui mesure la conduction du lobe pariétal du cortex). La technique est utilisée pour détecter la SEP, des lésions du tronc cérébral ou de l’angle cérébellopontin (par exemple, un névrome acoustique). Elle permet d’étudier diff érents désordres métaboliques cérébraux chez les nourrissons et les enfants, mais aussi des lésions des circuits sensoriels (par exemple, une lésion du plexus brachial ou une tumeur de la moelle épinière).

Études de la conduction nerveuse

Les mesures de la conduction nerveuse le long d’un nerf périphérique sensitif ou moteur se pratiquent par une stimulation de ce nerf à deux endroits diff érents. La vitesse de conduction est calculée en divisant la distance entre les sites de stimulation par la différence de temps de conduction entre les deux sites. L’examen est pratiqué pour le diagnostic des blocages nerveux (par exemple un syndrome du canal carpien), pour l’étude des neuropathies périphériques, pour les lésions motrices ou sensitives, et les neuropathies motrices multifocales.

Électromyographie (EMG)

Nécessite l’implantation d’une aiguille-électrode dans le muscle pour enregistrer l’activité électrique spontanée et provoquée à l’intérieur du muscle exploré. Cet examen est largement utilisé pour diagnostiquer toute une gamme de myopathies et de neuropathies.

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Les auteurs

Karen Kenyon MRes, BSc (Hons), BA (Hons). MCSP Partenariat avec Sussex NHS Foundation Trust, UK
Jonathan Kenyon MSc, PGCert (NMP), BSc (Hons), MMACP, MCSP Partenariat avec Sussex NHS Foundation Trust, UK Traduction française de Michel Pillu Kinésithérapeute, cadre de santé, docteur ès sciences École d’Assas, Paris

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Mémo-Guide de rééducation, 2e édition, de Karen Kenyon et Jonathan Kenyon, traduit par Michel Pillu
© 2020 Elsevier Masson SAS, 2010

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