Concours Moniteur Éducateur Épreuves écrites et orales

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Cet ouvrage "tout-en-un" comporte 6 parties

  1. Présentation du métier et des études
  2. Les épreuves écrites
  3. Thèmes sanitaires et sociaux
  4. Les épreuves individuelles d'admission
  5. Les épreuves collectives d'admission
  6. Annales corrigées

Nous vous invitons à découvrir les 10 premières pages du chapitre 8 de la partie 2.

Plan du chapitre

  • Ce qu'il faut savoir
  • Les écrits des concours d'entrée en formation de moniteur-éducateur
  • La dissertation
  • Conseils pour travailler sa culture générale
  • Les termes du débat
  • L'analyse d'un texte
  • Le résumé de texte
  • La synthèse de documents
  • Les plans analytiques
  • Les plans dialectiques
  • S'entraîner
  • La dissertation
  • Exposé rédigé
  • L'analyse d'un texte
  • Le résumé de texte
  • La synthèse de documents
  • Corrigés

CHAPITRE 8

Présentation des épreuves écrites

CE QU'IL FAUT SAVOIR

Les écrits des concours d'entrée en formation de moniteur-éducateur


Aucun diplôme n'est exigé pour accéder à la formation et chaque établissement organise des épreuves écrites d'admission qui lui sont propres. Le candidat pourra se voir proposer des questions de culture générale portant sur l'actualité , un résumé ou une synthèse , un texte à commenter , une dissertation sur un thème social , des tests d'aptitude… Toutes les options sont possibles selon des temps qui restent, eux aussi, très variables. Les directives officielles qui encadrent l'épreuve écrite d'admissibilité en formation de moniteur-éducateur sont assez souples pour autoriser diverses configurations d'épreuves.

Bien qu'il existe de nombreux diplômes permettant d'être dispensé de l'épreuve écrite d'admissibilité (voir chapitre 4, présentation de la formation), pour faire face à l'afflux de candidats, certains organismes de formation « intercalent » une épreuve écrite supplémentaire. Cette épreuve peut prendre la forme d'un questionnaire de culture générale, d'un dossier exposant les motivations, d'une dissertation… Là encore, le panel des possibles reste large et les candidats devront se renseigner, établissement par établissement, pour savoir précisément quelles épreuves les attendent.

La dissertation

Quel que soit le concours qu'il sera amené à passer, le candidat aura de très grandes chances de devoir plancher sur la dissertation. Point de passage obligé des écrits, on la retrouve en effet quasiment partout. Cette épreuve a pour objectif de tester les capacités de compréhension (d'un énoncé), d'argumentation et de rédaction des candidats. Il leur est par ailleurs réclamé une solide culture générale, une connaissance approfondie des grands problèmes sociaux et un bon esprit critique.

Une fois n'est pas coutume, les intitulés peuvent prendre des formes diverses selon les écoles. Les temps impartis à la réalisation de cette épreuve varient du simple au double en fonction des concours.

Qu'est-ce qu'une dissertation ?

C'est, tout simplement, la réponse à une question. Le « sujet » proposé dans l'énoncé soulève un problème que le candidat doit pouvoir « résoudre » (il doit au moins en cerner les enjeux) dans un plan structuré et rigoureux afin de formuler une réponse. Une dissertation se construit donc nécessairement autour de ce schéma :

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Comment aborder l'épreuve ?

Étape 1 : l'analyse du sujet

Il convient d'abord de lire correctement l'énoncé du sujet et d'en souligner les mots-clés. L'analyse correcte du sujet conditionne toute la suite du travail, elle ne doit donc pas être négligée. Pour aller vite, disons qu'il existe deux grands types de sujets :

  • les sujets dialectiques introduits par des questions du type : « Pensez-vous que… ? », « Estimez-vous que… ? ». Il s'agit ici de discuter une thèse ;
  • les sujets analytiques introduits par des questions du type : « Comment… ? », « Pourquoi… ? », « Quels sont… ? ». Il s'agit ici d'expliquer des phénomènes ou d'organiser des connaissances.

