1ère ST2S: La démarche d’étude

Cet article est un extrait de l'ouvrage Fiches d'Activités Sciences et techniques sanitaires et sociales - 1ère ST2S

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OBJECTIFS

Repérer les étapes d’une démarche d’étude à partir d’un exemple.

Identifier les composantes de chaque étape.

Activité 1 – Les étapes d’une démarche d’étude sur les accidents traumatiques en pratique sportive en France

À partir du document 1, répondez aux questions suivantes. (le document se trouve après les questions)

Étape de la démarche d’étude: Construction de l’objet de l’étude

Questions :

Quel est le thème de l’étude ?

Quelle institution a réalisé l’étude ?

Quels sont les faits/événements à l’origine de cette étude ?

Quel est le public étudié ?

Sur quel territoire ?

Quel est l’objectif de l’étude ?

Étape de la démarche d’étude: Recueil des données

Question: Comment les données nécessaires à la réalisation ont-elles été recueillies?

Étape de la démarche d’étude: Traitement des données, production et présentation de l’information

Questions:

Au vu des résultats, comment ont été classées et triées les données recueillies ?

Comment les résultats ont-ils été obtenus ?

Sous quelles formes sont présentées les informations produites ?

Quel est l’intérêt de la conclusion ?

Étape de la démarche d’étude: Présentation de l’étude

Question: Dans quel document est présentée cette étude ?

Document 1

Épidémiologie des accidents traumatiques en pratique sportive en France

Il est unanimement reconnu que la pratique d’une activité physique et sportive entraîne des bienfaits pour la santé. On peut citer, parmi les multiples documents disponibles, les expertises collectives réalisées par l’Inserm en 2008 sur les effets sur la santé de l’activité physique et en 2014 sur les bienfaits de l’activité physique et sportive pour prévenir les chutes chez les personnes âgées, ou le rapport « Sport et santé » adopté par l’Académie nationale de médecine en février 2009. L’activité physique a d’autres effets bénéfiques, notamment sur le plan social et relationnel, ce qui justifie
les encouragements, au niveau national comme européen, à sa pratique dans des conditions adaptées, à tout âge et pour toutes les populations.
Cependant, la pratique sportive peut aussi présenter des inconvénients. À côté des risques de dopage et de mort subite du sportif, souvent décrits, le risque de survenue d’un accident traumatique est plus rarement évoqué. (…) Compte tenu du très grand nombre de pratiquants, la connaissance du nombre, des circonstances, des facteurs de risque, de la gravité et des conséquences des accidents survenus en pratique sportive s’avère nécessaire pour en assurer la prévention.

Méthodes
Un état des connaissances a été réalisé sur la base des travaux menés depuis une dizaine d’années en France, souvent à l’initiative de l’Institut de veille sanitaire (InVS)a, pour renseigner les caractéristiques épidémiologiques de base des traumatismes sportifs en population générale.
Les travaux retenus aux fins de cette étude sont : des enquêtes hospitalières (enquête permanente sur les accidents de la vie courante, enquête aux urgences de Côte-d’Or) ; des enquêtes en population (baromètres santé, enquêtes santé et protection sociale, enquête décennale santé, enquêtes en milieu scolaire, enquêtes sur les pratiques physiques et sportives) ; des enquêtes ou revues bibliographiques thématiques par sport (vélo, ski, rugby, équitation) ; une analyse des décès traumatiques après un accident de sport.

Résultats
Répartition des accidents de sport aux urgences par type de sport et par sexe.
(cliquez pour agrandir)

Décès traumatiques
Les décès traumatiques en pratique sportive ont fait l’objet d’une publication reposant sur l’exploitation des informations directement disponibles dans les médias. L’étude a consisté à recueillir les décès traumatiques survenus en 2010 en France métropolitaine à la suite d’une pratique sportive, quel que soit le contexte de pratique (professionnel, loisir, déplacement), en excluant les décès à vélo ainsi que les décès en avion et par noyade survenus hors pratique sportive. Les décès ont été repérés dans des collectes d’institutions publiques, dans les médias accessibles par Internet et sur les sites Internet d’associations et d’organismes publics impliqués dans le sport.
En 2010, 246 personnes sont décédées suite à une pratique sportive en France métropolitaine. Les sports de montagne ont été les plus meurtriers (99 décès), suivis des sports aquatiques (50), de la chasse (27), de la pratique aérienne (23, dont 22 ULM), des sports mécaniques (23) et des sports de vol libre (20, dont 10 en parapente et 5 en planeur). Les hommes étaient 7 fois plus nombreux que les femmes. Les périodes les plus meurtrières étaient l’été et l’hiver. Cette étude simple, qui doit être complétée et répétée, a fourni un premier décompte du nombre de décès traumatiques en sport en France métropolitaine.

Discussion
Ce panorama rend compte de résultats qui n’étaient pas disponibles quelques années auparavant. (…) Les facteurs de risque sont encore trop peu explorés : plus d’accidents quand la pratique augmente, davantage concernant les garçons/hommes, davantage en sports d’équipe. Mais on sait peu de choses sur la part imputable, dans la genèse d’un accident grave, au comportement, au matériel défectueux, à l’influence de la météorologie, au niveau d’expérience, à la pratique encadrée ou non, à la catégorie socioprofessionnelle, à la région, etc. (…) La prévention de ces accidents graves reste difficile, faute de connaissances épidémiologiques suffisantes.

