Concours ASS ES EJE : Le résumé de texte

Le résumé reste assurément l’épreuve phare des concours sociaux. On la recense dans de très nombreuses écoles, mais selon des modalités différentes en fonction des concours et des régions. La longueur des textes peut considérablement varier, de même que le temps imparti pour les reformuler. Les articles ou les extraits d’ouvrage proposés sont souvent très longs et portent sur des sujets variés (actualité, politique, sociologie, psychologie, etc.). On peut requérir du candidat qu’il les résume en un nombre de mots donnés, mais aussi en un nombre approximatif de lignes, voire en une seule phrase. Toutes les configurations sont possibles. Les candidats doivent acquérir un solide esprit de synthèse pour se sentir à l’aise dans chaque épreuve, quelle qu’en soit la forme.

Qu’est-ce qu’un résumé?

Le résumé a pour finalité de restituer les grandes idées d’un texte dans une formulation simple et concise. Il vise deux objectifs: le premier concerne la capacité du candidat à lire, comprendre et synthétiser un texte; le second, à tester ses facultés d’écriture et de reformulation.

Les finalités, les prescriptions mais aussi les proscriptions de l’épreuve ne font l’objet d’aucune directive officielle à laquelle les écoles devraient se conformer. Il est donc difficile de cerner précisément ce qu’attendent les correcteurs dans chaque établissement qui propose cette épreuve au concours: on ne trouve aucun document (comme il en existe pour les examens nationaux) qui énonce avec clarté ce que doit être un résumé. Le candidat devra néanmoins se conformer à huit principes fondamentaux.

Quels principes doivent être respectés pour produire un bon résumé?

Principe 1: exhaustivité

Toutes les idées importantes doivent être recensées et seulement celles-là. Défaut majeur: l’omission et/ou le commentaire.

Donner une version « condensée », c’est réduire le texte suivant des proportions qui sont variables d’un concours à l’autre, voire d’une école à l’autre. Cette réduction doit le moins possible appauvrir les propositions de l’auteur: les idées phares sont conservées au même titre que les arguments qui servent à les étayer. Les exemples, redites, précisions, digressions et certains commentaires inutiles à l’ossature de l’argumentaire sont en revanche supprimés. Le candidat doit faire siennes les idées de l’auteur; il ne doit pas ajouter d’éléments en commentant le texte. Il se dispense donc d’écrire « l’auteur dit que… », « l’auteur montre que… ».

Principe 2: pertinence

Les idées doivent être correctement comprises. Défaut majeur: le contresens.

Rester « fidèle » au texte suppose d’en respecter le sens, c’est-à-dire de comprendre parfaitement les distinctions conceptuelles et les arguments cardinaux. Attention à ne pas extrapoler et inventer des idées que l’auteur n’a jamais formulées.

Principe 3: précision

Les idées sont fidèlement restituées. Défaut majeur: l’approximation.

Sous prétexte que le résumé ne dit pas tout ce que le texte contient (par définition), il faut se garder de noyer les idées dans des généralités ou de les appauvrir en ne soulignant pas la finesse des propositions qui les contient. Les marques de l’hypothèse, du doute, de la concession doivent, autant que possible, être rendues pour traduire, sans la dénaturer ou la dévoyer, la pensée de l’auteur.

Principe 4: reformulation

Le résumé est un écrit original qui n’emprunte au texte-source ni ses mots, ni ses tournures syntaxiques. Défaut majeur: la paraphrase.

La reformulation est au cœur de la difficulté du résumé: il s’agit d’exprimer les idées (parfois complexes !) de l’auteur avec le plus de précision et de fidélité possible mais en moins de mots que ceux utilisés dans le texte. Il ne faut pas paraphraser, c’est-à-dire trouver quelques synonymes en restituant la même structure syntaxique que l’auteur, mais véritablement énoncer dans son propre langage les idées exprimées: on ne résume jamais des mots mais des idées.

Le candidat s’interdit tout montage de citations; il exprime dans son propre langage les assertions du texte. Le résumé n’est pas une suite d’extraits récupérés dans le texte. Cela ne veut pas dire qu’il est interdit de récupérer les mots du texte : il vaut mieux reprendre un ou plusieurs mots (surtout s’il s’agit de termes génériques qui renvoient à la thématique du texte, comme par exemple « adolescence », « bioéthique », « environnement », etc.), plutôt que de rechercher des synonymes plus ou moins équivalents. Il n’y a pas besoin de guillemets dans ce cas. Par ailleurs, certains auteurs articulent des concepts précis, créent des néologismes, inventent une expression astucieuse qui résume déjà à elle seule un paragraphe : il serait absurde de les développer pour n’avoir pas à les récupérer ! Ce n’est pas l’esprit du résumé. Mieux vaut les citer entre guillemets. Ces cas sont cependant très rares.

