Concours aide-soignant-auxiliaire de puériculture 2019-2020 : les troubles mentaux

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Découvrez un extrait : les troubles mentaux

Découvrez ci-dessous la fiche 11 : Les troubles mentaux de l'ouvrage "Concours aide-soignant/auxiliaire de puériculture 2019-2020. Les thèmes sanitaires et sociaux." de Amandine Sourisse, et Olivier Perche

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Fiche 11 Les troubles mentaux

Problème de définition et idées clés

Il n’y a pas une seule définition du trouble mental, notamment parce que la distinction entre « normalité » et pathologie n’est pas toujours facile à identifier. De plus, les spécialistes ne sont pas toujours d’accord sur les critères et la notion même de « normalité » évolue : l’OMS a gardé l’homosexualité sur sa liste des maladies mentales jusqu’en 1992.

L’appellation « maladie mentale » recouvre des réalités variées qui vont du stress post-traumatique à la schizophrénie, de l’anorexie mentale à l’autisme, de la bipolarité aux troubles de la personnalité. Les causes sont complexes et parfois difficiles à déterminer. On trouve trois types de facteurs : biologiques, psychologiques et sociaux. Les premiers signes apparaissent en général entre 15 et 25 ans. Ces maladies touchent davantage les femmes et les jeunes.

L’espérance de vie des personnes souffrant de troubles psychiatriques est en moyenne inférieure de neuf ans à la moyenne nationale, essentiellement à cause d’un mauvais suivi de l’état général. Les personnes souffrant de troubles mentaux ont un accès aux soins plus compliqué et sont en général plus concernées par une mauvaise alimentation et la consommation excessive de tabac et d’alcool.

La maladie mentale, selon son degré et son type, peut avoir des répercussions sur la vie professionnelle (c’est la deuxième cause d’arrêt de travail en France), scolaire, sociale et familiale.

Quelques troubles majeurs

Les troubles bipolaires

C’est une maladie mentale chronique dont on ne guérit pas et qui concerne environ 1 million de personnes en France. Elle est considérée comme un handicap par l’OMS. On l’appelle encore parfois « maniaco-dépression » car elle fait se succéder des phases d’euphorie et des phases de dépression sévère, de durée variable selon les différents types (de quelques jours à quelques mois). Dans la vie quotidienne, cette maladie cause des problèmes parfois très invalidants de sommeil, hyperémotivité, troubles de l’attention et de la mémoire, fatigue extrême, etc. Il faut en moyenne dix ans pour poser un diagnostic, ce qui retarde la prise en charge qui est pourtant essentielle car 20 % des bipolaires non traités se donnent la mort. De plus, les comportements et conduites à risque sont fréquents dans la bipolarité : alcoolisme, addictions, mise en danger lors des phases maniaques, etc. Le traitement mêle médicaments, psychothérapie et hygiène de vie.

La schizophrénie

Elle touche 600 000 personnes en France de tous les profils. Elle se déclare généralement à l’adolescence ou chez les très jeunes adultes. L’OMS la classe parmi les maladies invalidantes. Elle se manifeste par crises mais des symptômes plus modérés sont souvent présents en continu : hallucinations, idées délirantes, troubles cognitifs et émotionnels, modifications du comportement, désorganisation de la pensée et du langage, etc. Contrairement aux croyances, la schizophrénie n’est pas un dédoublement de la personnalité. Elle cause une grande souffrance psychique (40 % des malades commettent une tentative de suicide) et a souvent des répercussions majeures sur l’insertion professionnelle et sociale. Les causes sont méconnues ; néanmoins, les médecins ont identifié deux types de facteurs : des prédispositions génétiques et la consommation de stupéfiants (cannabis notamment). La prise en charge est totale (ALD) et combine médicaments (antipsychotiques, neuroleptiques) et suivi psychosocial.

L’autisme

Il existe en fait une grande variété de cas et on parle plutôt de « troubles du spectre autistique » (TSA). C’est un trouble qui ne se guérit pas et qui mêle génétique, développement cérébral et comportement. Une personne sur cent serait atteinte de TSA qui se manifestent par des troubles de la communication, des interactions sociales, du comportement et des intérêts. Les personnes atteintes de TSA peuvent l’être de manières très différentes et à des degrés variés : par exemple, le syndrome d’Asperger n’entraîne aucun déficit cognitif ou langagier alors que d’autres formes dites profondes sont marquées par un retard intellectuel et une incapacité à communiquer. La prise en charge privilégiée aujourd’hui est éducative et pédagogique.

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Les préjugés sur la santé mentale

Les médias et l’opinion propagent souvent l’image de malades mentaux dangereux (« fou », « déséquilibré », etc.) et selon les sondages, presque la moitié des Français pensent qu’un schizophrène est dangereux. Dans les faits, c’est faux : moins de 5 % des actes de violence sont commis par des personnes ayant des troubles mentaux. En revanche, les malades mentaux sont 7 à 17 fois plus susceptibles d’être victimes de violence1. Ils sont donc bien plus en danger qu’ils ne représentent un danger. Ces préjugés ont des conséquences réelles : isolement des personnes malades (alors que l’on sait que cela aggrave les troubles), discrimination à l’emploi et au logement, dévalorisation, réticences à demander de l’aide, etc.

Selon l’Association mondiale de psychiatrie, la France fait partie des pays du monde qui stigmatisent le plus la schizophrénie, notamment à cause du traitement médiatique, et cela est aussi valable pour les autres maladies mentales. Ainsi, selon une étude de 2015, 99 % des articles employant le mot « schizophrène » l’ont utilisé hors contexte médical et associé à des préjugés (violence, dédoublement de la personnalité, etc.). Le choix des mots est un outil important pour lutter contre la stigmatisation : contradictoire et hypocrite plutôt que schizophrène, introverti plutôt qu’autiste, lunatique plutôt que bipolaire.

Je retiens...

  • Les troubles mentaux recouvrent des pathologies nombreuses et variées. Les personnes qui en souffrent ont un état de santé général plus dégradé que la moyenne et une espérance de vie plus faible. Les jeunes et les femmes sont davantage touchés.
  • Les troubles bipolaires (1 million de personnes) sont diagnostiqués tardivement et peuvent être très invalidants (pour l’OMS, c’est un handicap).
  • La schizophrénie (600 000 personnes) est une ALD qui se manifeste par crises aiguës en plus de symptômes en continu. La souffrance psychique est très importante : presque un malade sur deux commet une tentative de suicide. Les schizophrènes souffrent également des préjugés et du rejet de la société.
  • Les troubles du spectre autistique concernent 1 % de la population mais les profils sont très variés : certaines formes d’autisme sont totalement compatibles avec une vie « normale » tandis que d’autres s’accompagnent d’un déficit intellectuel et de troubles de la communication très handicapants.

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