Corps étrangers pénétrants

Radiographies standard

Corps étrangers des tissus mous

  • Deux incidences : obliques ou orthogonales pour éviter les superpositions osseuses.

Corps étrangers orbitaires

  • Deux incidences de face : avec obliquité vers le haut et vers le bas.

Imagerie alternative ou complémentaire aux radiographies

Corps étrangers des tissus mous

  • Superficiel : échographie.
  • Pénétrant en profondeur : scanner ou IRM.

Corps étrangers orbitaires

  • Scanner ou IRM.

Corps étrangers de diagnostic difficile

  • Verre caché par l’os
  • CE profonds

Abréviations

CE, corps étranger ;
IRM, imagerie par résonance magnétique ;
PA, postéro-antérieur.

Aspects radiographiques

Verre

Tous les types de verre sont radio-opaques. La visibilité du verre ne dépend pas de sa teneur en plomb [1, 2] .

La densité radiographique est variable selon le type de verre. Les paramètres techniques de la radiographie sont importants. L’utilisation d’une exposition adaptée aux tissus mous est essentielle.

Un agrandissement optique ou numérique de l’image est très utile. Les petits fragments sont facilement méconnus.

Métal

Presque tous les métaux sont radio-opaques, à l’exception notable de l’aluminium.

Bois ou plastique

Les échardes de bois sont parfois radio-opaques, mais la plupart sont impossibles à voir en radiographie [3–5] . La présence de peinture à la surface de l’écharde rend la détection plus facile.

Pourquoi le bois est-il presque invisible en radiographie ?

  • Explication : la détection d’un corps étranger dépend de son numéro atomique et du contraste avec les tissus mous humains. Le bois et les tissus mous sont constitués de carbone et d’autres atomes avec des numéros atomiques bas et similaires. Ils ne sont donc pas différenciés en atténuation des rayons X.

En pratique clinique, il faut considérer que les épines, échardes et fragments de plastique ne sont pas radio-opaques.

Suspicion de corps étrangers

Blessure des tissus mous [6–8]

Diagnostic des corps étrangers

En première intention aux urgences : radiographie standard.

  • Verre et métaux (sauf aluminium) bien visibles.
  • Bois, plastique et aluminium non visibles.

Autres options dans certaines indications :

  • Échographie (ultrasons).

❏ Verre, métal, bois et plastique bien visibles.
❏ Mais… opérateur-dépendant, et diagnostic possible en surface seulement.

  • Scanner.

❏ Presque tous les CE sont bien visibles.
❏ Bois difficile à voir.

  • IRM.

❏ Bois bien visible.
❏ IRM à risque si le CE est ferromagnétique.

Pièges en imagerie : CE en verre et CE métalliques [2, 3, 8, 9]

Piège 1 : une superposition osseuse masque les fragments de verre en radiographie. Utiliser des incidences obliques pour projeter le site lésé à distance de l’os.

Piège 2 : en cas de traumatisme à haute énergie, un CE en verre peut migrer en profondeur à distance de la blessure cutanée. Penser à explorer la région profonde dans le champ de la radiographie.

Piège 3 : dans les plaies par balle (s’il n’y a pas de point de sortie), le projectile peut être situé à distance du point d’entrée. Penser à étendre le champ de vue radiographique. Intérêt éventuel de la fluoroscopie.

Repérage avant ablation d’un CE

Avant une exploration chirurgicale, il est utile de préciser la position du CE en profondeur dans les tissus. L’échographie est une bonne technique de guidage en temps réel. Si le CE est trop profond, intérêt du scanner ou de l’IRM.

Traumatisme orbitaire

Détection du CE [10, 11]

Presque tous les CE sont diagnostiqués avec un examen ophthalmoscopique (lampe à fente).

Radiographie, échographie ou scanner sont indiqués dans certains cas.

Fragments de verre ou de métal

Radiographies en première intention.

Fragments de bois ou en plastique

Échographie en première intention. Les performances sont dépendantes de l’opérateur et de la qualité du matériel. Le scanner est une bonne alternative. Il est performant, montre bien l’espace rétrobulbaire, et dépend moins de l’expérience du radiologue [10] . L’IRM est aussi utile en cas de doute sur le scanner [11] . Mais l’IRM est contre-indiquée en cas de suspicion de CE ferromagnétique.

Ablation d’un CE

Un repérage en échographie ou scanner permet de préciser la localisation avant l’exploration chirurgicale de l’orbite [10] .

Par Nigel Raby, Laurence Berman, Simon Morley, Gerald de Lacey
Traduction de la 3édition anglaise : Antoine Feydy

Références

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Auteurs

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Vous venez de lire le chapitre 20 sur Corps étrangers pénétrants de l’ouvrage Lecture radiologique aux urgences : l’indispensable

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