Commencez par repérer à quel type de sujet vous avez affaire : la suite du travail en dépendra largement.

Le second objectif est de dégager une problématique afin de reformuler avec vos propres mots l'énoncé et la question qui le sous-tend. La finalité de cette étape est double : il s'agit d'échafauder une question claire à laquelle votre travail tentera de répondre, mais aussi de montrer à votre correcteur que vous avez parfaitement cerné les enjeux du sujet. La reformulation est donc capitale. Trop de candidats la négligent et se contentent de recopier quasi intégralement l'énoncé du sujet.

Élaborer une problématique, ce n'est pas reformuler le sujet à sa convenance. La problématique doit préciser les enjeux de l'énoncé. Certains adaptent le sujet à leurs connaissances au lieu d'adapter leurs connaissances aux enjeux véritables du sujet.

ERREURS À ÉVITER

Élaborer une problématique, ce n'est pas reformuler le sujet à sa convenance. La problématique doit préciser les enjeux de l'énoncé. Certains adaptent le sujet à leurs connaissances au lieu d'adapter leurs connaissances aux enjeux véritables du sujet.

EXEMPLE

Sujet

« La publicité détourne l'homme de ses ressources intérieures pour le fixer sur les ressources matérielles, elle fait admettre la prédominance de l'avoir sur l'être. » Que pensez-vous de cette assertion de François de Closets ?

Corrigé

Commentaire
Le sujet est ici de type dialectique puisqu'il est demandé de discuter (« Qu'en pensez-vous ? »).
Le thème concerne la publicité. Attention cependant : on ne vous demande pas de discuter le thème mais la thèse de François de Closets. Il faut donc comprendre ce que pense l'auteur (thèse) du phénomène publicitaire (thème) pour commencer à organiser votre réflexion.
C'est là que la recherche d'une problématique devient essentielle : vous devez reformuler le sujet pour vous donner une question.

Reformulation du sujet
François de Closets estime que la publicité, c'est-à-dire la promotion de biens et de services dans notre société de consommation de masse, privilégie l'appropriation des objets (l'avoir) au détriment de l'épanouissement spirituel du sujet (l'être).

Énoncé de la problématique
La publicité conduit-elle l'homme à privilégier son enrichissement matériel au détriment de son épanouissement personnel et spirituel, comme le pense François de Closets ?

Étape 2 : la recherche des éléments de réponse

Avec l'analyse des mots-clés, la reformulation et la construction de la problématique, on doit avoir dégagé une question suffisamment claire pour commencer à réfléchir à la réponse. N'hésitez pas à jeter sur le papier toutes les idées qui vous passent par la tête : il peut s'agir d'un mot, d'un argument, d'un exemple, du souvenir d'un article, d'une émission, d'un film… Cette étape s'apparente à une séance de brainstorming, littéralement, un « remue-méninges ». Vous devez vous « lâcher », vous désinhiber pour inventorier tout ce à quoi vous fait penser le sujet ; vous ferez le tri par la suite. Des arguments qui n'ont qu'un rapport a priori lointain peuvent très bien s'articuler quand on les organise dans un plan plus vaste.

La recherche des idées angoisse bon nombre de candidats qui se plaignent de n'avoir « rien à dire », de ne pas avoir d'idées, de manquer de culture… Il est vrai que cette étape se prépare en amont, bien avant l'épreuve. Il faut suivre l'actualité, être capable de l'analyser et de porter un regard personnel sur les événements. Il est aussi utile de s'appuyer sur les analyses d'auteurs confirmés (ouvrages universitaires, essais, livres de sociologie, de psychologie, etc.). Les candidats auront de toute façon intérêt à se procurer des ouvrages de culture générale.

