Les hypocalcémies

1200.png

Nous vous proposons de découvrir un extrait de l'ouvrage Les troubles hydro-électrolytiques faciles

Les troubles hydro-électrolytiques faciles

Définition

L’hypocalcémie est définie par une calcémie totale < 2,25 mmol/l. Seules les hypocalcémies ionisées ( ≤ 1,10 mmol/l) ont des conséquences cliniques.

Tableau 7.1 . Principaux facteurs infl uençant la calcémie.

Conséquences cliniques

Les conséquences cliniques de l’hypocalcémie s’observent essentiellement quand l’hypocalcémie est profonde et d’installation rapide. On peut alors observer :

  • asthénie ;
  • paresthésies péribuccales et des extrémités ;
  • crampes musculaires avec parfois signe de Trousseau (contraction des doigts en « main d’accoucheur ») ou signe de Chvostek (contraction faciale après percussion de la joue) ;
  • crise de tétanie avec spasme laryngé ;
  • voire convulsions.

Figure 7.4 . Rôles de la PTH et de la 1,25-(OH) 2 -vitamine D3 dans la régulation de la calcémie.

Ces signes sont majorés ou favorisés par une alcalose métabolique ou ventilatoire (hyperventilation).
L’hypocalcémie peut aggraver une insuffisance cardiaque.

Figure 7.5 . Rôle du récepteur sensible au calcium (CaSR).
L’ECG peut mettre en évidence :

  • un allongement de l’intervalle QT le plus souvent asymptomatique ;
  • parfois des ondes T amples et pointues ;
  • une bradycardie , voire un bloc auriculoventriculaire .

Examens utiles

Examens utiles devant une hypocalcémie selon le contexte clinique :

  • calcémie totale et albuminémie ;
  • calcémie ionisée ;
  • créatininémie ;
  • phosphatémie ;
  • magnésémie ;
  • PTH ;
  • 25-(OH)-vitamine D ;
  • 1,25-(OH) 2 -vitamine D3 ;
  • calciurie des 24 heures ;
  • ECG.
A lire aussi : RAC et ambulatoire : un même concept. Des différences ? La chirurgie ambulatoire correspond, selon la définition française, aux actes chirurgicaux réalisés dans le cadre d’une hospitalisation de moins de 12 heures [1]... En savoir plus

Étiologie

D’une manière schématique, les mécanismes de l’hypocalcémie résultent :

  • soit d’une augmentation des « pertes » de calcium hors du secteur vasculaire :
    - dépôts tissulaires ;
    - transferts osseux ;
    - pertes urinaires ;
    - chélation intravasculaire ;
  • soit d’une diminution des entrées plasmatiques de calcium :
    - malabsorption intestinale ;
    - diminution de la résorption osseuse.

Le tableau 7.2 résume les principales causes d’hypocalcémie et les signes biologiques associés.

Tableau 7.2 . Principales causes d’hypocalcémie. (Début)

Tableau 7.2 . Principales causes d’hypocalcémie

Tableau de synthèse

Les principales situations cliniques avec hypocalcémie sont résumées dans le tableau 7.3 . L’analyse de la calcémie, de la phosphatémie, de la PTH et de la 25-(OH)-vitamine D permet le plus souvent d’aboutir à un diagnostic.

Tableau 7.3 . Principales causes d’hypocalcémie et anomalies biologiques associées.

Traitement

Le traitement des hypocalcémies repose sur :

  • les apports de calcium per os (carbonate de calcium le plus souvent) : 500 mg à 1,5 g par jour ;
  • les apports de calcium par voie veineuse en cas d’hypocalcémie symptomatique :
    - gluconate de calcium : 1 ampoule contient 2,3 mmol de calcium-élément pour 10 ml ;
    - chlorure de calcium : 1 ampoule contient 4,5 mmol de calcium-élément pour 10 ml (apports plus importants et action plus rapide) ;
  • la correction d’une carence en vitamine D définie par un dosage de 25-(OH)- vitamine D < 30 ng/ml :
    - vitamine D2 (ergocalciférol , Stérogyl© ) ;
    - ou vitamine D3 (cholécalciférol , Uvedose© ) ;
  • l’apport de vitamine D hydroxylée (Un-Alfa© , Rocaltrol© ) :
    - en cas d’insuffisance rénale chronique et en l’absence d’hyperphosphatémie ;
    - en cas d’hypoparathyroïdie après thyroïdectomie totale ; si l’hypoparathyroïdie est réfractaire, on peut avoir recours à des injections de PTH recombinante ;
  • la correction d’une hypomagnésémie si besoin. Enfin, au cours des rhabdomyolyses, la correction d’une hypocalcémie doit être prudente car il existe souvent une hypercalcémie à la phase de récupération du fait de mobilisation des dépôts calciques intramusculaires.

© 2019 Elsevier Masson SAS

Vous venez de découvrir un extrait de l'ouvrage Les troubles hydro-électrolytiques faciles

Bruno Hurault de Ligny Professeur des universités, praticien hospitalier Centre universitaire des maladies rénales CHU de Caen
Marie-Noëlle Peraldi Professeur des universités, praticien hospitalier Hôpital Saint-Louis, Paris

Je découvre le livre

Pour consulter l'ensemble des articles dans cette spécialité

Share
Tweet
Share
Share