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Actualités Pharmaceutiques : Socio-esthétique et cancer du sein

9 octobre 2023

Par Monique Remillieux

Socio-esthétique et cancer du sein

Nous vous proposons de découvrir ici un des articles du dossier de décembre 2022 Socio-esthétique et cancer du sein d'Actualités Pharmaceutiques(S’ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Conseiller des produits cosmétiques aux patientes atteintes d’un cancer du sein

Les patientes atteintes d’un cancer du sein sont soumises à des traitements susceptibles d’altérer leur image. Perte des cheveux, teint terne, sécheresse cutanée, fragilité unguéale sont autant de modifications esthétiques qui peuvent être prises en charge en pharmacie. L’équipe officinale, éventuellement relayée par une socio-esthéticienne, peut prodiguer des conseils en matière d’hygiène, de soin et de maquillage.

© 2022 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés Mots clés  – cancer du sein;  conseil; cosmétique ; ingrédient ; officine ; socio-esthétique

Advising cosmetic products to breast cancer patients

Patients with breast cancer are subjected to treatments that may alter their image. Hair loss, dull complexion, dry skin, nail fragility are all aesthetic changes that can be managed at the pharmacy. The pharmacy team, possibly assisted by a socio-aesthetician, can provide advice on hygiene, skin care and make-up.

© 2022 Elsevier Masson SAS. All rights reserved

Keywords – advice; breast cancer; cosmetics; ingredients; pharmacy; socio-aesthetics

Céline Couteau, Maître de conférences des universités, HDR

Laurence Coiffard, Professeur des universitésLaboratoire de pharmacie industrielle et cosmétologie, Faculté de pharmacie de Nantes, 9 rue Bias, 44000  Nantes ,  France

Plan de l'article

  • Cosmétique et dermocosmétique, quelles différences ?

  • Catégories des cosmétiques utilisables sous traitement anticancéreux

    • Hygiène

    • Hydratation

    • Protection solaire

    • Maquillage

  • Place de la socio-esthétique à l’officine

  • Le fait-maison, une pratique à bannir

  • Conclusion

  • Déclaration de liens d’intérêts

  • Références

En 2003, Jacques Chirac introduit la notion de soins de support dans le premier plan cancer, qui est un plan de mobilisation nationale selon les propres mots du ministre de la Santé de l’époque, Jean-François Mattei [1]. Ces soins de support, définis comme l’ensemble des soins et soutiens aux personnes atteintes de maladies graves, concomitamment aux traitements spécifiques le cas échéant, sont alors présentés de manière suffisamment vague pour pouvoir inclure le maximum de pratiques susceptibles d’améliorer la vie des patients. Les soins de socio-esthétique (pratiqués par des socio-esthéticiennes) répondent aux attentes de la mesure 42 du plan cancer de 2003 en constituant un élément permettant le soutien psychologique du patient. La feuille de route 2021-2025 de la stratégie décennale de lutte contre les cancers renforce le poids des soins de socio-esthétique dans sa fiche “action II.6”. Il est, en effet, prévu d’étudier “les apports de la socio-esthétique en vue d’une intégration au panier de soins de support, après évaluation”, en gardant à l’esprit que le financement des soins de support est également à l’étude [2].Qui dit soins de socio-esthétique dit produits cosmétiques. Les cosmétiques utilisés dans le cadre des soins de support doivent répondre à des critères de qualité importants, afin de minimiser au maximum les réactions à type de dermatites allergiques ou irritatives1.1 Dans cet article, les ingrédients sont présentés dans les encadrés et les tableaux en anglais, selon la nomenclature INCI.

Cosmétique et dermocosmétique, quelles différences ?

La notion de dermocosmétique, fréquemment employée pour désigner des cosmétiques disponibles à l’officine, est un concept purement marketing créé par Pierre Fabre, le fondateur des laboratoires éponymes, dans les années 1970. Il ne repose sur aucune base réglementaire. Pour l’heure, il n’est toujours pas question du “dermocosmétique” dans le règlement (CE) no 1223/2009 [3] ; il n’existe pas non plus de norme ISO dressant la liste des prérequis nécessaires afin de pouvoir prétendre à une telle appellation [4].

Il est toutefois possible de définir un certain nombre d’exigences concernant la formulation d’un dermocosmétique [5]. Il s’agit de faire un choix strict des matières premières utilisées et d’avoir recours à des méthodes d’évaluation de la sécurité rigoureuses.