Après avoir épuisé toutes vos idées, relisez ce que vous avez écrit pour rayer les phrases totalement hors sujet, pour développer les ébauches d'arguments et leur attribuer les exemples (en les adaptant). Hiérarchisez les « idées » en leur conférant le bon statut : exemple, argument, jugement de valeur… Ce moment plus « réfléchi » permet souvent de dégager de nouvelles idées sur la question. Quand vous estimez avoir fini, passez à l'organisation.

Étape 3 : l'organisation de la réponse

Maintenant que les « idées » sont posées, il faut procéder au classement des éléments jetés sur le papier. L'organisation de la réponse dépend en premier lieu du type de sujet demandé (dialectique ou analytique). Les idées formulées doivent se déployer dans un plan détaillé. Là encore, trop de candidats angoissés par le temps se contentent d'écrire quelques mots au brouillon pour passer le plus rapidement possible à la rédaction. C'est une erreur : détailler son plan jusqu'au bout permet de gagner du temps ; vous savez précisément où vous allez et ce que vous avez à dire. Ne reste donc que la manière de le formuler. Comme nous l'avons déjà dit, on distingue deux grands types de plans : les analytiques et les dialectiques.

Les plans analytiques

Ils répondent à des questions du type « Pourquoi… ? », « Quel est… ? », « Comment… ? », etc. Ces plans visent plus à faire comprendre qu'à discuter. Cette visée quasi pédagogique (expliquer) requiert une grande clarté dans l'organisation et une certaine exhaustivité dans les contenus. Les plans analytiques se déclinent sous plusieurs formes.

Plan chronologique

Le travail s'organise selon une progression temporelle (passé, présent, futur). Ces développements ne sont simples qu'en apparence : non seulement parce qu'ils réclament une connaissance pointue de l'historique d'un problème, mais aussi parce que la troisième partie (l'avenir) peut rapidement tourner au scénario d'anticipation farfelu.

Plan didactique

Il s'agit d'un plan du type « constat, causes, conséquences et solutions ». Les candidats en mal d'inspiration y trouveront de quoi étayer solidement le propos.

Plan antinomique

Les plans antinomiques se développent à travers deux parties parfaitement opposées. Il peut s'agir d'une dichotomie du type « individuel/collectif » ou « qualitatif/quantitatif »… S'ils ont l'avantage de la clarté, les plans antinomiques ont aussi le défaut d'être schématiques et parfois simplistes.

Plan thématique

Chaque partie explique le problème sous un certain point de vue. Il peut s'agir d'un angle physiologique, historique, social, économique, religieux, etc. Dans ce cas, le phénomène est étudié à l'aune de plusieurs perspectives.

EXEMPLE

Sujet

Expliquez les raisons du malaise de l'adolescence.

Corrigé

Vous pouvez segmenter votre réponse en quatre parties thématiques (rien ne l'interdit) :
partie 1 : les causes physiologiques (puberté, acné, développement mammaire, pilosité, mue de la voix…) ;
partie 2 : les causes psychologiques (l'adolescence comme âge en porte-à-faux entre enfance et maturité, les conflits, la volonté d'émergence de la personne…) ;
partie 3 : les causes socio-économiques (les familles éclatées, le rôle de l'école, la crise de l'emploi…) ;
partie 4 : les causes explicatives (la crise morale, la perte des valeurs religieuses et politiques, l'individualisme…).

Comme on le voit, la dernière partie est plus inattendue : elle requiert une réflexion plus profonde sur le rapport de l'adolescent aux valeurs spirituelles du monde dans lequel il évolue. Même dans un plan analytique, le travail doit progresser, partant des arguments les plus courants pour aller vers les idées les plus fortes ou subtiles.

Les plans dialectiques

Les plans dialectiques sont fondés sur la confrontation de plusieurs thèses. Il s'agit d'un « dialogue » dont l'enjeu consiste à faire ressortir la pensée du candidat. Les plans dialectiques répondent à la question « Qu'en pensez-vous ? ». Cette pensée est censée émerger au terme d'une réflexion vigoureuse mais jamais catégorique. Il faut discuter les idées, non les réfuter sur de simples pétitions de principe. Une organisation type thèse/antithèse/synthèse aura dès lors le mérite de cerner les enjeux d'une question avec toutes les nuances requises.

