Malléole latérale en antériorité ou en postériorité

Restriction de mobilité de la malléole latérale en postériorité ou en antériorité (Extrait du chapitre 6 de l’Atlas de techniques articulaires ostéopathiques)

Diagnostic

Test de mobilité, phase 1

Le sujet est en décubitus, le pied est situé à l’extrémité de la table. Le praticien vient placer la cuisse gauche à la face plantaire du pied du sujet.

Positionnement des mains

Main droite: elle prend le calcanéus (calcanéum) et le tracte légèrement (pour pouvoir amener le pied en flexion dorsale).

Main gauche: elle se saisit de la malléole latérale entre le pouce et l’index.

fig6-2

Fig. 6.2

Le test en lui-même

Il comporte deux phases. Phase 1: le praticien amène la malléole en postériorité en même temps qu’il accentue la flexion dorsale du pied: la qualité du déplacement postérieur et son retour sont appréciés par le praticien.

Test de mobilité, phase 2

Le praticien amène la malléole en antériorité en même temps qu’il déverrouille la flexion dorsale du pied. Dans cette position particulière du pied, le praticien apprécie également le déplacement antérieur de la malléole latérale, et son retour.

fig6-3

Fig. 6.3

Causes

Causes directes

Sports et loisirs, activités professionnelles

  • Tout traumatisme direct ou indirect.
  • Les séquelles de fractures qui impliquent l’articulation en question directement ou à distance.
  • Les entorses (talo-crurale; subtalienne ; calcanéo-cuboïdienne).

Causes Secondaires

  • Toute rotation du tibia (latérale ou médiale) ayant une répercussion sur l’articulation tibio-fibulaire (tibio-péronière) nécessitera un test précis de l’articulation talo-fibulaire (péronéo-astragalienne). Ce test permettra de vérifi er l’adaptation de cette articulation qui sera dépendante de la « position » dans laquelle elle se trouvait avant le traumatisme.
  • Toute restriction de mobilité de l’ilium en postériorité (ilium antérieur) par exemple pourra voir des répercussions sur la dysfonction de la malléole latérale par l’intermédiaire du muscle biceps fémoral.
  • Toute dysfonction cuboïdo-naviculaire (scapho-cuboïdienne) peut avoir une répercussion sur l’articulation tibio-fibulaire par l’intermédiaire des muscles longs fibulaire (long péronier latéral) et tibial postérieur (jambier postérieur).

À propos de l’examen clinique

  • Il faut grâce à l’anamnèse vérifi er si l’accident a eu lieu avec le pied fixé au sol ou non.
  • Si le pied est fixé au sol, l’origine de la dysfonction est directe ; avec un pied non fixé au sol, la restriction de mobilité est adaptative:
    • le sujet a mal quand il pose son pied au sol : dans ce cas il faut vérifier que la malléole latérale participe correctement au mouvement d’écartement de la pince tibio-fibulaire
    • le sujet a mal quand le pied quitte le sol: dans ce cas, il faudra vérifier s’il y a une dysfonction talo-naviculaire (astragalo-scaphoïdienne) ou calcanéocuboïdienne
    • il faut vérifier s’il existe ou non des points douloureux sur les différents trajets ligamentaires (par l’intermédiaire de la palpation et de la mise en tension): ligaments talo-fibulaire antérieur, calcanéo-fibulaire, talo-fibulaire postérieur (anciennement les trois faisceaux du ligament latéral externe)
    • il faut vérifier à la palpation des muscles péroniers s’il existe une tension ou une contraction musculaire réflexe à leur niveau.

À retenir avant réduction

Il s’agit de reconstituer le mécanisme dysfonctionnel: comprendre comment l’articulation s’est mise en restriction de mobilité et comment elle s’est adaptée.

Vérifier:

  • L’articulation fémoro-tibiale
  • Le mouvement du talus (astragale) en charge (talon planté dans la table) et en décharge (pied placé hors de la table)
  • L’éversion et l’inversion du pied: l’épiphyse distale de la fibula (péroné) avance et descend en inversion du pied, et recule et monte en éversion

fig6-4

Fig. 6.4

Technique de réduction 1 Malléole latérale en antériorité

Position du sujet et du praticien

Le sujet est en décubitus, le talon débordant de la table; l’index du praticien montre la partie antérieure de la malléole latérale où va se positionner le pouce gauche du praticien.

Mise en place des paramètres, phase 1

Le pouce de la main gauche du praticien se place sur la partie antérieure de la malléole latérale; les autres doigts empaument le calcanéus.

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Fig. 6.5

Mise en place des paramètres, phase 2

Le pouce de la main droite du praticien va se positionner à angle droit sur le pouce de la main gauche de ce dernier. L’index de la main droite stabilise le tibia. Le membre inférieur droit du sujet est amené en flexion de hanche (le segment jambier décolle donc du plan de la table).

Réduction

Il est important de retenir le rôle des mains:

fig6-6

Fig. 6.6

Rôle de la main gauche: elle exerce une légère traction dans l’axe (1) et une légère inversion (2) du pied.

Rôle de la main droite: elle porte une impulsion brève et sèche d’avant en arrière (3) dans le sens de la mise en tension et contre la résistance.

Pour une réduction optimale

Mobilisation sans impulsion

fig6-7

Fig. 6.7

La mise en place des paramètres est identique à ceux que l’on met en place pour réaliser une manipulation. Pour ce qui est de la mobilisation, elle est réalisée par une circumduction de la hanche exécutée dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

Remarque: Le praticien doit relâcher la pression sur la prise lorsqu’il est à « trois heures » et la reprendre lorsqu’il est entre « huit et sept heures » (puisque nous décrivons une technique qui se déroule dans le sens inverse des aiguilles d’une montre pour ce pied).

Mobilisation avec impulsion

Il faut que le praticien amène son bras droit à l’aplomb de l’articulation talo-fibulaire, notamment par une rotation gauche du tronc.


Technique de réduction 2 Malléole latérale en antériorité

Position du sujet et du praticien

Le sujet est en décubitus, le genou est fléchi, le pied est en flexion dorsale placé sur le genou du praticien. Le praticien debout en bout de table désigne avec l’index la partie antérieure de la malléole latérale où va se positionner sa main gauche.

Mise en place des paramètres

La base de l’éminence hypothénar de la main gauche du praticien se place sur la partie antérieure de la malléole latérale.

fig6-8

Fig. 6.8

Réduction

Rôle de la main gauche: elle pousse la malléole latérale d’avant en arrière.

Rôle de la main droite: elle guide à l’aide d’une prise « pouce-index » vers l’avant et vers le haut la tête de la fibula.


Pour une réduction optimale

Mobilisation sans impulsion

Il faut mobiliser la fibula dans la globalité de ses mouvements: lorsque la main gauche amène l’extrémité distale de la fibula en haut et en arrière, la main droite du praticien amène l’épiphyse proximale de la fibula en haut en avant.

fig6-9

Fig. 6.9

Remarque: Le praticien exerce sur la fibula un mouvement en forme de huit (de piston bielle).

Mobilisation avec impulsion

Il est important de trouver le degré d’amplitude optimal dans l’articulation talo-crurale (tibio-tarsienne) du sujet, en mettant plus ou moins de flexion dorsale.

Serge TIXA, Bernard EBENEGGER

Préface de Paul KLEIN

Vous venez de lire un extrait du chapitre 6 de l’ouvrage Atlas de techniques articulaires ostéopathiques de Serge TIXA et Bernard EBENEGGER

fig6-10

Fig. 6.10

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