Bilan de céphalées chroniques chez une femme de 37 ans

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Nous vous proposons de découvrir un extrait de l'ouvrage Cas cliniques en imagerie : endocrinologie

Cas cliniques en imagerie : endocrinologie

Jean-François Bonneville
Professeur invité, services d'endocrinologie et d'imagerie médicale, CHU Sart Tilman, Liège, Belgique.
Najla Mnif
Professeur en imagerie médicale, faculté de médecine de Tunis, université Tunis El Manar, Tunis – Tunisie.
Sonia Nagi
Professeur en imagerie médicale, service de neuroradiologie, institut de neurologie de Tunis, faculté de médecine de Tunis, université Tunis El Manar, Tunis - Tunisie.

Présentation du cas

Description du cas clinique

Bilan de céphalées chroniques chez une femme de 37 ans.

Fig 17.1 a–d IRM de la région hypothalamohypophysaire en coupes sagittale T1 (a), coronale T2 (b), axiale T1 Fat Sat (c) et axiale T1 après gadolinium (d).

Questions

  • Quel est votre diagnostic ?
  • Quelle prise en charge proposez-vous ?

Interprétation

  • Il existe une lésion bien arrondie, d'allure kystique, fortement hyperintense en T2, paramédiane gauche (Fig 17.2). Elle n'entraîne pratiquement pas d'effet de masse, ni sur le diaphragme sellaire, ni sur le plancher, ni sur le lobe postérieur (flèche en c). Elle n'est pas rehaussée par le produit de contraste. La présence d'une image intrakystique punctiforme hypointense en T2 (flèche en b) signe le diagnostic de kyste de la poche de Rathke.

Fig 17.2 a–d IRM de la région hypothalamohypophysaire en coupes sagittale T1 (a), coronale T2 (b), axiale T1 Fat Sat (c) et axiale T1 après gadolinium (d).

Diagnostic

  • Kyste de la poche de Rathke intrasellaire. Le diagnostic est formel : cette lésion n'est pas symptomatique. La recherche d'un déficit ou d'une hypersécrétion hypophysaire est inutile.

Commentaires

  • La plupart des kystes de la poche de Rathke sont situés strictement sur la ligne médiane et cet élément est essentiel pour asseoir le diagnostic. Cependant, le kyste peut être, comme ici, latéralisé ; dans ces cas, l'observation d'un nodule hyperprotéique hypointense en T2 est fort utile. D'autre part, le kyste de la poche de Rathke entraîne moins d'effet de masse qu'un adénome hypophysaire. L'évolution de ces kystes est imprévisible : ils peuvent rester quiescents, régresser ou augmenter de volume. Ils peuvent également se compliquer, par exemple d'une hémorragie ou d'une rupture, et devenir symptomatiques. Lorsque le diagnostic est formel, on peut envisager un suivi assez lâche, bien sûr en l'absence de symptômes : par exemple, un contrôle à un an puis à trois ans. Un protocole IRM allégé sans gadolinium est suffisant pour démontrer une éventuelle modification du volume du kyste.
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Pour aller plus loin

Byun WM, Kim OL. Kim D. MR imaging findings of Rathke's cleft cysts: significance of intracystic nodules. AJNR Am J Neuroradiol 2000;21(3):485–8.
Trifanescu R, Ansorge O, Wass JA, Grossman AB, Karavitaki N. Rathke's cleft cysts. Clin Endocrinol (Oxf) 2012;76(2):151–60.

© 2020, Elsevier Masson SAS

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