Passer au contenu principal

Votre navigateur n’est malheureusement pas entièrement pris en charge. Si vous avez la possibilité de le faire, veuillez passer à une version plus récente ou utiliser Mozilla Firefox, Microsoft Edge, Google Chrome, ou Safari 14 ou plus récent. Si vous n’y parvenez pas et que vous avez besoin d’aide, veuillez nous faire part de vos commentaires.

Nous vous serions reconnaissants de nous faire part de vos commentaires sur cette nouvelle expérience.Faites-nous part de votre opinion(S’ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Elsevier
Publier avec nous
Connect

Comment favoriser la parité et la diversité dans une revue médicale. Etude de cas.

6 septembre 2023

Entretien avec Shivaani Kummar, rédactrice en chef de la revue Current Problems in Cancer Par Shivaani Kummar et Christopher Tancock (traduit de l'anglais)

© istockphoto.com/Kevin Smart

  1. Parlez-nous un peu de vous et de votre parcours.

    Je suis oncologue. Mon principal domaine d'expertise est le développement de nouveaux médicaments anticancéreux. Je mène des essais cliniques de stade 1 avec l’objectif de faciliter et d'accélérer le développement de nouveaux traitements efficaces contre le cancer.  Actuellement, je suis responsable d’un programme de recherche mené à partir d'essais cliniques portant sur la chimiothérapie, les thérapies moléculaires ciblées et les thérapies immunitaires.

  2. Comment avez-vous commencé à travailler avec Current Problems in Cancer?

    J'étais responsable du développement d'essais cliniques à l'Institut national du cancer des États-Unis. C'est vers 2012 que l'on m'a contactée pour me proposer le rôle de rédactrice associée de la revue Current Problems in Cancer, rôle que j'ai accepté. Puis vers 2016 la décision de relancer la revue dans un nouveau format a été prise et on m'a proposé de devenir rédactrice en chef. J'ai travaillé avec les équipes d'Elsevier pour reformater et repositionner la revue. Ce fut une expérience très instructive, sans trop de surprises mais plutôt une série de questions intéressantes comme par exemple quel public cibler, comment intéresser le lectorat ou comment faire participer l'équipe des rédacteurs. Il y a eu quelques courbes d'apprentissage mais tout se passe bien. Le nombre et la qualité des soumissions augmentent, c'est une bonne chose !

  3. La question de la parité hommes-femmes dans le milieu universitaire et l'édition scientifique vous intéresse-t-elle depuis un certain temps ?

    Ma principale motivation pour devenir rédactrice en chef était de m'adresser à un public plus large, plus international et de comprendre comment motiver et impliquer la jeune génération.  J'ai essayé d'accroître la visibilité du journal en invitant des collègues du monde entier à rejoindre le comité de rédaction en tant que rédacteur associé. Au cours de mon mandat, j'ai réalisé de plus en plus que ce domaine traité dans la revue était très centré sur les hommes. J'ai vite remarqué que les mêmes noms revenaient sans cesse - tous des hommes ! J'ai donc commencé à interroger mes contacts sur l'identité de femmes leaders dans les domaines qui m'intéressaient.

    Au départ, ma principale motivation était d'internationaliser le journal. Je ne visais pas spécifiquement la question de la parité hommes-femmes, mais j'ai évolué. Je suis désormais convaincue que nous devons nous intéresser à toutes ces questions - genre, diversité, représentation. Toutes les parties prenantes doivent être impliquées alors que ce débat par exemple est toujours dominé par les États-Unis et l'Europe de l'Ouest. Pour ce qui est de la rédaction du journal, nous essayons d'aller plus loin et de recruter des experts et des membres du comité de rédaction dans différents pays. Cela nous a permis d'attirer un nombre croissant de soumissions du monde entier.

  4. Comment s'est développée votre action en faveur de la diversité et de la parité

    hommes-femmes ?

    J'ai essayé d'identifier les étoiles montantes dans différents domaines. Le processus doit être juste en ce qui concerne talent/domaine d'expertise et l'intérêt à contribuer mais une fois que vous commencez à faire un effort pour identifier plus de femmes dans le domaine, vous réalisez qu'il y en a beaucoup ! Elles n'ont peut-être pas siégé dans de nombreux conseils d'administration mais elles sont là et publient autant, voire mieux, que la plupart des hommes qui ont été recommandés. Je suis en train de constituer un groupe de personnes talentueuses pour la revue. Nous avons également essayé de contacter les femmes universitaires pour les encourager à soumettre des articles.

  5. Cette volonté de développer la diversité a-t-elle été un succès selon vous ?

    Pour ce qui est d'attirer des femmes pour le rôle de rédactrice associée nous en avons maintenant six dans le monde entier. Je considère donc qu'il s'agit d'une victoire d’avoir réussi à attirer autant de femmes talentueuses qui sont prêtes à contribuer à la revue. Nous avons également essayé de les inciter à encourager leurs réseaux pour identifier de nouveaux rédacteurs et rédactrices au niveau international.

    Il n'y a pas de processus organisé et le travail est toujours en cours. Un nouveau rédacteur associé vient de rejoindre récemment depuis la Corée du Sud par exemple. Nous essayons de "modifier les proportions" ce qui veut dire de devenir plus internationaux mais aussi plus équilibrés en termes de genre.

  6. Quel conseil/message avez-vous pour les rédacteurs et rédactrices en chef d'autres revues ?

    J'ai constaté au fil des années que si la rédaction d'une revue présente un bon équilibre entre les hommes et les femmes, d’autres femmes vont s'y intéresser et se sentir encouragées à se porter volontaires ou à s'impliquer. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous avons délibérément recherché des rédactrices car leur présence aide à faire passer le message. Mon conseil est donc le suivant : faites participer davantage de femmes au processus éditorial !

  7. Quelles sont les "prochaines étapes" et quel est votre projet d'avenir pour le journal ?

    Cela s'est fait naturellement depuis le projet initial pour la revue : il ne s'agit pas d'un processus très structuré. Pour l'instant nous souhaitons tout simplement continuer sur cette voie tout en étant plus conscients des enjeux.

    Avec un peu de recul l’idée est désormais de nous intéresser à l'ensemble des talents et pas seulement aux noms qui sont mis en avant de manière récurrente. Si vous recherchez le talent et l'expertise, vous trouverez aussi bien des femmes que des hommes. Si vous cherchez à obtenir la "meilleure personne", vous arriverez inévitablement à une meilleure parité entre les hommes et les femmes.

Un article de

Shivaani Kummar

Le Dr Kummar a récemment été nommée cheffe de la division d'hématologie et d'oncologie, et codirectrice du Center for Experimental Therapeutics à l'université Health and Science de l'Oregon à Portland (Oregon). Ses recherches portent sur le développement de nouvelles thérapies contre le cancer. Le Dr Kummar est l'investigatrice principale de nombreux essais cliniques et fait partie de plusieurs comités scientifiques nationaux et internationaux. Elle est rédactrice en chef de Current Problems in Cancer.

Shivaani Kummar

Christopher Tancock

Christopher Tancock est rédacteur en chef des sites d’Elsevier Editors', Authors' and Reviewers' Updates et travaille sur plusieurs projets de communication dans ce groupe d’édition. Basé à Oxford Chris est diplômé en études européennes et en linguistique. Il est le fondateur de Pint of Life(S’ouvre dans une nouvelle fenêtre), une initiative qui permet à la communauté locale d'acquérir gratuitement des compétences pour sauver des vies.

Christopher Tancock