Les fiches Santé publique du CUESP

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Interprétation d'une enquête épidémiologique

ITEM 20

S. Bastuji-Garin, L. Dauchet, F. Richard

Objectifs pédagogiques

– Discuter et interpréter les résultats des principaux types d'enquêtes épidémiologiques.
– Les enquêtes épidémiologiques permettent l'étude de la fréquence et des déterminants des maladies et comportement de santé. Elles permettent de répondre à trois objectifs :
- décrire l'état de santé de la population et de ses déterminants potentiels (épidémiologie descriptive) ;
- analyser les déterminants de santé (épidémiologie analytique) ;
- évaluer des interventions en santé (épidémiologie interventionnelle).

1. Types d'étude

Les principaux types d'études sont présentés dans la figure 4.1.

Fig. 4.1. Les principaux types d'enquêtes épidémiologiques.

épidémiologie


2. Estimation des risques

Elle repose à la fois sur des mesures d'association et des mesures d'impact.

2.1. Mesures d'association


Elles sont résumées dans le tableau 4.1.

Tableau 4.1. Mesures d'association.

santé publique ecni cohortes
Un OR ou un RR se présente toujours avec son intervalle de confiance à 95 % (IC95 %). Cela permet d'avoir une idée de la précision de l'estimation et de conclure si l'association est significative ou non (tableau 4.2).

Tableau 4.2. Interprétation du risque relatif et de l'odds ratio1.

fiches santé publique résultats enquete 1. L'estimation ponctuelle du risque relatif (RR) et de l'odds ratio (OR) mesure la force de l'association entre une exposition et une maladie.

2.2. Mesures d'impact

Le risque attribuable ou la fraction de risque attribuable estime la proportion de cas imputables au facteur. La fraction étiologique estime la proportion de cas attribuables au facteur parmi les sujets exposés.


2.3. Sources d'erreur dans l'interprétation des résultats des études épidémiologiques

  • L'erreur aléatoire résulte des fluctuations d'échantillonnage (le hasard). Ces erreurs sont « prises » en compte dans la présentation des résultats (p, IC95 %).
  • Les biais sont des erreurs systématiques (non liées au hasard) et qui se surajoutent aux erreurs aléatoires. Il existe trois principaux types de biais en épidémiologie :
    • les biais de sélection sont dus au mode de constitution de l'échantillon ou au suivi des sujets. Dans les études descriptives, ces biais engendrent l'absence de la représentativité de la population analysée ;
    • les biais de classement (biais de mesure ou biais d'information) sont secondaires à une erreur dans la mesure de l'exposition ou de la maladie. Ce biais peut être non différentiel, ce qui tend à sous-estimer la force de l'association ; ou différentiel, ce qui peut conduire à une sous- ou une surestimation de la force de l'association ;
    • un facteur de confusion est un facteur lié à la fois à la maladie et à l'exposition étudiées. On peut réduire ce biais en utilisant une méthode d'appariement ou des méthodes d'analyses multivariées (ajustement) ou stratifiées.

2.4. Causalité dans les études observationnelles


La causalité d'une association significative entre une exposition et une maladie d'une étude observationnelle sera d'autant plus probable que plusieurs des critères définis par Austin Bradford Hill seront réunis.
Ces critères sont : la séquence dans le temps (l'exposition précède l'événement), une force de l'association importante, la spécificité de la relation, l'existence d'une relation dose-effet, la cohérence interne (méthodologie et prise en compte des biais), la constance de l'association, la plausibilité biologique, la reproductibilité des résultats, l'existence de preuves expérimentales, l'analogie avec d'autres associations.