Catégories des cosmétiques utilisables sous traitement anticancéreux

Les effets indésirables des traitements anticancéreux sont variés ; certains peuvent être théoriquement pris en charge par des cosmétiques (tableau 1) [6].

Tableau 1. Cosmétiques permettant de minimiser certains effets indésirables dus aux traitements anticancéreux.

Type de prise en charge

Effets indésirables

Solutions cosmétiques envisageables

Chirurgie, chimiothérapie

Séquelles esthétiques

Maquillage

Radiothérapie

Érythème cutané, sécheresse cutanée

Produits hydratants ou apaisants

Chimiothérapie

Stomatites, mucites Alopécie Toxicité unguéale Syndrome mains-pieds

Bains de bouche Shampoing antichute Vernis à ongles Antitranspirants

Pour l’hygiène, il convient de recommander aux patientes les produits les plus simples et les moins susceptibles de générer des effets à type d’allergie ou d’irritations. En matière de protection solaire, là encore, il est indispensable de conseiller les produits les plus sûrs et ce, d’autant plus que le traitement suivi est photosensibilisant.

Hygiène

Les exigences de qualité concernant les produits d’hygiène (bucco-dentaire, corporelle, capillaire) destinés aux patientes atteintes d’un cancer du sein sont élevées. En effet, certains traitements sont responsables d’effets indésirables susceptibles d’être atténués par l’utilisation de produits appropriés.

Hygiène bucco-dentaire

L’hygiène bucco-dentaire repose sur l’utilisation quotidienne d’une pâte dentifrice fluorée et d’un bain de bouche (tableau 2).Tableau 2. Hygiène et cancer du sein.

Type de produit

Conseils associés

Hygiène bucco-dentaire

Dentifrice renfermant des sels fluorés

Hygiène du corps et du cheveu

Syndet et non savon, base lavante douce, produits sans allergènes Intérêt des vraies huiles lavantes

Maîtrise des odeurs corporelles

Privilégier le déodorant, bannir l’alcool et les allergènes Discuter de l’intérêt des antitranspirants selon le protocole thérapeutique suivi

Dans le respect des consignes émises par l’Union française pour la santé bucco-dentaire, il convient de se brosser les dents avec un dentifrice fluoré renfermant 1 450 ppm ou 5 000 ppm de fluorures, selon que le risque carieux est faible ou élevé [7]. Il est donc possible d’avoir recours à un cosmétique (teneur en fluorures inférieure ou égale à 1 500 ppm) ou à un médicament (teneur en fluorures supérieure à 1 500 ppm). L’équipe officinale doit rassurer sa patientèle car ces sels fluorés sont des ingrédients indispensables dénués de toxicité.

En matière de prise en charge médicamenteuse des mucites, l’acide hyaluronique a fait ses preuves [8]. Sans avoir recours à un produit ayant un statut de médicament, il peut donc être intéressant de pratiquer des bains de bouche renfermant cet ingrédient et ayant un statut de cosmétique. Ainsi, le bain de bouche Ozalys® renferme, au niveau de sa formulation, du hyaluronate de sodium auquel divers composants ont été associés : du panthénol permettant de diminuer la dose d’antiseptique (digluconate de chlorhexidine), nécessaire du fait d’un effet synergique [9], et de l’allantoïne, un actif phare de la grande consoude connue pour son caractère apaisant (encadré 1).

Encadré 1

Ingrédients du soin confort bain de bouche Ozalys®Aqua/water/eau, glycerin, hydrogenated starch hydrolysate, panthenol, PEG-40 hydrogenated castor oil, levulinic acid, aroma/flavor, sodium levulinate, allantoinsodium hyaluronate, disodium cocoyl glutamate, sodium saccharin, sodium cocoyl glutamate, zingiber officinale root extract/zingiber officinale (ginger) root extract, sodium hydroxide, citric acid, sodium benzoate, chlorhexidine digluconate, potassium sorbate, CI 42090/blue 2.N.B. Les ingrédients mentionnés en caractères gras sont particulièrement intéressants.

Hygiène corporelle

En matière d’hygiène corporelle, les savons (sels d’acides gras obtenus par saponification d’un corps gras par une base forte, comme la soude ou la potasse), connus depuis l’Antiquité, doivent être distingués des syndets (produits d’hygiène renfermant des tensioactifs de synthèse) mis sur le marché au moment de la Seconde Guerre mondiale (tableau 2).