Principe 5: cohérence

Les liens logiques et la structure sont rendus dans le même ordre que celui du texte. Défaut majeur: l’illogisme et l’inconséquence.

Le résumé suit le fil du développement, respecte l’ordre des idées qui sont articulées dans le texte et s’interdit toute disposition différente. Les textes qui sont donnés ne sont pas choisis au hasard: les idées qui sont développées ne sont pas seulement juxtaposées mais surtout combinées suivant une argumentation logique et dynamique. C’est cet ordre qu’il faut retrouver et respecter. Retrouver le plan du texte est une étape essentielle pour organiser un résumé correct.

Principe 6: cohésion

Le résumé se présente comme un texte homogène. Défaut majeur: l’empilement des idées.

Un résumé ne doit être ni décousu dans son continuum argumentatif ni « haché » dans sa formulation. Il s’agit d’un texte à part entière dont la lecture doit rester « fluide » et se dérouler sans qu’il soit besoin de s’interroger sur le lien qui unit une phrase à la précédente.

Principe 7: clarté

Le résumé est rédigé dans un style simple, direct et immédiatement compréhensible. Défaut majeur: le style ampoulé et inadéquat.

Un résumé doit être compréhensible par lui-même. Il est rédigé avec des mots simples et précis. Le candidat doit éviter les synonymes pompeux, les équivalents approximatifs ou les métaphores censées « traduire » une proposition. Le style sera direct, formulé dans des phrases ne comportant pas plus d’une ou deux subordonnées.

Le système de l’énonciation sera respecté: il s’agit des marques qui inscrivent le texte dans une réalité (il est écrit par quelqu’un, quelque part et dans un certain temps). L’énonciation se repère dans les pronoms, certains adverbes, le temps des verbes, etc. Ces marques doivent être reprises: si l’auteur s’exprime à la première personne (je), le candidat gardera ce système d’énonciation.

Principe 8: conformité

Le candidat respecte rigoureusement toutes les consignes formulées dans l’énoncé. Défaut majeur: le hors sujet.

L’énoncé doit être scrupuleusement respecté. Si le sujet impose de s’exprimer en un nombre donné de mots ou un nombre de lignes déterminé, le candidat se plie à cette exigence. Le manquement à la consigne est sévèrement sanctionné et peut même s’avérer rédhibitoire. Pour le cas où aucune prescription précise n’est formulée (« synthétisez ce texte », par exemple), il convient de se fixer une reformulation au quart du texte initial.

Comment aborder l’épreuve?

Étape 1: lecture de l’énoncé du sujet

Il faut bien entendu commencer par lire l’énoncé du sujet : savoir en combien de mots (ou de lignes, de phrases, voire de pages) le texte devra être résumé influencera la manière d’aborder le travail préparatoire à la rédaction. Le candidat sera plus ou moins synthétique en fonction de la consigne.

Exemples de consignes

  • Résumez le texte en 250 mots (une marge de 10 % en + ou en – est admise) (ASS, EJE et ES, Languedoc-Roussillon).
  • Résumez le texte en 7 lignes (ASS, EJE et ES, Poitiers).
  • Faites une synthèse de ce texte en résumant les idées essentielles (IRTS Paris, Île-de-France).
  • Faites une synthèse des idées essentielles de ce texte (EJE, L’Horizon, Île-de-France).
  • Dégagez en 10 ou 12 lignes les idées développées dans ce texte sous forme de phrases rédigées (et non en simple énumération) (ASS et ES, Rhône-Alpes).
  • Donnez les idées essentielles de ce texte (ASS, EJE et ES, Aquitaine).
  • Présentez en 30 lignes la pensée de l’auteur en faisant ressortir le jeu d’opposition (ASS, Basse-Normandie).

On voit que, pour un même exercice, les formulations peuvent considérablement changer d’une école à l’autre. Il ne faut surtout pas paniquer face à cette diversité seulement apparente: la finalité de l’exercice reste toujours la même, à savoir synthétiser objectivement, précisément et dans un langage clair les idées du texte.

Étape 2: lecture(s) du texte

Lire correctement le texte est une étape essentielle trop souvent négligée par les candidats angoissés à l’idée de ne pas terminer à temps. Pourtant, une bonne lecture permet d’éviter bien des déconvenues. Cela permet d’abord de cerner le sens global du texte et de répondre à la question simple mais fondamentale: où l’auteur veut-il en venir ? Quelle est sa thèse? On évite ainsi de commettre un contresens général sur le texte et on comprend mieux le « fil rouge », l’idée principale ou directrice, qui articule l’ensemble du propos de l’auteur. Savoir où l’on va évite de rédiger par la suite un résumé décousu.