Cependant, ces plans sont parfois difficiles à structurer, surtout en une ou deux heures. Aussi, la synthèse peut-elle avantageusement faire l'objet d'une conclusion un peu plus étoffée. Quoi qu'il en soit, le travail doit être dynamique. Dans un plan dialectique, votre réflexion ne doit pas s'organiser sur le modèle pour/contre parce que vous ne pouvez pas vous contredire : expliquer que vous êtes favorable à une thèse pour énoncer quelques lignes plus loin que finalement vous y êtes opposé… c'est absurde ! Un plan dialectique est autrement plus subtil. Il doit avancer vers la réponse en examinant les différentes positions, en nuançant les points de vue pour faire émerger une perspective solide et bien étayée.

EXEMPLE

Sujet
Peut-on parler de « progrès » à propos du développement des techniques ?

Corrigé

Partie 1
Vous pouvez commencer par expliquer en quoi et pourquoi les innovations ont pu fasciner les hommes durant tout le XXe siècle. Vous pouvez même souscrire à cette vision positive au vu des progrès objectifs réalisés.

Partie 2
Cependant, en deuxième partie, n'hésitez pas à tempérer les enthousiasmes en énumérant les différents problèmes (environnement, nucléaire, eugénisme…) auxquels notre société est aujourd'hui confrontée. Énoncez combien la notion même de progrès semble vaciller sous le poids des angoisses de nos contemporains.

Partie 3
Dans une troisième partie, dites qu'il serait absurde de revenir en arrière : la technique fait partie de notre vie quotidienne. Elle est de plus fondamentale puisque, grâce à elle, nous avons des loisirs, la santé, le confort… Reste à en maîtriser les effets néfastes : désarmement, législations draconiennes en matière d'environnement, internationalisation des comités de bioéthique. Reste également à en faire profiter les plus démunis de la planète. Chaque étape de votre plan vous permet d'avancer dans la discussion jusqu'à proposer une réponse nuancée.

► Comment rédiger son travail ?

Au terme du travail préparatoire, vous pouvez normalement rédiger.

Pour ce qui concerne le style, restez sobre et clair dans vos formulations : l'écriture est un exercice ardu qui suppose des qualités difficiles à déployer durant le temps trop court d'une épreuve de concours. Utilisez un style plutôt direct et contentez-vous de phrases courtes (une ou deux propositions au maximum).

conseils

Un conseil (rarement suivi par les candidats, malheureusement) : rédigez d'abord votre introduction et votre conclusion. Si votre plan est détaillé correctement, vous devez savoir précisément où vous allez : vous serez plus serein si votre conclusion se trouve déjà sur un de vos brouillons. Il faut savoir que c'est la dernière chose que lira le correcteur… Trop souvent, par manque de temps ou de courage, les candidats bâclent cette ultime étape de leur travail, ce qui n'est guère stratégique.

Étape 1 : l'introduction

Elle s'organise en trois étapes, du plus général vers le plus particulier : on amène le sujet, on le reformule pour énoncer la problématique et on annonce son plan.

Cette structure traditionnelle est assez difficile à réussir correctement : ne cherchez pas les complications, restez simple et n'y passez pas trop de temps. On ne vous jugera pas sur votre aptitude à vous conformer avec brio aux règles de l'introduction.

Respectez néanmoins quelques principes : évitez de démarrer votre travail par des locutions ou phrases du type « depuis que l'homme est homme », « de tout temps », « l'homme est un loup pour l'homme »… Mieux vaut partir dans le vif du sujet, plutôt que d'énerver le correcteur dès le début avec des banalités.

Quand vous annoncez votre plan, essayez de poser des questions. Il est en effet préférable de ne pas alourdir le propos avec des formulations rebattues du type « nous verrons dans une première partie ». Si vous éprouvez néanmoins des difficultés à annoncer votre plan, ne cherchez pas les complications : mieux vaut être clair dans un style peu élégant qu'incompréhensible avec une syntaxe inutilement prétentieuse.

