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Orthodontie : Contention

20 octobre 2022

Par Anne Claire Nonnotte

Orthodontie de l'enfant et du jeune adulte

Contention

Cédric Bazert, Marie Medio

Définition

La contention débute après le traitement actif, elle correspond à la phase terminale du traitement d'orthodontie.

Ses objectifs sont :

  • maintenir les dents dans une position esthétique et fonctionnelle idéale ;

  • maintenir ou parfaire les résultats obtenus;

  • éviter les récidives des malocclusions corrigées.

Récidive

La récidive est l'apparition après le traitement orthodontique de malpositions dentaires ou de malocclusions similaires à celles ayant motivé le traitement mais pouvant aussi être de nature différente.

Facteurs de récidive

Les principaux facteurs de récidive sont :

  • la croissance résiduelle des mâchoires, notamment de la mandibule. Cette dernière, achevée plus tardivement que celle du maxillaire (voir figure 2.16B) favorise, lorsqu'elle s'accompagne d'une rotation antérieure (la plus fréquente), une supraclusion incisive et une diminution de la largeur intercanine. Le point de contact interincisif est alors plus gingival, le périmètre d'arcade plus étroit facilitant l'apparition d'un encombrement. Dans les cas de rotation postérieure, une linguoversion incisive peut apparaître engendrant aussi un encombrement;

  • le facteur musculaire : après la dépose de l'appareil orthodontique, les dents ne sont plus maintenues et subissent les pressions des tissus mous. L'équilibre des postures céphalique, labiale, linguale et mandibulaire est ainsi indispensable pour maintenir la forme d'arcade obtenue ;

  • le facteur parodontal : la plupart des fibres du desmodonte au niveau apical et moyen se réorganisent en 3–4 mois sous l'influence de la mastication mais cela peut être plus lent  (1  an, voire plus) pour les fibres supracrestales, très élastiques et principales responsables de la récidive immédiate. L'élasticité de la gencive compressée peut aussi être impliquée dans la récidive de rotation ou dans la réouverture d'espaces fermés. Par ailleurs, le support parodontal s'affaiblit avec l'âge et sa participation au maintien des mouvements réalisés s'atténue ;

  • le facteur dentaire : la qualité de l'occlusion finale, des points de contact, la morphologie dentaire (dysharmonie dentodentaire, morphologie coronaire et radiculaire…) ont une influence sur la stabilité des traitements.

Figure 2.16 Courbes de croissance selon Bjork

Vieillissement des arcades

Il participe à l'instabilité du résultat orthodontique et s'exprime dès l'adolescence, de manière assez rapide jusqu'à 25 ans, puis plus lentement. Il se caractérise par une réduction de la distance intercanine mais une augmentation de la distance intermolaire, et une diminution de la longueur et de la profondeur d'arcade. Le périmètre d'arcade diminue donc, favorisant l'instabilité des positions dentaires obtenues. Les principales caractéristiques du vieillissement des arcades sont :

  • la croissance résiduelle mandibulaire, évoquée en tant que facteur de récidive ;

  • la dérive centripète des arcades : il s'agit d'un déplacement lent et progressif des dents vers le centre des arcades.

Elle est favorisée par : – la composante antérieure des forces occlusales. Elle se manifeste d'autant plus que les contacts dentaires sont serrés et contribue à une mésialisation des secteurs postérieurs, – les éruptions des deuxièmes puis des troisièmes molaires, qui participent à l'augmentation des forces de mésialisation de l'arcade dentaire, – l'abaissement et le recul des lèvres. La modification de l'appui des lèvres sur les incisives favorise une linguoversion et l'augmentation du recouvrement, le contact interincisif recule et migre en gingival, – la diminution de l'attrition dentaire compensatoire.

Tous ces éléments concourent à une augmentation de l'encombrement au cours du vieillissement

La contention est-elle toujours nécessaire?

Contention avec dispositif

Les facteurs de récidive et de vieillissement évoqués précédemment rendent bien souvent nécessaire la mise en place d'un appareil de contention. La contention paraît indispensable :

  • quand ont été réalisés : – un nivellement avec expansion, – une fermeture d'espace de grande amplitude, – la correction de sévères rotations dentaires ou malpositions;

  • chez les patients présentant : – des problèmes parodontaux, – une classe III héréditaire, – une fente labio-alvéolo-palatine, – une fin de traitement précoce avec une croissance résiduelle post-thérapeutique.

