Les chiens renifleurs: un espoir pour favoriser le dépistage précoce du cancer

Une équipe pluridisciplinaire de soignants, chercheurs et experts cynophiles s’est engagée dans une aventure originale au service du dépistage précoce du cancer du sein.
Non invasive et peu coûteuse, la méthode retenue dans le cadre de ce programme de recherche clinique baptisé Kdog s’appuie sur l’odorat particulièrement développé de chiens éduqués pour détecter la présence de cellules infectées par le cancer.

D’autres études de ce type ont déjà été menées aux États-Unis, notamment pour détecter les cancers de la prostate ; elles se sont révélées positives.

Projet Kdog
Ce projet de recherche clinique est née des travaux d’Isabelle Fromantin, infi rmière PhD spécialisée dans les plaies et cicatrisations à l’Institut Curie de Paris (centre de lutte contre le cancer), en équipe avec des médecins de l’établissement et des chercheurs de l’École supérieure de physique et de chimie industrielle de Paris.

Partant du principe que les tumeurs cancéreuses dégagent des composantes olfactives volatiles, ces chercheurs ont imaginé proposer à des femmes de glisser un tissus particulier pendant quelques heures sur leurs seins.
Adressées sous enveloppe à une structure spécialisée, ces tissus seront reniflés par un chien entraîné à la reconnaissance olfactive de cellules cancéreuses.

Le lancement de ce programme de recherche clinique vise à valider le caractère scientifique de ce principe de dépistage précoce, simple à réaliser et peu coûteux. Cette méthode ouvrirait de nouvelles perspectives, notamment pour les pays à faibles ressources.

Thor et ses amis
Pour lancer leur projet, les chercheurs ont besoin de lever des fonds : 80 000 euros, pour financer l’acquisition de deux chiens tout spécialement éduqués auprès des experts cynophiles des douanes. Thor, un malinois de 17 mois, va rejoindre l’aventure et se préparer à ses futures fonctions. Il présente de bonnes capacités d’apprentissage et de concentration.

Son apprentissage de près de six mois lui permettra d’acquérir la mémorisation olfactive primaire des échantillons et de la développer jusqu’à un seuil très faible de détection des cellules cancéreuses. Porteur d’espoir, Thor sera le premier chien renifleur de tumeurs en France.

Auteure : Sylvie Warnet
www.kdog.fr

Article visible sur le numéro 221 de La revue de l’infirmière de Mai 2016.

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