Les stars, miroirs des maladies modernes ?

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Julien Martinez Infirmier

Alors que le film « Queen » sort sur les écrans ce mercredi 31 octobre, narrant l’histoire de l’un des plus grands groupes de rock de tous les temps, j’ai décidé de vous parler des stars et de leurs maladies.

Car oui, aussi incroyable que cela puisse paraître, les stars aussi sont malades.


Freddie Mercury est mort le 24 novembre 1991, des suites d’une pneumonie. Il était séropositif, au stade du SIDA. Si les tabloïds anglais entretenaient depuis plusieurs années la rumeur à propos de son statut sérologique, le chanteur ne l’a révélé à son public que le 23 novembre 1991, soit 24 h seulement avant son décès. Même s’il était resté très discret sur sa bisexualité et sur sa maladie, il n’en reste pas moins que Freddie Mercury a contribué à rendre visible le VIH à travers les yeux de ses millions de fans. Il est mort jeune, brusquement, d’une maladie qui ne disait pas son nom par honte du regard de la société.


Si je prends l’exemple du chanteur de Queen en premier, ce n’est pas un hasard. Le SIDA a été un cataclysme social tel que la maladie a changé beaucoup de paradigmes sociaux, sanitaires et médicaux. Avant Freddie Mercury, d’autres stars en sont mortes : l'acteur américain Rock Hudson, le chanteur Klaus Nomi pour ne citer qu’eux, mais moins célèbres que Freddie.

Quand les stars sont malades, ce sont des marqueurs important à considérer dans la société : Freddie Mercury est mort du SIDA à une époque où la trithérapie n’existait pas et où  il n’y avait que l’AZT. L’image est forte.


Il est mort du VIH parce qu'il n’y avait pas de traitement. C’était ça la réalité de la maladie à l’époque. Des gens mourraient parce qu'il n’y avait pas d’alternative.


Quand, 24 ans plus tard, Charlie Sheen annonce sa séropositivité aux médias, l’enjeu n’est pas le même : il met en lumière la pénalisation des personnes séropositives. En effet, aux USA, quand on est VIH +, il vaut mieux le faire savoir car on peut être poursuivi en cas de contamination du partenaire si ce dernier n’a pas été informé. Quand Charlie Sheen parle de sa maladie, il s’exonère d’abord d’une éventuelle procédure pénale. Et son acte dénonce surtout la difficulté pour les personnes séropositives de vivre une vie affective et sentimentale sans le risque de se retrouver un jour devant les tribunaux.

Quand une star éternue, c’est le monde qui se mouche. Malade d’un cancer du larynx, l’ancien président du Brésil, Lula, a fait monter le nombre de mots clés sur le sujet sur les moteurs de recherche suite à l’annonce de sa maladie en 2011.

Quand, en 2013, Angelina Jolie explique devoir subir une double mastectomie en raison du risque trop élevé de cancer du sein qui la menace, c’est 1300 femmes qui se présentent à l’agence de lutte contre le cancer au Canada (soit 60% en plus par rapport à l’année précédente) pour savoir si elles sont porteuses des gènes BRCA1 et BRCA 2.

Plus récemment, c’est Lady Gaga qui en 2017 décidait de mettre en lumière sa pathologie, la fibromyalgie. Maladie encore mal connue, elle n’a eu de cesse de se battre contre ceux qui pensaient qu’elle simulait ou que sa douleur n’existait pas vraiment; et ça fonctionne : les journaux people et grand public en parlent, et rendent la fibromyalgie  un peu plus visible.

On pourrait parler du lupus et de la greffe rénale de Selena Gomez, ou de la dépression qui a conduit au suicide Robin Williams. On pourrait aussi analyser ce qui a poussé l’un des génies de notre temps, Steeve Jobs, à ne soigner son cancer que par des thérapies alternatives complètement inefficaces, le conduisant ainsi à une mort certaine.

Bref, si les maladies des célébrités sont les mêmes que les nôtres, pauvre masse anonyme que nous sommes, n’oublions pas d’y voir certains des maux actuels qui font souffrir notre société.



Je vous laisse, je vais aller m’acheter des places pour le concert de Michael Jackson

Comment ça ce n’est plus possible ? Bon, Prince alors…

Comment ça non plus ?

Vous vous souvenez ?

MJ : décès dû au propofol, et Prince dû au Fentanyl. Le King of Pop est mort en 2009, juste avant le début de la crise des opiacés aux Etats-Unis, le Kid de Minneapolis, lui, est parti en plein cœur de la tempête du Fentanyl.

Doit-on y voir un signe de notre temps ?

N’oubliez pas que corrélation n’est pas causalité.

  • Julien

31 ans, IDE - Master II en gestion et management

créateur du site www.thérapeutiqueactive.wordpress.com - Twitter @Martinez_J_

Toujours là pour t’agaçer, mais jamais pour penser à ta place 😉

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