CONCOURS AS/AP ÉPREUVE ORALE

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Les clés pour convaincre le jury

Vous préparez le concours AS/AP ? Cet ouvrage est là pour vous aider !

Découvrez ici en accès libre le chapitre 2 les valeurs de la première partie de l'ouvrage : Culture professionnelle. Réflexions sur le métier de soignant

CONCOURS AIDE-SOIGNANT ET AUXILIAIRE DE PUÉRICULTURE - ÉPREUVE ORALE - IFAS/IFAP 2019-2020Les clés pour convaincre le jury
Pierre Montagu
ISBN: 9782294763694
Paru le 2 janvier 2019

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L'ouvrage qui vous permettra de préparer et réussir votre concours as ap

CHAPITRE 2

Les valeurs

Compétences et valeurs

Pourquoi parle-t-on de « valeurs » ?

Dans sa pratique professionnelle, le soignant mobilise trois domaines de compétences* :

■ son savoir : ce sont ses connaissances, ce qu’il a appris intellectuellement ou théoriquement ;

■ son savoir-faire : ce sont ses actes, ce qu’il est capable de réaliser concrètement (geste ou relation) ;

■ son savoir-être : c’est ce qu’il est, ce qui le guide pour déterminer au service de quoi il met ses connaissances et ses actes.

Le savoir s’apprend, le savoir-faire s’acquiert, mais le savoir-être, lui, se travaille.
Quelles bases, quel « guide » donnons-nous à cette recherche, à ces avancées ?
On construit son savoir-être sur des règles morales* : les valeurs.

Qu’est-ce qu’une valeur ?

C’est un concept (une idée, une notion), transmis par l’éducation et l’exemple, qui me donne des repères moraux et me permet de guider mes comportements*.

Transmission des valeurs

On « n’inculque » pas des valeurs, on les transmet, par la parole et par l’exemple (parents et éducateurs). Elles sont exprimées à travers des principes ou des interdits, souvent rédigés en maximes et devises.

Les religions, par exemple, sont porteuses de valeurs, mais les valeurs dépassent les religions : elles peuvent être portées en dehors de tout contexte religieux. Les philosophies, en posant des questions métaphysiques* ou morales et en y apportant des réponses, sont créatrices de valeurs.

Les valeurs fondamentales

Elles sont peu nombreuses :

liberté – égalité – fraternité ⇒ valeurs de la République ;

respect – application du principe d’égalité et de fraternité ⇒ attention, écoute… ;

équité – justice (équité n’est pas synonyme d’égalité) ;

altruisme – « amour de l’autre » ⇒ générosité/partage ;

solidarité – fraternité ⇒ coopération ;

droiture – honnêteté – franchise ⇒ fidélité à l’engagement, honneur.

Parmi ces valeurs, il en est une qui est première, fondatrice du soin et indispensable au soignant : le respect.

Définition du respect

C’est la valeur qui me conduit à considérer l’autre comme égal à moi-même et autant méritant, donc à l’accepter avec ses différences, ses insuffisances, ses exigences et ses contradictions.

Le respect pratiqué par le soignant garantit que la personne soignée est bien traitée.

Valeurs, attitudes, comportements et qualités

Définitions

■ Les valeurs déterminent les attitudes (valeurs morales).

■ Une attitude* est un état d’esprit, une manière d’envisager son comportement.

■ Un comportement est l’ensemble de nos faits et gestes, de nos réactions observables.

■ Les qualités permettent de garantir les comportements.

Il est important de bien différencier ces quatre définitions : ce sera très important pour l’oral.


EXEMPLE

Exemple

Si je possède la qualité « patience », je pourrai avoir un comportement d’écoute, qui sera conforme à l’attitude que je recherche d’ouverture aux autres, en application de la valeur « altruisme ».

CASE

Engagement – courage – travail sont parfois considérés comme des valeurs fondamentales, mais l’engagement et le travail sont plutôt des comportements, induits par des valeurs (on s’engage pour quelque chose, en application d’une valeur), et le courage est une qualité.


Les qualités du soignant

Quelles sont les qualités qui vont permettre au soignant, que ce soit l’AS ou l’AP, d’avoir un comportement – des actes – conforme à ses valeurs ? On peut penser à la patience, la rigueur, la douceur… – la liste est longue –, mais il y a une qualité qui prédomine sur toutes les autres, qui garantit la prestation : c’est la conscience professionnelle.

Cette qualité, qui pousse l’individu à agir toujours au mieux de ses possibilités, est fondée sur une valeur : la droiture. Elle garantit un comportement toujours conforme aux règles de la profession, selon le meilleur processus et pour le meilleur résultat possible, même quand il n’y a personne d’autre que soi-même pour l’observer.