Une bonne première lecture permet ensuite de commencer à saisir les étapes de l’argumentation: sans retrouver un plan détaillé, on peut déjà au crayon indiquer les endroits où le texte « bascule », autrement dit où l’auteur change d’idée. Cette étape peut même être cruciale si vous avez très peu de temps pour faire votre résumé.

Il est même possible à ce moment de rayer les passages où sont développés les exemples, où les idées sont redondantes, etc. Ceci contribuera à « aérer » le texte, surtout s’il est long.

Étape 3: repérage du plan du texte

Si le texte a été bien compris, il n’est pas nécessaire de le relire en détail: à partir du moment où le candidat a compris la thèse de l’auteur, une seconde lecture en diagonale est souvent suffisante pour retrouver l’articulation des arguments qui permettent d’étayer cette thèse. Il faut à ce moment séparer chaque argument en retrouvant le lien logique qui l’introduit. Attention: le plan que vous retrouvez dans le texte ne correspond pas toujours aux paragraphes qui sont découpés. Il n’est pas rare qu’un auteur aille à la ligne pour développer un exemple ou approfondir une idée. Le plan que vous déciderez de retenir correspondra à votre compréhension du texte.

Cette étape, encore une fois, est fondamentale : à son terme, vous devez déjà être capable de résumer tout le texte en deux ou trois phrases. À ce moment, le texte doit commencer à être « apprivoisé » : vous pouvez le récapituler dans les grandes lignes et il ne reste plus qu’à entrer dans le détail pour une reformulation plus précise. Pour un texte très long à résumer en peu de mots, correctement formuler le plan peut s’avérer suffisant.

S’entraîner

Sujet (Pays-de-Loire)

Travail social et droits de l’homme

Le travailleur social ne serait-il […] qu’une chimère: à la fois curé (par son souci du souci d’autrui), technicien (par son utilisation des connaissances en sciences humaines) et militant (par son désir de transformer le monde)? Les uns s’identifieront à l’une ou l’autre de ces figures, d’autres voudront s’en détacher. Écartons tout de suite les protestations des mécréants désireux de ne pas être confondus avec les croyants. Si la religion peut inspirer certains travailleurs sociaux à vouloir faire le bien de leur prochain, l’altruisme et le profond sentiment de solidarité motivent d’autres à agir pour ne laisser personne sur le bord du chemin. On retrouve là l’équivalent laïque de la morale chrétienne, tel que l’exprimait Léon Bourgeois dans sa théorie sur le solidarisme qu’il définissait comme ce « lien fraternel qui oblige tous les êtres humains les uns envers les autres, nous faisant un devoir d’assister ceux de nos semblables qui sont dans l’infortune ».

Revenons, à présent, à notre interrogation première: y a-t-il des valeurs qui transcenderaient chacune de ces représentations et dans lesquelles tout un chacun pourrait se retrouver? Ces références fédératrices existent: ce sont les droits de l’homme. Considérer comme vecteur universel un certain nombre de droits inaliénables s’appuie sur une conception de l’être humain qui traverse les coutumes, les cultures et les spécificités locales. Cela revient à établir un principe éthique qui s’impose en tout temps, en tous lieux et en toutes circonstances. Ce qui n’est pas sans irriter les pourfendeurs d’une pensée globale accusée d’agir tel un rouleau compresseur, en venant araser les spécificités ethnoculturelles et les appartenances collectives.

Peut-on néanmoins faire le pari que le travail social trouve dans les Droits de l’hommele fondement de son action quotidienne? Si l’on s’inspire de l’enseignement des religions qui valorisent la fraternité et l’égalité entre les hommes (même si les pires discriminations s’opèrent en leur nom), l’on sera en conformité avec cette hypothèse. Si l’on se réfère à l’influence scientifique, beaucoup de chercheurs ne conçoivent pas leur prospection sans de solides bases éthiques : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme », affirmait déjà Rabelais au xvie siècle (même s’il y en aura toujours qui ne s’en embarrasseront guère). Là aussi, la proposition des Droits de l’homme semble cohérente. Quant au militantisme qui s’inscrit dans une lutte pour un monde plus juste, il se réfère au principe d’équité et de respect dû à tous comme à chacun (même si, là aussi, les meilleures causes ont trop souvent justifié les plus inacceptables exactions).

Les trois mamelles qui ont nourri le travail social (et qui continuent à le faire) sont donc en cohérence avec ce paradigme qui peut constituer leur point de rencontre et de synthèse: la recherche de la dignité humaine comme finalité première et ultime. Chaque individu a une valeur en lui-même, qui transcende les différences physiques et les couleurs de peau. Sa légitimité n’est pas dans l’appartenance à une communauté ou une religion. Elle tient dans sa structure biologique, au simple fait d’appartenir à l’espèce humaine, au partage d’une même nature universelle. La dignité d’autrui s’impose à moi, quelque valeur que je lui confère, tout simplement parce qu’il est Homme. Et rien ne peut mieux garantir le respect qui nous est dû que de respecter autrui.

