La lutte contre la pauvreté passe aussi par l’école

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La revue de santé scolaire et universitaire

La lutte contre la pauvreté passe aussi par l’école

Le gouvernement a présenté son plan de lutte contre la pauvreté en septembre dernier [1]. Il se justifie par l’insuffisance de résultat des politiques d’égalité des chances censées rompre la reproduction de la pauvreté. C’est du moins ce qu’a pointé un récent rapport de la Cour des comptes sur l’éducation prioritaire [2] ; ses recommandations rejoignent d’ailleurs ce qui est actuellement proposé : orienter la politique vers les premières années de l’enseignement primaire et plus cibler les réseaux d’éducation prioritaire renforcée (REP+), relancer la mixité sociale.

La revue de santé scolaire et universitaire

  • Parmi les mesures, certaines ont déjà été annoncées comme la scolarisation obligatoire à 3 ans et le dédoublement des classes CP-CE1 dans les REP. Sont prévues pour l’accès à une alimentation équilibrée : la mise en place de projets gérés par les enseignants enseignants et les associations locales autour des petits déjeuners et de l’éducation à l’alimentation dans les territoires fragiles, et une tarification sociale pour les cantines.
  • Un axe fort vise le décrochage durable (20 000 jeunes1 par an) par l’instauration d’une obligation de formation pour tous les jeunes jusqu’à 18 ans, pour qu’ils acquièrent des compétences et ne restent pas sans solution. L’accompagnement vers l’insertion deviendrait obligatoire pour les pouvoirs publics, d’autant plus si le jeune est suivi par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Une mesure visera à prolonger cet accompagnement ASE jusqu’à l’âge de 21 ans. Enfin, à l’horizon 2022, on devrait atteindre 500 000 bénéficiaires de la “garantie jeune”.
  • La médecine scolaire semble ne pas être associée aux mesures de prévention en santé, au contraire de la médecine de ville qui sera sollicitée en milieu scolaire. Un rapport parlementaire récent sur la prévention santé en faveur de la jeunesse va dans ce sens [3]. Celui-ci demande de soutenir la Protection maternelle et infantile (PMI) comme la médecine scolaire, mais dans une approche d’“universalisme proportionné”. C’est-à-dire un suivi de tous les enfants et leur famille avec notamment cinq visites obligatoires (J8, 9e mois, 3, 6 et 12 ans), tout en privilégiant une prévention ciblée sur ceux qui en ont le plus besoin. Ce sont les territoires les plus fragiles qui sont les moins bien dotés en personnels sanitaires de l’Éducation nationale. Pour résoudre ces difficultés, il incite à décloisonner (réforme des statuts actuels des différents professionnels de santé pour plus d’attractivité et pouvoir mixer les exercices ville ou hôpital et établissements scolaires ou PMI) et mieux coordonner les différentes branches du système de santé.
    Par ailleurs, il souhaite moderniser et harmoniser le recueil des données de santé (systèmes d’informatisation convergents CPAM/PMI/ médecine scolaire) – non exhaustives puisque les taux de bilan médical sont disparates entre départements, mais inférieurs à 50 % en moyenne. Le dossier médical partagé (qu’il faudrait créer dès la naissance) serait un outil intéressant dans ce contexte.

Note

1 Ces jeunes sont parfois qualifiés de “Neet” : Not in Education, Employment, or Training (ni scolarisés, ni en emploi, ni en formation)

Références

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