Recommandations pour l’administration d’oxytocine au cours du travail spontané

Texte court des recommandations

Oxytocin administration during spontaneous labour: Guidelines for clinical practice. Guidelines short text

C. Dupont a,∗,b, M. Carayol c, C. Le Ray d,e, C. Barasinski f, R. Beranger g, A. Burguet h, A. Chantry i,j, C. Chiesa j, B. Coulm j, A. Evrard k, C. Fischer l, L. Gaucher b,m,n, C. Guillou o, F. Leroy p, E. Phan q, A. Rousseau r,s, V. Tessier t, F. Vendittelli f, C. Deneux-Tharaux j , D. Riethmulleru

Références Auteurs

  1. Réseau périnatal Aurore, hospices civils de Lyon, pôle IMER, 69003 Lyon, France
  2. HESPER EA 7425, université Lyon, université Claude-Bernard Lyon 1, 69008 Lyon, France
  3. Service de PMI, direction des familles et de la petite enfance, mairie de Paris, 75196 Paris, France
  4. Maternité Port Royal, hôpital Cochin, Assistance publique—Hôpitaux de Paris, 75014 Paris, France
  5. Inserm U1153, épidémiologie obstétricale, périnatale et pédiatrique (équipe EPOPé), centre de recherche en épidémiologie et statistiques Sorbonne Paris Cité (CRESS), DHU risques et grossesse, université Paris Descartes, 75014 Paris, France
  6. EA 4681 PEPRADE, université d’Auvergne, CHU de Clermont-Ferrand, 63003 Clermont-Ferrand, France
  7. Inserm U1085, IRSET, équipe 9 « recherches épidémiologiques sur l’environnement, la reproduction et le développement » , 35000 Rennes, France
  8. CHU de Dijon, 21030 Dijon, France
  9. École de sages-femmes Baudelocque, Assistance publique—Hôpitaux de Paris, université Paris Descartes, DHU risques et grossesse, 75014 Paris, France
  10. Inserm UMR 1153, équipe « épidémiologie obstétricale, périnatale et pédiatrique (EPOPé) » , centre de recherche épidémiologie et statistique Sorbonne Paris Cité, 75014 Paris, France
  11. Association bien naître, 69003 Lyon, France
  12. Hôpital Cochin Port Royal, 75014 Paris, France
  13. Hospices civils de Lyon, hôpital Femme—Mère-Enfant, 69500 Lyon, France
  14. Pôle information médicale évaluation recherche, 69003 Lyon, France
  15. Clinique Natecia, 69008 Lyon, France
  16. Hôpital Montélimar, 26200 Montélimar, France
  17. Association d’usagers, collectif inter-associatif autour de la naissance (CIANE), 75014 Paris, France
  18. Département de Maïeutique, UFR des sciences de la santé Simone-Veil, université Versailles—Saint-Quentin, 78000 Versailles, France
  19. EA 7285 RISCQ, UFR des sciences de la Santé Simone-Veil, université Versailles—Saint-Quentin, 78000 Versailles, France
  20. Département hospitalo-universitaire « risques et grossesse » , groupe hospitalier Cochin, AP—HP, 53, avenue de l’Observatoire, 75014 Paris, France
  21. Pôle Mère—Femme, CHRU de Besançon, 3, boulevard Fleming, 25000 Besançon, France

Résumé

Objectifs. — Définir les stades du travail spontané, préciser les indications, les modalités et l’efficacité de l’administration d’oxytocine ainsi que décrire les effets indésirables maternels, fœtaux et néonataux liés à cette administration.

Méthode. — Revue systématique de la littérature à partir de la base de données Medline interrogée jusqu’en mars 2016 et complétée par une recherche sur les sites des sociétés savantes.

Résultats. —  Le 1er stade débute par une phase de latence, définie par des contractions utérines entraînant une modification du col jusqu’à 5 cm de dilatation, et se termine par une phase active, de 5 cm à dilatation complète. Le 2e stade débute par la phase de descente et se termine par la phase d’expulsion. En phase de latence, il est recommandé de ne pas intervenir à titre systématique. Une pose précoce d’analgésie péridurale est possible sans attendre la phase active du travail et, dans ce cas, il est recommandé de ne pas associée de façon systématique une administration d’oxytocine. En phase active du premier stade, une dystocie dynamique est définie par une vitesse de dilation inférieure à 1 cm/4 h de 5 cm à 7 cm ou inférieure à 1 cm/2 h de 7 cm à dilation complète. En cas de dystocie dynamique en phase active, il est recommandé de pratiquer une amniotomie en première intention. En l’absence d’amélioration une heure après l’amniotomie, une administration d’oxytocine peut être réalisée. En cas de prolongation du 2estade au-delà de 2 h, il est recommandé d’administrer de l’oxytocine pour corriger une absence de progression de la présentation. En cas de dystocie dynamique, l’oxytocine doit être administrée à un débit initial de 2 mUI/min, augmentée par palier de 2 mUI/min en respectant un délai de 30 min, et sans dépasser un débit de 20 mUI/min. Les effets indésirables maternels rapportés concernent l’hyperactivité utérine, la rupture utérine et l’hémorragie du post-partum (HPP). Les effets indésirables fœtaux discutés concernent les anomalies du rythme cardiaque fœtal liées à une hyperactivité utérine, l’hyponatrémie, l’ictère néonatal, les difficultés de succion et l’autisme.

Conclusion. — L’administration d’oxytocine durant le travail spontané ne doit pas être considérée comme une prescription anodine. L’état actuel des connaissances doivent inciter les acteurs de la périnatalité à la plus grande vigilance. L’administration d’oxytocine durant le travail spontané expose la mère et le fœtus à des effets néfastes pouvant avoir des conséquences à court terme et possiblement à long terme. Ses modalités d’administration doivent faire l’objet d’un protocole. Sa prescription et le consentement de la mère doivent être précisés dans son dossier médical.

Vous venez de lire le texte court des recommandations et le début de l’article intégral paru dans la revue Sage-femme de février 2017.

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