Pathologies des muqueuses buccales et péribuccales

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Nous vous proposons de découvrir un extrait de l'ouvrage La bouche de l'enfant et de l'adolescent

Collection Pεdia

Principales lésions blanches de l’enfant

Lésions blanches non ou discrètement kératosiques

  • Candidoses oro-pharyngées :
    – les candidoses oro-pharyngées sont dues le plus souvent au Candida albicans ;
    – les candidoses sont des infections opportunistes favorisées par la prise de corticostéroïdes, d’immunodépresseur et/ou d’antibiotiques ( voir Figure 7.4 ) ;

  • – elles peuvent survenir dès la première semaine et en général pendant la première année chez le nourrisson, en raison d’une immaturité du système immunitaire ;
    – elles se manifestent par un enduit pseudomembraneux blanc laiteux, crémeux, appelé muguet. Cet enduit peut être décollé de la muqueuse et laisser place à un érythème ;
    – le muguet est le plus souvent asymptomatique, mais il peut entraîner des brûlures ;
    – il peut être transmis au mamelon de la mère allaitante et être responsable de douleurs pendant la tétée ; – le risque de dissémination systémique est faible. Il concerne surtout les bébés prématurés ou immunodéprimés ;
    – le traitement repose sur des antifongiques topiques (amphotéricine B, miconazole) en première intention.
  • Maladie de Heck (hyperplasie épithéliale focale) :
    – affection tumorale bénigne due à Human Papilloma Virus 13 ou 32 ;
    – touche exclusivement les enfants et les adultes jeunes, parfois dans un contexte d’immunodépression ;
    – souvent plusieurs cas dans une même famille ; – présence de nombreuses papules blanchâtres ( voir Figure 7.5 ).
  • Figure 7.5 . Maladie de Heck.
    – aucun traitement n’est préconisé car les lésions régressent spontanément.

  • A lire aussi dans la même collection : Cancérologie de l'enfant. Particularités de la prise en charge de l’adolescent - Traitement et prise en charge.. En savoir plus
  • Perles d’Epstein (nodules de Bohn) :
    – Il s’agit de kystes épithéliaux présents chez 60% des nourrissons ;
    – papules blanchâtres de la gencive et du palais ( voir Figure 7.6 ) ;

Figure 7.6. Perles d’Epstein du palais.

– involution au cours de la première année.

  • White sponge naevus :
    – transmission autosomique dominante ;
    – anomalie des gènes codant pour les cytokératines 4 et 13 ;
    – lésions blanchâtres bilatérales, souvent découvertes à l’adolescence ( voir Figure 7.7 ) ;
    – rechercher lésions chez membres de la famille ;
    – aucun traitement n’est préconisé.

Figure 7.7 . White sponge naevus (A, B).

  • Signe de Köplik :
    – papules blanchâtres ou bleuâtres de la joue siégeant sur une muqueuse érythémateuse ( voir Figure 7.8 ) ;
    – signe pathognomonique de la phase prodromique de la rougeole avant l’éruption ;
    – survient dans un contexte de fièvre et de catarrhe oculo-respiratoire
A lire aussi dans la même collection : Hépatologie de l'enfant. Conduite à tenir devant un gros foie. Points clés-On parle d’une hépatomégalie quand le foie est perçu à plus de 2 cm sous le rebord costal chez l’enfant et 3,5 cm chez le nouveau-né.. En savoir plus

Lésions blanches kératosiques

  • Lichen plan buccal idiopathique :
    – il s’agit d’une dermatose auto-infl ammatoire fréquente chez l’adulte et rare chez l’enfant ;
    – il se caractérise par des lésions kératinisées formant un réseau localisé préférentiellement sur les joues ( voir Figure 7.9 ), mais les autres muqueuses buccales peuvent être atteintes ( voir Figure 7.10 ) ;
    – les formes plus inflammatoires s’accompagnent d’érythème, érosion, ulcération ( voir Figure 7.11 ) ;
    – les formes anciennes prennent un aspect leucoplasiforme ou laissent place à une muqueuse atrophique ; – une pigmentation peut accompagner les lésions de lichen plan ;
    – une biopsie peut s’avérer nécessaire pour poser le diagnostic anatomopathologique ;
    – le traitement repose en première intention sur la corticothérapie locale.
  • Réactions lichénoïdes :
    – il s’agit d’un lichen induit par des médicaments, un traumatisme chronique ou une maladie générale ;
    – chez l’enfant, on observe essentiellement des réactions lichénoïdes associées à la maladie de greffon contre l’hôte ( voir Figure 7.12 ) ou au syndrome polyendocrinopathique auto-immune de type 1 (APECED) ( voir Figure 7.13 ) ;
    – le risque de dégénérescence des lésions lichénoïdes dans le syndrome APECED est à considérer chez l’adulte jeune ;
    – le traitement des lésions lichénoïdes repose sur la suppression de la cause et sur la corticothérapie topique.
  • Dyskératose congénitale :
    - dysplasie ectodermique rare ;
    - trois tissus sont touchés en priorité : la peau (hyperpigmentation), la cavité buccale (kératose souvent associée à ulcération) et les ongles (dysplasie) ( voir Figure 7.14 ) ;
    - associée à un risque d’insuffisance médullaire et de cancer.
  • Pachyonychie congénitale :
    – génodermatose rare ;
    – elle associe une kératodermie palmoplantaire douloureuse, une hyperkératose de la muqueuse buccale et un épaississement unguéal.

© 2019, Elsevier Masson SAS

Vous venez de découvrir un extrait de l'ouvrage La bouche de l'enfant et de l'adolescent

Ouvrage collectif coordonné par
Brigitte Alliot-Licht Professeur des universités, praticien hospitalier, odontologiste pédiatrique, CHU de Nantes
Béatrice Thivichon-Prince Maître de conférences, praticien hospitalier odontologiste pédiatrique CHU de Lyon
1e édition

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