Jacques Tremintin. Travail social et droits de l’homme, Lien social, n° 909, décembre 2008.

Questions

Question 1

Quel est le thème de ce texte?

Question 2

Quelle est la problématique (thèse) développée par l’auteur (en une phrase)?

Question 3

Retrouvez le plan du texte.

Corrigés

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Étape 4: reformulation des idées

Après avoir découpé le texte, vous devez reprendre chaque partie segmentée et vous poser, pour chacune, cette question simple mais essentielle: quelles sont les différentes idées contenues dans cette partie? Vous pouvez alors les lister une à une en commençant à les reformuler: n’essayez pas, à ce moment, de rédiger le résumé ! Formulez une phrase par idée. Cette phrase doit être simple, claire, construite à la voix active. Peu importent les répétitions et la beauté des enchaînements. Pour le moment, il faut seulement avoir reformulé dans un langage sobre mais précis chaque idée. Il ne faut pas résumer des mots: vous devez, après avoir correctement lu la partie segmentée, vous détacher du texte pour énoncer dans vos propres mots les éléments qui vous semblent importants. Vous refaites la même chose pour chaque partie puis vous ajoutez, en les reformulant, les liens logiques qui les articulent.

Prenez déjà la « distance focale » nécessaire: si le texte est à résumer au quart, votre reformulation sera plus précise que si vous devez le résumer à 10 %.

Si ce travail a été correctement effectué, vous n’avez plus besoin du texte. Si vous y revenez à la rédaction finale, c’est que cette étape a été bâclée…

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Sujet

Question

Reformulez, dans l’objectif d’un résumé en 160 mots et d’un autre résumé en 80 mots, chacune des idées du texte de Jacques Tremintin extrait de Lien social.

Corrigés

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Étape 5: rédaction

Il vous suffit maintenant de relier chaque idée dans des phrases en prenant garde à leur enchaînement et à la fluidité du style: il convient en effet d’éviter le style « haché » qui nuit à la compréhension de l’ensemble.

Vous pouvez normalement directement rédiger sur votre copie. Certains élèves moins entraînés auront intérêt à passer, au début, par une prérédaction au brouillon: très vite cependant, cette étape ne devra plus être nécessaire. Les candidats ont peu de temps au concours…

La rédaction permet de réajuster la « taille » du résumé pour la conformer exactement aux prescriptions formulées dans l’énoncé.

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Sujet

Question

Résumez, en 160 mots et 80 mots, le texte de Jacques Tremintin extrait de Lien social à partir des idées qui ont été préalablement extraites.

Corrigés

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Les résumés atypiques

Certaines écoles proposent des épreuves de résumé qui diffèrent (parfois seulement en apparence…) des exercices les plus couramment proposés dans les concours. Le candidat pourra se trouver confronté à des énoncés singuliers. Il ne faut surtout pas paniquer face aux énoncés de prime abord singuliers : la finalité de l’exercice reste toujours la même, à savoir synthétiser les idées du texte objectivement, précisément et dans un langage clair. Le candidat devra appliquer les principes du résumé en respectant scrupuleusement les consignes formulées dans l’énoncé.

Exemple de résumé atypique: le résumé sur texte lu (ou prise de notes de conférence)

À Tours (région Centre), un texte d’une page et demie, portant sur un thème d’actualité, est lu une seule fois aux candidats. On leur demande de retranscrire les idées essentielles du texte. L’objectif de cette épreuve se rapproche autant de la synthèse que du résumé. Le candidat doit en effet structurer une prise de notes de conférence et montrer au jury des facultés à capter l’information, la comprendre et la reformuler dans un délai très court.

Il va sans dire qu’une concentration extrême, et sans relâche, est requise durant cette épreuve. Le moindre moment d’inattention peut faire perdre le fil du texte et en brouiller la logique interne.

Il faut respecter quelques principes:

  • Déterminer quelle est l’idée directrice du texte, autrement dit son thème et sa (ses) thèse(s)
  • Retrouver les grandes articulations à travers les liens logiques (« d’abord, ensuite, mais, en effet… »)
  • Repérer les mots-clés, les concepts, les idées, et ne pas noter les exemples, digressions, commentaires… L’important reste de retrouver les grandes lignes de l’argumentation sans faire de contresens. Nul besoin, donc, de chercher à tout dire

Vous venez de lire le chapitre 11 Le résumé de texte de l’ouvrage Concours ASS – ES – EJE – Le Méga Guide 2019-2020.

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