Questions isolées

QI 1
Des auteurs se sont intéressés à la relation entre consommation d'antibiotiques et risque de cancer colorectal. À cette fin, ils ont inclus 4 000 cas. Pour chaque cas, un témoin de même âge et de même sexe a été tiré au sort en population générale. Parmi les propositions suivantes, laquelle/lesquelles est/sont exacte(s) ?
❒ A - Cette étude est randomisée
❒ B - Cette étude est longitudinale
❒ C - Les cas et les témoins sont appariés
❒ D - Cette étude est analytique
❒ E - Cette étude est observationnelle

Réponses

QI 2
Dans le cadre de votre travail de thèse de médecine, vous désirez estimer la prévalence de l'obésité parmi le personnel de santé de votre centre hospitalier universitaire. Parmi les propositions suivantes, laquelle/lesquelles est/sont exacte(s) ?
❒ A - Il s'agit d'une étude d'épidémiologie descriptive
❒ B - Une étude transversale vous permettra d'atteindre cet objectif
❒ C - Vous craignez que des facteurs de confusion biaisent l'estimation de cette prévalence
❒ D - Vous craignez que des erreurs de classement ne soient à l'origine d'une perte de représentativité de la population de votre étude
❒ E - Vous craignez que les non-répondants ne soient à l'origine d'une perte de représentativité de la population de votre étude

Réponses

QI 3
Des auteurs se demandent si le diabète de type 1 (DT1) est associé à une augmentation de risque d'infection sévère. Les résultats de leur étude de cohorte prospective sont les suivants : durant le suivi, 15 % des sujets diabétiques ont présenté une infection sévère versus 5 % des sujets non diabétiques ; après ajustement hazard ratio (HR) = 3,7 ; intervalle de confiance à 95 % : 3,3–4,2. Parmi les propositions suivantes, laquelle/lesquelles est/sont exacte(s) ?
❒ A - Les résultats ajustés retrouvent que le DT1 multiplie par 3,7 le risque d'avoir une infection sévère
❒ B - Le risque d'infection sévère est augmenté de 370 % chez les sujets diabétiques comparés aux sujets non diabétiques
❒ C - Le risque absolu d'infection sévère est de 15 % chez les sujets ayant un DT1
❒ D - Le risque en excès brut est égal à 3
❒ E - L'HR ajusté est significativement différent de 1

Réponses

QI 4
Vous réalisez une étude devant inclure 10 000 cas et 100 témoins. Cinquante pour cent des témoins que vous contactez refusent de participer à votre étude. Parmi les propositions suivantes, laquelle/lesquelles est/sont exacte(s) ?
❒ A - Vous craignez que ces sujets constituent des facteurs de confusion dans votre analyse
❒ B - Vous craignez que ces sujets soient à l'origine d'un biais de sélection
❒ C - Vous craignez que ces sujets soient à l'origine d'une attrition
❒ D- Le risque de biais vous paraît faible en regard du nombre important de témoins inclus
❒ E - Vous craignez des erreurs de classement sur l'exposition en ce qui concerne ces sujets

Réponses

QI 5
Des collègues viennent vous demander conseil car ils veulent faire une étude sur la relation entre augmentation de risque de malformation et consommation d'antibiotiques pendant la grossesse. Ils envisagent de faire une étude cas-témoins multicentrique et de recueillir la consommation d'antibiotiques par un autoquestionnaire. Parmi les propositions suivantes, laquelle/lesquelles est/sont exacte(s) ?
❒ A - Vous craignez que la façon de recueillir l'exposition n'induise un biais de mémorisation
❒ B - Vous craignez que la façon de recueillir l'exposition n'induise un biais de sélection
❒ C - Vous craignez que la façon de recueillir l'exposition n'induise un biais de classement
❒ D - Vous leur conseillez d'apparier les cas et les témoinssur l'âge et le centre ❒ E - Vous leur conseillez de faire plutôt un essai randomisé antibiotiques versus pas d'antibiotiques

Réponses

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Fiches Santé publique
© 2020, Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

Les auteurs

Cet ouvrage est le fruit du travail collectif des membres du Collège universitaire des enseignants de santé publique. Sa coordination a été assurée par le professeur Moustapha Dramé et le docteur Thierry Lavigne.

FICHES Santé publique
Les fiches ECNi et QI des Collèges 
CUESP
ISBN: 9782294756825
A paraître le 10 juin 2020

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