Méthode de KABAT-7

Définition

Nommée en France Facilitation Neuromusculaire par la Proprioception (Proprioceptive neuromuscular facilitation, ou PNF) par Viel, il s’agit d’une méthode basée sur les notions d’inhibition réciproque et d’irradiation (phénomène déclenché par la résistance opposée à la contraction d’un muscle ayant comme conséquence la contraction d’autres muscles). Cette méthode utilise les informations sensitives d’origine superficielle (tactile) et d’origine profonde (proprioceptive et arthro-kinétique) pour l’excitation du système nerveux qui à son tour fait réagir la musculature et redonne au sujet la sensation du mouvement.

Cette méthode fait partie de l’ensemble des méthodes regroupées sous le vocable de reprogrammation sensorimotrice. Elle permet d’obtenir le renforcement de la contraction musculaire grâce à l’utilisation des mécanismes de facilitation. Elle fait intervenir à la fois la motricité réflexe, automatique et volontaire. Il s’agit d’une méthode de renforcement musculaire actif contre résistance manuelle réalisée suivant un schéma moteur tridimensionnel.

Principe

Technique facilitant l’apparition d’activités motrices coordonnées et organisées en réponse à une sollicitation du système nerveux au moyen de stimuli extéroceptifs et proprioceptifs, le PNF consiste à faire réaliser au patient des mouvements en spirales appelés diagonales (fig. 9.10 et 9.11).

Chaque diagonale est organisée suivant un schéma tridimensionnel, une direction et une vitesse d’exécution. Il existe deux diagonales pour chaque membre, pour la tête et pour le tronc. Chaque diagonale comprend deux dessins cinétiques organisés suivant des directions spécifiques opposées organisés suivant trois composantes (abduction/adduction – extension/flexion – rotation médiale/rotation latérale). Les muscles mis en jeu au cours d’un dessin cinétique font partie d’un ensemble de muscles synergiques au cours de gestes usuels. La rotation est la composante essentielle.

Les mouvements sont construits autour d’articulations pivots (pivot principal, pivot intermédiaire, pivot proximal et pivot distal). Une résistance manuelle est appliquée au mouvement pour recruter plus ou moins la contraction des muscles synergiques d’un même dessin cinétique.

Réalisation

Les techniques de facilitation

Le placement approprié des mains du rééducateur sur le membre du patient, les stimulations manuelles en coaptation et en décoaptation sont à l’origine d’informations extéroceptives et proprioceptives propices à l’exécution correcte du mouvement recherché. La traction sur le membre, par un phénomène de stretch reflex, favorise la contraction musculaire permettant une réaction de contraction dans les muscles déficitaires. Cette facilitation est plus efficace si les stimuli d’étirement sont répétés (par un effet de sommation temporelle) et synchronisés à l’effort de contraction volontaire du patient. Le rééducateur encourage le patient à participer fortement à la réalisation du mouvement en l’incitant par des ordres clairs et précis comme « tirez », « poussez » ou « tenez ». Le ton de la voix influe sur l’intensité de la participation du patient. Il est encouragé à suivre le mouvement des yeux (cf. fig. 8.7 à 8.14).

La résistance opposée au mouvement est augmentée graduellement pour atteindre son maximum à la fin du mouvement. Elle est appliquée avec suffisamment de force pour obtenir le recrutement musculaire sans pour autant entraver la réalisation du mouvement volontaire dans toute son amplitude (excepté pour les stabilisations rythmiques). Cette opposition contrôlée au mouvement permet de recruter un grand nombre d’unités motrices par un phénomène de sommation spatiale. L’augmentation de la résistance provoque un phénomène d’over flow qui se manifeste par une irradiation (un débordement de contraction) qui gagne de proche en proche l’ensemble des muscles synergiques du dessin cinétique. Les muscles forts permettent d’irradier vers les muscles faibles.

Les manières de pratiquer sont multiples. Il est possible de réaliser :

  • le schéma de base : la diagonale est pratiquée autour du de l’articulation proximale du membre utilisée comme pivot. L’articulation intermédiaire du membre est maintenue fixée en extension (coude ou genou tendu) ;
  • le schéma brisé : l’articulation intermédiaire se plie ou se déplie au cours du mouvement cinétique ;
  • le pivot d’insistance : une seule articulation du membre est mobilisée de manière répétitive dans le même schéma cinétique ;
  • les stabilisations rythmiques : une résistance maximale est opposée alternativement à chacun des deux dessins cinétiques d’une même diagonale empêchant tout déplacement du membre. Cette manière de procéder favorise l’équilibre tonique entre muscles agonistes et antagonistes d’une même articulation.

Il est également possible de faire solliciter simultanément les deux membres de manière symétrique, asymétrique.

Les activités motrices globales

La méthode de Kabat peut être appliquée aux activités corporelles globales. Des résistances appliquées judicieusement permettent de faciliter et stabiliser les retournements et déplacements au tapis, les différents temps de la séquence de redressement, la station debout et la marche.

Les techniques de relâchement musculaire associé à Kabat

Le tenu relâché

Lors du tenu-relâché, le membre est porté à l’amplitude maximale par une mobilisation passive, les muscles antagonistes sont alors contractés de manière isométrique (contraction musculaire sans raccourcissement). Après un temps de relâchement, l’allongement passif est poursuivi jusqu’à atteindre la nouvelle amplitude maximale.

Le contracté relâché

Lorsque le membre est porté à l’amplitude maximale par une mobilisation passive, les muscles sont contractés de manière isotonique (le muscle se raccourcit, la résistance opposée à la contraction musculaire reste constante). Après un temps de relâchement, l’allongement passif est poursuivi jusqu’à atteindre la nouvelle amplitude maximale.

La méthode de Kabat est plus particulièrement utilisée dans les syndromes neurologiques avec déficit. Elle demande un certain degré d’habileté de la part du kinésithérapeute. S’il maîtrise la technique, il possède avec la méthode de Kabat un outil de reprogrammation neuro-musculaire particulièrement efficace.

Auteurs

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Références

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Vous venez de lire la Méthode de Kabat, extrait du Tome 1  du Masso- kinésithérapie et thérapie manuelle pratiques – Sous la direction de Michel Dufour.

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