2CRIT CONCOURS MONITEUR EDUCATEUR

Sujet
Pour la question suivante, rédigez une introduction en désignant ses différentes articulations.

En 1897, dans Les Nourritures terrestres, André Gide lançait son célèbre : « Familles, je vous hais ! » Cette apostrophe vous paraît-elle de mise aujourd'hui ?

Corrigé

Thème
Quelle que soit la forme sous laquelle elle se présente, la famille constitue la structure fondamentale des organisations humaines. Elle est néanmoins vécue de manière différente selon les époques et les sociétés.

Thèse
Poète, écrivain engagé, André Gide fustige la famille traditionnelle du XIXe siècle dans une apostrophe restée célèbre : « Familles, je vous hais ! » Le propos, à son époque éminemment subversif, est-il toujours d'actualité ? Peut-on encore rejeter avec une pareille violence une institution familiale que beaucoup diagnostiquent en crise ?

Annonce du plan
Sûrement un artiste comme Gide avait-il de sérieuses raisons pour rejeter un giron parental bourgeois et étouffant. Cependant, les bouleversements de notre société, au cours du XXe siècle, n'ont-ils pas rendu ses propos caducs ? Si la famille reste toujours « critiquable », n'est-ce pas pour d'autres raisons que celles qui valaient au temps de notre écrivain ?

Étape 2 : le développement

Comme vous l'avez lu précédemment, votre développement doit être dynamique : le travail « avance » vers la réponse. N'hésitez pas à conclure au terme de chacune de vos parties pour ponctuer votre réflexion et en souligner les étapes. Le correcteur appréciera de comprendre immédiatement la logique de votre travail. Ces « conclusions intermédiaires » peuvent d'ailleurs servir de transitions pour amorcer les parties qui suivent.

CONSEILS

Aérez votre copie et utilisez une mise en page homogène : allez à la ligne après chaque paragraphe, sautez au moins une ligne entre deux parties… La « logique » de la dissertation doit apparaître clairement dans la copie. Mettez en évidence chaque étape de votre réflexion en passant des lignes.

Les titres (de livres, de journaux, de films…) doivent être soulignés et les citations mises entre guillemets.

Le candidat doit écrire jusqu'au bout de la ligne et séparer les mots, si besoin est, à la syllabe. En cas de doublement consonantique, on place le trait d'union entre les deux lettres (par exemple « pil-ler »).

Étape 3 : la conclusion

Comme l'introduction, la conclusion est (normalement) organisée en trois étapes : on récapitule le développement de la réflexion, on répond clairement à la question posée et on ouvre sur une problématique connexe (ou on clôt le travail sur une « pointe », un bon mot, une citation).

Cette troisième étape doit être maniée avec une infinie précaution : il arrive que des candidats (souvent à court de temps) ouvrent sur une question… à laquelle ils viennent de répondre ! D'autres s'interrogent sur des thèmes totalement décalés par rapport au sujet qu'ils viennent de traiter. Là encore, mieux vaut s'abstenir plutôt que d'écrire des énormités, surtout qu'il s'agit des derniers mots lus par le correcteur…

concours moniteur éducateur

Sujet
Pour la question suivante, rédigez une conclusion en désignant ses différentes articulations. En 1897, dans Les Nourritures terrestres, André Gide lançait son célèbre : « Familles, je vous hais ! » Cette apostrophe vous paraît-elle de mise aujourd'hui ?

Corrigé

Récapitulatif
On voit combien la famille a évolué depuis l'époque où André Gide écrivait ses Nourritures terrestres. Si l'écrivain pouvait, avec raison, fustiger un carcan parental étouffant, la situation a bien changé aujourd'hui. La structure familiale s'organise désormais à travers la volonté partagée de ses membres de s'unir. La conquête de cette liberté s'est sûrement payée au prix d'une relative instabilité et toutes les familles ne constituent pas un havre idyllique.

