Dyspnée aiguë: une fiche de soins infirmiers

Objectifs

Déterminer l’origine, en particulier cardiaque ou pulmonaire.

Oxygénothérapie afin d’assurer une SpO2 supérieure à 92 %, en privilégiant les lunettes.

Traitement étiologique rapide car risque d’épuisement.


Définition

La dyspnée se définit par la sensation consciente de difficulté respiratoire, qui résulte d’un désaccord entre la demande ventilatoire et la possibilité mécanique du système thoracoabdominal.

Étiologies

1. Elles sont différentes des patients jeunes.

2. La prévalence des pathologies cardiaques et respiratoires est élevée et elles sont souvent intriquées.

3. Le recueil des antécédents, des différentes ordonnances et des comptes-rendus d’examens ou d’hospitalisation est primordial.

4. On retrouve comme principales étiologies et facteurs de risque:

  • insuffisance cardiaque (OAP)
  • infection (bronchite, pneumopathie, pleurésie)
  • troubles de la déglutition ou fausse route (pneumopathie d’inhalation, obstruction des voies aériennes par un corps étranger)
  • décompensation aiguë d’une pathologie chronique (bronchopneumopathie chronique obstructive [BPCO], cancer pulmonaire, etc.)
  • alitement prolongé, chirurgie récente (embolie pulmonaire)
  • autres causes: anémie, morphine, diabète, intoxication au monoxyde de carbone (CO) ou aux fumées, pneumothorax, etc.
A savoir :
La prise en charge doit être particulièrement rapide chez le sujet âgé du fait des modifications physiologiques du vieillissement pulmonaire et/ou d’un terrain polypathologique qui peuvent entraîner un épuisement.

À l’accueil des urgences

PA, pouls, température, SpO2, fréquence respiratoire +++ et débit expiratoire de pointe (DEP) si le patient est asthmatique.

1. Signes de gravité à rechercher:

  • SpO2 inférieure à 88%
  • fréquence respiratoire supérieure à 30/min ou inférieure à 10/min
  • pouls supérieur à 120 bpm
  • PAS inférieure à 80 mmHg
  • marbrures
  • cyanose
  • polypnée
  • sueurs
  • tirage
  • troubles de la conscience
  • agitation
  • flapping
  • impose: déchocage, monitorage, oxygénothérapie pour assurer une saturation supérieure à 92%.

2. Signes associés:

  • toux
  • expectorations sales
  • hémoptysie
  • confusion
  • douleur thoracique
  • fièvre
  • dyspnée d’effort ou de repos
  • nocturne ou de décubitus

Premiers gestes

  • Libérer les VAS +++ (penser entre autres à ôter les éventuelles prothèses dentaires).
  • Position demi assise.
  • Mettre le patient sous oxygène immédiatement si signes de gravité au masque à haute concentration ou aux lunettes (si < 6 l/min)
  • Attention : si patient BPCO, ne pas mettre un débit supérieur à 2 l/min !
  • Aspirations trachéales si besoin.
A savoir :

Que faire en cas d’obstruction des voies aériennes par un corps étranger?
Le patient ne respire plus, c’est-à-dire que le corps étranger obstrue totalement les voies aériennes  (attention, si le patient tousse, c’est qu’il respire !), mettre en place les manœuvres suivantes:
* commencer par cinq claques vigoureuses avec le plat de la main entre les omoplates
* si cela ne suffit pas, effectuer la manœuvre de Heimlich (le patient est laissé dans la position où il se trouve, debout ou allongé, le soignant effectue des compressions abdominales afin de permettre la libération des voies aériennes) (Fig. 77.1)
*arrêter toutes les manœuvres si désobstruction (expulsion du corps étranger, toux, reprise de la respiration).
  • Bilan sanguin et examens complémentaires en fonction de l’étiologie suspectée:
  • – réaliser un ECG
    – poser une voie d’abord et faire le bilan sanguin (numération formule sanguine [NFS], hémostase, ionogramme, peptide natriurétique de type B [BNP], hémocultures, gaz du sang, etc.) en fonction des prescriptions médicales
    – examen cytobactériologique des crachats (ECBC) si crachats sales ou hémoptoïques
    – radiographie pulmonaire
    – scanner thoracique, angioscanner, etc.

Figure 77.1. Manœuvre de Heimlich. 
Dessin : Carole Fumat.

Traitement

1. Symptomatique:

  • oxygénothérapie
  • antipyrétique
  • antalgique
  • ventilation non invasive (VNI)
  • intubation et ventilation mécanique

2. Étiologique:

  • antibiothérapie
  • diurétique
  • dérivés nitrés
  • anticoagulant
  • corticoïdes
  • aérosols de B2 mimétiques

Surveillance

  • Clinique : rechercher l’amélioration ou la détérioration des signes cliniques,en particulier des signes de gravité (trouble de la conscience ++).
  • Paramètres vitaux (fréquence respiratoire ++).
  • Transmission.

© 2017, Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

Vous venez de lire la fiche 77 Dyspnée aiguë de l’ouvrage Fiches de soins infirmiers en gériatrie et gérontologie

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