Comme l’a dit un jour un stagiaire en formation : « La conscience professionnelle, c’est quand on est tout seul. »

Les objectifs du soignant

À la question « un aide-soignant, ça fait quoi ? », on reçoit souvent la réponse « ça fait des toilettes ». À la question « une auxiliaire, ça fait quoi ? », on reçoit souvent la réponse « ça prépare des biberons, ça change les couches et ça câline les gosses ».

Si on va plus loin, d’autres réflexions arrivent : « c’est quelqu’un qui prodigue des soins d’hygiène et d’entretien pour assurer le bien-être de la personne (enfant ou adulte) ». Au bout de la discussion, on entend aussi « c’est un soignant qui répond aux besoins de santé du bénéficiaire ».

Ainsi le parallèle est fait entre bien-être et santé. Comment alors définir la santé ?

La santé

LIVRE

« La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne se résume pas à l’absence de maladie ou d’infirmité. » (OMS, 1946)

Cette définition est une des rares formules à savoir par cœur : elle nous rappelle que l’être humain est une composition de trois activités, physique, mentale et sociale.

COCHE

On peut mettre une réserve à la formulation « ou d’infirmité » : aujourd’hui, les « infirmes » ne sont plus considérés comme des malades ou des êtres en mauvaise santé. Un paraplégique* qui s’assume seul, qui assure son quotidien, qui travaille, qui a des relations personnelles et sociales est-il en bonne santé ? La réponse est « oui ».

On voit que, pour l’OMS, la santé est définie par le bien-être, alors comment définir celui-ci ?

Le bien-être

En poursuivant la réflexion collective, on aboutit toujours à la notion de satisfaction des besoins : le bien-être est l’état d’une personne dont les besoins sont satisfaits.

LIVRE

On aboutit ainsi à une définition simple du soignant, qu’il soit AS ou AP : un soignant est un professionnel de santé dont la mission est d’assurer le bien-être de la personne prise en charge (enfant, adulte, vieillard), en répondant à ses besoins. Il contribue ainsi à préserver et restaurer sa santé.

Cette prise en charge pour la satisfaction des besoins du bénéficiaire1 portent le nom global de « soins infirmiers ». L’objectif de l’action conjointe des infirmières (IDE et puéricultrices) et des auxiliaires de soins (AS et AP) est d’amener la personne en état de santé, c’est-à-dire de bien-être, parce que ses besoins sont satisfaits. Un enfant, un malade, un vieillard peuvent rarement assurer seuls la satisfaction de tous leurs besoins, donc un soignant les y aide. La finalité du soin est donc clairement établie.

1 Terme préférable à celui de « client » qui, bien que préconisé par certains, n’est pas approprié : il n’y a pas de rapports marchands entre le soignant et le bénéficiaire.

COCHE

Depuis 1981, les soins infirmiers sont définis par des décrets (régulièrement réactualisés, actuellement décret du 11 février 2002) : une partie des soins relevant du rôle propre de l’IDE (donc de la puéricultrice2 ) est accomplie en collaboration avec l’AS et l’AP. Il n’y a pas de liste officielle des soins que l’IDE peut leur confi er : ceux-ci sont simplement limités par leur programme de formation.

C’est pourquoi il n’y a pas de rôle propre, ni de l’aide-soignant, ni de l’auxiliaire de puériculture :

  • dans le cas d’un SSIAD, l’AS est toujours placée sous la supervision d’une infirmière coordonnatrice (IDEC), responsable des soins ;
  • dans le cas d’une crèche ou d’un CAMSP, l’AP est sous la tutelle et la responsabilité d’une puéricultrice (ou d’une EJE).

2 La « puéricultrice » est réglementairement définie comme infirmière puéricultrice diplômée d’État, c’est-à-dire qu’elle est infirmière spécialisée après une année supplémentaire d’études.

Qu’est-ce que le soin ?

Donner des soins sans donner en même temps de l’attention, cela revient à faire du travail « à la chaîne », stéréotypé, de routine. C’est pourquoi on associe deux dimensions dans le terme « soigner » :

donner des soins, corporels ou relationnels ;

prendre soin, procurer du bien-être.

Sans surprise, ces dimensions correspondent aux trois domaines de compétences que nous avons déjà repérés :

■ savoir et savoir-faire pour « donner des soins » ;

■ savoir-être pour « prendre soin ».

COCHE

Être soignant, c’est donc associer la technicité du soin et le bien-être du bénéficiaire. Ainsi le soin n’est pas un but, c’est le moyen pour apporter du bien-être à la personne en répondant à ses besoins.

Nous allons revenir sur cette notion, car il nous reste maintenant à définir et déterminer les besoins d’une personne…

Concours aide-soignant et auxiliaire de puériculture - Épreuve orale - IFAS/IFAP 2019-2020
© 2019, Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

L’auteur

Pierre Montagu

Cadre infirmier, formateur en classe de prépa

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