Réponse
Mais qui peut honnêtement souhaiter un retour en arrière ? Le modèle patriarcal a vécu et il faut s'en féliciter. La famille d'aujourd'hui, plus précaire que jadis mais globalement « bien traitante », marque un indéniable progrès.

Élargissement…
La structure familiale a d'ailleurs bien évolué ces dernières années (légalisation du mariage homosexuel, adoption homoparentale qui en découle, depuis 2013), mais doit-elle, pour autant, continuer à s'adapter aux exigences individuelles ? Devrait-on autoriser les organisations polygames ? La multiplication des types de familles, en ce début de XXIe siècle, ne manquera pas de susciter des débats autour de ces questions.

… ou clôture
Malgré tous les problèmes que les familles modernes continuent à susciter, peut-être est-il temps de lancer, pour parodier notre poète : « Familles, je vous aime ! »

Conseils pour travailler sa culture générale

► « Veille informationnelle »

Une dissertation (même courte !) ou un exposé oral ne peuvent être menés sans connaissances théoriques. Le candidat aux concours paramédicaux et sociaux devra donc travailler les éléments de culture générale contenus dans les différents parcours de formation proposés. Les questions principales qui se posent autour des phénomènes sanitaires et sociaux y sont structurées de manière synthétique.

Toutefois, ces connaissances théoriques ne suffisent pas : l'actualité apporte chaque jour son lot de nouveaux problèmes, de nouvelles questions. Il faut que le candidat se place en situation de « veille informationnelle », c'est-à-dire qu'il se mette à l'écoute des changements, des évolutions, des événements qui marquent la vie sanitaire et sociale. Pour mener à bien cette collecte d'informations, il peut utiliser comme outil la revue de presse, qui constitue une base solide de connaissance de l'actualité.

Revue de presse

La revue de presse est un outil primordial pour la préparation de l'entretien individuel qui peut aborder des questions d'actualité, mais également pour le débat de groupe.

Où chercher l'information ? Quels médias privilégier ?

Tous les supports médiatiques sont susceptibles d'être utilisés. Il ne s'agit pas de transformer vos habitudes médiatiques mais de vous en servir intelligemment. Si vous lisez régulièrement la presse écrite (que ce soit la presse quotidienne nationale, régionale ou gratuite, ou bien la presse magazine), découpez au fur et à mesure de vos lectures les articles qui abordent les thèmes éducatifs et sociaux.

De même, si vous consultez l'actualité en ligne (sites dédiés, presse en ligne, voire sites d'actualité des fournisseurs d'accès ou des moteurs de recherche), imprimez les articles pertinents ou copiez-les dans un fichier.

Enfin, la radio ou la télévision peuvent être des supports informationnels utiles. Cependant, elles nécessitent un travail de collecte plus actif : notez immédiatement les informations que vous jugez aptes à alimenter votre revue de presse. Veillez dans ce cas à être scrupuleux dans la prise de notes. Par exemple, si vous regardez un talk-show qui traite de l'homoparentalité, posez-vous les questions suivantes : quelles sont les lois en vigueur ? les jurisprudences ? Quelle est la situation dans les autres pays européens ?…

Quand faire sa revue de presse ?

Chaque semaine, accordez-vous un temps pour la réaliser. Attention, une revue de presse n'est pas une compilation d'informations. Découper des articles et les classer ne vous servira aucunement à posséder les connaissances requises pour les concours. Il vous faut relire les articles, sélectionner les informations qui vous semblent pertinentes et les analyser.

Comment analyser les informations recueillies ?

L'analyse de l'information (d'un article de presse par exemple) se déroule en quatre étapes :

  • la description de l'information : les faits;
  • les enjeux du débat (et la polémique sous-jacente);
  • les termes du débat (les arguments) et les questions connexes qu'il suscite;
  • le classement et la mise à jour.