Contention naturelle

Certains auteurs préconisent l'absence de contention ou la contention naturelle pour faciliter l'adaptation post-thérapeutique du système stomatognathique, surtout si l'origine de la dysmorphie est fonctionnelle ou si une surcorrection a été réalisée [1]. Néanmoins, la contention naturelle est réservée à certains cas particuliers présentant initialement :

  • une occlusion antérieure inversée localisée à une dent, d'autant plus favorable que le recouvrement incisif est correct;

  • une occlusion latérale inversée avec torque favorable ;

  • une proalvéolie inférieure avec occlusion inversée, associée à une rééducation de la posture linguale ;

  • une infraclusion incisive fonctionnelle dont l'étiologie est supprimée ;

  • une dent incluse.

Quand mettre en place la contention?

  • Dès la dépose de l'appareil actif : ce choix est adapté surtout aux contentions fixes, la qualité de la fin de traitement est alors primordiale. Il permet d'éviter la récidive histologique qui débute dès la dépose de l'appareil orthodontique.

  • 3–4 jours, maximum 1 semaine après la dépose de l'appareil : ce choix laisse un peu de temps pour l'établissement d'une occlusion plus fonctionnelle, et de meilleures conditions de collage pour une contention fixe. Le risque est de laisser s'exprimer une récidive partielle et de ne pouvoir la corriger complètement [2].

Quel type de contention?

Elle peut être «active» et a pour objectifs :

  • la fermeture de petits espaces résiduels;

  • l'amélioration de l'intercuspidation ;

  • le maintien de la correction du décalage antéropostérieur;

  • la correction de la malocclusion d'une dent non incorporée dans le dispositif actif : par exemple, une deuxième molaire maxillaire évoluant en vestibuloposition ;

  • la correction d'anomalies mineures non traitées pendant la période active. Elle peut être «passive» et a pour rôle de :

  • maintenir l'alignement des incisives–canines inférieures dans l'attente de la fin de croissance et de l'évolution des dents de sagesse ;

  • éviter une récidive de supraclusion ou d'infraclusion ;

  • conserver une expansion maxillaire ;

  • limiter les mouvements de migration secondaires. La qualité de l'occlusion de fin de traitement est déjà une première contention. Nous devons ainsi avoir pour objectifs :

  • des contacts francs interarcades cuspide/fosse ou embrasure. Le blocage occlusal est alors d'autant plus marqué que l'engrènement est profond (cuspides hautes) et les antagonistes stables;

  • des largeurs et formes d'arcades coordonnées, la distance intercanine mandibulaire devant être peu modifiée ;

  • une position des incisives proche de celle de départ pour une plus grande stabilité [3];

  • des relations molaires de qualité. Cela a un effet positif sur le maintien de l'alignement incisif maxillaire et sur la contention de la correction du décalage antéropostérieur ;

  • le parallélisme des axes dentaires (évite une réouverture d'espaces);

  • l'obtention d'un glissement relation centrée (RC)–position d'intercuspidation maximum (PIM) de faible amplitude et dans le plan sagittal médian ;

  • une symétrie fonctionnelle, notamment pendant la mastication ;

  • la possibilité de mouvements d'excursion mandibulaire libres et fréquents (déverrouillage), tant en latéralité qu'en propulsion.

Vous venez de lire un extrait de l'ouvrage  Orthodontie de l'enfant et du jeune adulte de Marie-José Boileau Professeur des universités, praticien hospitalier en Orthopédie dento-faciale, UFR des Sciences odontologiques Université de Bordeaux, spécialiste qualifiée en orthodontie, coordonnatrice nationale du DES d'ODF.

Les auteurs de cet extrait

Cédric Bazert, maître de conférences–praticien hospitalier en Orthopédie  dento-faciale,  UFR  des  Sciences  odontologiques  de l'université de Bordeaux Marie Medio, ancienne assistante hospitalo-universitaire en Orthopédie dento faciale, UFR des Sciences  odontologiques de l'université de Bordeaux, spécialiste qualifiée en Orthopédie dento-faciale

Orthodontie de l'enfant et du jeune adulte de Marie-José Boileau. © 2022 Elsevier Masson SAS

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Références

[1] Le Gall M. Rapport de la récidive. Orthod Fr 1999 ;70:15–137. [2] Philippe J. La récidive et la contention post-orthodontiques. Paris : éditions SID; 2000. [3] Blake M, Bibby K. Retention and stability : a review of the literature. Am J Orthod Dentofacial Orthop 1998 ; 114:299–306.