Conclusion
Le développement d’une culture de loisirs, l’émergence de nouvelles pratiques sportives et l’influence des politiques de lutte contre la sédentarité laissent penser que le nombre de pratiquants en France devrait augmenter dans les années à venir. Dans le contexte de l’augmentation de la population âgée, les recommandations de l’expertise collective de l’Inserm sont en faveur de l’activité physique et sportive. Les actions pour favoriser le « bien-vieillir » préconisent l’activité sous toutes ses formes. Les bienfaits de ces pratiques doivent être mis en balance avec le risque de survenue d’accidents, ce qui doit encourager à mener des travaux épidémiologiques plus nombreux et plus précis, articulés avec des programmes de prévention adaptés.

a. InVS intégré à Santé publique France.

Intégralité des résultats de l’étude : Thélot B., Pédrono G., Perrine A.-L., et al.
Épidémiologie des accidents traumatiques en pratique sportive en France.
Bull Epidémiol Hebd, 2015 ; (30-31) : 580-9. http://www.invs.sante.fr/beh/2015/30-31/2015_30-31_5.html

Activité 2 – Les étapes d’une démarche d’étude sur le surpoids et l’obésité des enfants

À partir de l’exemple du tableau à compléter dans l’activité 1, présentez sur feuille annexe de manière synthétique les étapes de la démarche de l’étude du document 2.

Document 2

Enjeu de santé publique majeur, l’obésité touche les enfants de plus en plus tôt. La ville de Paris a donc initié une étude visant à évaluer le nombre d’élèves touchés par un excès de poids et à adapter ses actions, notamment ses campagnes de prévention, en fonction des résultats. Cette étude porte sur 2 220 enfants en grande section de maternelle et 2 220 en CE2, tirés au sort aléatoirement.

Construction de l’objet d’étude
Sur Paris, très peu de données de prévalence de l’obésité chez les enfants sont disponibles… Le service de santé scolaire de la ville de Paris souhaite disposer en 2009 de données de prévalence actualisées, d’une part pour les enfants scolarisés en grande section de maternelle, et d’autre part pour les enfants scolarisés en CE2. Ceci représente le principal objectif de cette étude.
De plus, ce travail s’intéresse, pour les enfants scolarisés en CE2, à l’évolution du surpoids et de l’obésité entre la grande section de maternelle et le CE2. (…)
Menée en lien avec le service de santé scolaire de la Direction de l’action sociale de l’enfance et de la santé (DASES), cette étude épidémiologique permettra de mieux éclairer les autorités parisiennes sur la prévalence de l’excès de poids chez les enfants de grande section de maternelle (5-6 ans) et de CE2 (8-9 ans). (…)

Recueil des données : méthode et outils d’enquête
Dans ce cadre, l’Observatoire régional de santé (ORS) d’Île-de-France et le service de santé scolaire de la DASES ont réalisé cette étude à partir des données du bilan de santé réalisé par les médecins scolaires. Ce bilan est basé sur l’observation des courbes de corpulence et sur le calcul de l’IMC des enfants. (…) Les écoles ont été classées selon leur appartenance ou non à une zone d’éducation prioritaire, à un réseau d’éducation prioritaire ou à un quartier en politique de la ville. Dans cette étude, ces écoles sont regroupées sous l’appellation « quartier prioritaire ».
Pour les enfants de grande section de maternelle, le recueil a porté sur le sexe de l’enfant, son âge, son poids et sa taille. Ces deux mesures ont été effectuées par le service de santé scolaire au cours du bilan prévu en grande section. Pour les enfants de CE2, outre les données de sexe, âge, poids et taille actuels, un questionnaire spécifique a été élaboré. D’autre part, les enfants ont répondu à des questions sur leurs habitudes de vie en termes d’alimentation et d’activité physique. Enfin, huit questions visaient à évaluer leurs connaissances dans le domaine de la nutrition. (…)

Traitement des données : méthodes
Les analyses ont été réalisées à l’aide du logiciel STATA sur des données pondérées…

Résultats (extraits)
Ce travail, réalisé en collaboration avec le service de santé scolaire de la ville de Paris et le service de nutrition de l’hôpital Necker, montre que :

  • l’excès de poids touche un peu plus d’un enfant parisien sur dix en grande section de maternelle (12,3 % d’enfants en excès de poids, dont 2,7 % d’enfants obèses) ;
  • en CE2, près d’un enfant parisien sur six présente un excès de poids (15,6 %, dont 3,8 % d’enfants obèses).

Des disparités sont, une nouvelle fois, soulignées selon le type de quartier, avec des prévalences supérieures dans les quartiers socio-économiquement plus défavorisés (écoles en réseau d’éducation prioritaire ou dans les quartiers « politique de la ville »). (…)
En conclusion, même si les données présentées montrent une situation parisienne plutôt favorable, il est nécessaire de développer des actions visant à améliorer l’accès des enfants à un environnement nutritionnel (envisagé dans ses dimensions alimentation et activité physique) plus propice à leur santé.

Partenaire
L’Observatoire régional de santé d’Île-de-France (ORS). Les résultats de cette étude ont été rendus publics le lundi 1er février 2010.

Recomposé à partir des éléments du site : www.paris.fr et de l’étude « Surpoids et obésité chez les enfants parisiens en 2009 », Mairie de Paris et ORS d’Île-de-France, janvier 2010.

CE QU’IL FAUT RETENIR


Complétez le schéma suivant en nommant les étapes de la démarche d’étude.

© 2012, 2017 Elsevier Masson SAS

Vous venez de lire le chapitre 17 de l’ouvrage Fiches d’activités – Sciences et techniques sanitaires et sociales – 1re ST2S

Cet extrait ne reproduit pas la mise en page de l’ouvrage : voici une page de l’ouvrage.

Voir les ouvrages ST2S

FICHES D'ACTIVITÉS - SCIENCES ET TECHNIQUES SANITAIRES ET SOCIALES - 1RE ST2S
Evelyne Bersier, Joëlle Guerrero, Sabrina Karadaniz
ISBN: 9782294755866
Paru le 24 mai 2017

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1RE ST2S

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