Description de l'information : les faits

Procédez, comme le font les journalistes, en posant les cinq questions principales (les « 5 W ») : qui ? Quoi ? Quand ? Où ? Pourquoi ? Vous pouvez ajouter à ce questionnement le « Comment ? ». Si vous répondez à ces questions, votre connaissance de l'information est précise.

Une lecture efficace d'un article de presse passe par la lecture minutieuse de ce que l'on nomme la « titraille », c'est-à-dire le titre, le surtitre, le sous-titre et les intertitres. Ils vous permettent d'avoir accès aux informations les plus importantes. Le « chapeau » (premier paragraphe de l'article généralement en gras) constitue un résumé du contenu de l'article. Il peut être utilisé pour présélectionner les articles : après avoir pris connaissance du chapeau, vous pourrez passer à la lecture intégrale de l'article ou décider de ne pas le retenir.

Enjeux du débat (et polémique sous-jacente)

Dans un deuxième temps, il convient de faire une analyse critique de l'information. Si vous cantonnez votre recherche d'informations à une description simple des faits, vous ne pourrez pas utiliser pleinement ces connaissances lors du débat. Dans le meilleur des cas, vous en retirerez quelques illustrations, mais vous n'aurez pas la matière pour alimenter une argumentation ou une contre-argumentation.

Le commentaire des enjeux peut porter sur les éléments suivants :

  • la polémique : quels sont les défenseurs et les détracteurs de cette mesure ?
  • le changement de niveau d'analyse ou changement de focale : comment a été perçu cet événement au niveau régional ? au niveau international ?
  • la perspective : quelles en sont les conséquences, à court terme ou à long terme ?

Les fiches réalisées n'ont pas à être très longues. Ce qui importe, c'est la régularité de votre travail. La « veille informationnelle » dans un domaine tel que le secteur sanitaire et social nécessite une grande régularité. Soyez précis dans votre prise de notes et ne comptez pas sur votre mémoire. L'information du jour ou de la semaine vous paraît maîtrisée, mais lorsque les infos qui font la une auront disparu, vous risquez de vous apercevoir que vous n'en avez pas retenu grand-chose.

Termes du débat (arguments) et questions connexes qu'il suscite

Dans un troisième temps, il faut effectuer une recherche documentaire et ouvrir à des problématiques connexes.

Pour cela, repérez les définitions nécessaires à l'analyse de l'article. Si vous ne les connaissez pas, effectuez le travail de recherche nécessaire. Indiquez les sujets connexes au sujet traité. Ce dernier point vous permettra, à l'usage, d'établir des liens entre les différents sujets d'actualité que vous aurez travaillés.

La revue de presse ne peut être conçue comme un exercice ponctuel. Pour qu'elle soit efficace, elle doit être menée sur un temps long. Plus vous aurez travaillé en amont, plus vos connaissances seront ancrées dans un système dense d'information. La « culture générale » ou la « connaissance de l'actualité » ne s'apprennent pas, ne se « bachotent » pas. C'est un travail à long terme, un investissement du candidat.

Classement et mise à jour

Enfin, procédez au classement thématique des fiches réalisées. Les thèmes retenus peuvent être « société » et « éducation », voire « culture », « politique », etc. Il faut pour chaque thème établir des sous-catégories : « petite enfance/violence », par exemple.

Enfin, tenez ces fiches à jour. La veille informationnelle que vous avez entreprise durera jusqu'au concours. Quelques jours avant le concours, relisez l'intégralité des fiches. Sélectionnez les dix questions d'actualité les plus importantes à vos yeux : présentez-les à l'oral (description de l'événement et analyse critique).

EXEMPLE

Commentaire relatif au meurtre de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie, décapité le 16 octobre 2020.

Les faits
Samuel Paty donne le 6 octobre un cours d'enseignement moral et civique, prévu au programme officiel de l'Éducation nationale, à des élèves de quatrième sur la liberté d'expression. Comme chaque année, il illustre ses propos en présentant deux caricatures de Mahomet, issues du journal Charlie Hebdo, lesquelles sont entre autres en lien avec l'attentat meurtrier de 2015. Mais le père d'une élève absente à ce cours, qui lui a relayé un discours tenu par des camarades, diffuse une vidéo dans laquelle il s'insurge contre Samuel Paty. Ces faits sont alors très largement relayés sur les réseaux Facebook et WhatsApp et prennent de l'ampleur, avec le nom du professeur concerné et l'établissement dans lequel il enseigne. Le 16 octobre 2020, un jeune homme de 18 ans, d'origine tchétchène, attend Samuel Paty à la sortie du collège dans l'optique de l'assassiner. Après avoir décapité le professeur, cet assaillant sera ensuite abattu par la police.

Les enjeux et la polémique
Cet assassinat barbare du 16 octobre frappe au cœur d'un des débats les plus turbulents de France : doit-il y avoir des limites à la liberté d'expression ?

La liberté d'expression est définie par la Déclaration universelle des droits de l'homme qui stipule que : « Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. » Et selon la Cour européenne des droits de l'homme : « La liberté d'expression constitue l'un des fondements essentiels d'une société démocratique, l'une des conditions primordiales de son progrès et de l'épanouissement de chacun. » Mais peut-on pour autant toujours parler de liberté d'expression dans le contexte actuel ?

Les termes du débat
Depuis l'attentat qui a frappé la rédaction de Charlie Hebdo en janvier 2015, le débat sur la liberté d'expression en France est régulièrement relancé. Depuis au moins cinq années, ce dernier ne peut plus avoir lieu sans s'accompagner d'une réflexion sur la violence terroriste qui remet inévitablement en question cette liberté d'expression. Il s'agit ainsi de rechercher un juste équilibre entre le droit d'exercer la liberté d'expression et la morale qui interdit de blesser ou d'offenser son semblable.

Au-delà de la vague terroriste, ces dernières années ont été marquées par diverses limitations à cette liberté d'expression, on peut noter entre autres des restrictions fixées dans la presse. Cette dernière doit parfois limiter les propos tenus dans ses articles en raison notamment des délits de provocation à la haine et de discrimination raciale. On peut citer également la suppression des Guignols sur Canal +, en 2015, qui avait suscité maintes réactions dénonçant une attaque contre la liberté d'expression. Le cinéma connaît également de plus en plus de restrictions et ne peut s'exercer de manière complètement libre. Des visas d'autorisations doivent obligatoirement être demandés, ce qui leur octroie ou non certaines aides financières. Enfin, des lois telles que la loi Gayssot de 1990 (qui réprime la négation de l'existence des crimes contre l'humanité) engendrent également des débats qui mettent en avant une éventuelle atteinte à la liberté d'expression. Pour autant, les Français restent attachés à cette dernière et continuent de la revendiquer. Plusieurs millions étaient descendus dans la rue pour rendre hommage aux victimes après les attentats de 2015. Le mot d'ordre restait l'importance de la liberté d'expression comme droit fondamental. On se souvient du slogan « Je suis Charlie » qui avait fait le tour des réseaux sociaux. Et de la même manière, cinq ans plus tard, les Français sont toujours présents pour crier haut et fort ce droit à la liberté d'expression, avec cette fois des pancartes « Je suis Samuel ».

Ce débat est ainsi de plus en plus récurrent et ce dernier risque de continuer d'ébranler encore la politique du pays pendant les prochaines années.

Vous venez de lire le début du chapitre 8.

Concours Moniteur Éducateur Épreuves écrites et orales
© 2021, Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

Auteurs

Nathalie Chasle
Formatrice pour la préparation aux épreuves écrites à IRSS

Anne-Éva Lebourdais
Travailleuse sociale et formatrice référente pour la préparation aux épreuves orales à IRSS

Concours Moniteur Éducateur Épreuves écrites et orales
Nathalie Chasle, Anne-Eva Lebourdais
ISBN  9782294774416
2e édition, 2021

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