Souvent confondus, ces produits d’hygiène ne sont pourtant pas interchangeables en raison de caractéristiques très différentes [10]. Du fait de l’alcalinisation qu’il provoque au niveau cutané et de son caractère délipidant, un savon ne doit jamais être conseillé aux personnes dont la peau est fragilisée par les traitements. En ce qui concerne les syndets, il convient de s’intéresser à la composition des bases lavantes afin d’exclure les références renfermant du laurylsulfate de sodium, qui est le tensioactif de synthèse le plus irritant du marché.

Sous forme liquide (solution micellaire, gel douche) ou solide (pain dermatologique, savon “sans savon”), les syndets constituent les produits de choix pour l’hygiène du visage et du corps. Les formules ne renfermant aucun composant allergisant doivent être privilégiées. Les produits dits surgras sont composés de corps gras (acide stéarique, alcool cétéarylique, paraffine, huile d’amandes douces) qui laissent un film gras à la surface de la peau (encadré 2).

Encadré 2

Ingrédients retrouvés dans des syndets possédant une base lavante douceExemple de syndet liquide (gel nettoyant surgras Rivadouce®) : aqua (water), glycerin, PEG-6 caprylic/capric glycerides, decyl glucoside, sodium cocoamphoacetate, PEG-40 hydrogenated castor oil, carbomer, parfum (fragrance), sodium chloride, propylene glycol, phenethyl alcohol, ethylhexylglycerin, chlorphenesin, tetrasodium EDTA, sodium hydroxide, calendula officinalis flower extract, tocopherol.Exemple de syndet solide (pain dermatologique A-Derma®) : disodium lauryl sulfosuccinate, maltodextrin, sodium cocoyl isethionate, stearic acid, avena sativa (oat) kernel flour (avena sativa kernel flour), water (aqua), cetearyl alcohol, paraffin, ceteareth-6, prunus amygdalus dulcis (sweet almond) oil (prunus amygdalus dulcis oil), PEG-45 palm kernel glycerides, citric acid, microcrystalline wax (cera microcristallina), polyethylene, titanium dioxide (CI 77891).N.B. Les ingrédients mentionnés en caractères gras sont des corps gras qui exercent un effet surgraissant.

Une autre possibilité consiste à recourir à une huile nettoyante, un concept né dans les années 1950 aux États-Unis. Ce type de produits est formulé, tout au moins en théorie, à l’aide d’un mélange de corps gras liquides et de tensioactifs non ioniques. Dans la réalité, la plupart des huiles nettoyantes du commerce sont des solutions micellaires épaissies. En revanche, l’huile ultra-hydratante Topicrem® peut être citée en exemple dans la mesure où son appellation est en accord avec sa composition (tableau 3).

Ingrédients

Rôle dans la formule

Coco-caprylate/caprate Dicaprylyl carbonate, caprylic/capric triglyceride/ethylhexyl cocoate/helianthus annuus seed oil/oenothera biennis oil/carthamus tinctorius seed oil/ocetyldodecyl PCA Tocopheryl acetate, tocopherol

Tensioactif non ionique Actif émollient/surgraissant Conservateur antioxydant

Hygiène capillaire

La chute des cheveux constitue l’un des effets indésirables les plus connus de la chimiothérapie [11](S’ouvre dans une nouvelle fenêtre). Laissant le crâne à nu, elle est évidemment très fréquemment mal vécue, d’autant plus dans un monde où la chevelure est signe de force et de séduction depuis des temps immémoriaux.

Pour l’hygiène capillaire, il faut conseiller les formules les plus douces, c’est-à-dire avec une base lavante la moins irritante et la moins détergente possible (tableau 2). Le premier shampoing réellement doux mis sur le marché a été le shampoing Nodé®, non détergent. Les tensioactifs majoritaires dans sa composition sont non ioniques et très bien tolérés (encadré 3).

Encadré 3

Ingrédients retrouvés dans un shampoing très doux, le shampoing Nodé®Aqua/water/eau, caprylyl/capryl glucoside, PEG-150 distearate, PEG-6 caprylic/capric glycerides, PEG-15 cocopolyamine, sodium lauroyl oat amino acids, lactic acid, sodium citrate, caprylyl glycol, quaternium-80, propylene glycol, mannitol, xylitol, rhamnose, phenoxyethanol, tetrasodium EDTA, ethylhexylglycerin, fructooligosaccharides, sodium hydroxide, fragrance (parfum).

Un agent séquestrant présent dans la formulation d’un shampoing, tel que l’acide éthylène-diamine-tétra-acétique, est d’un grand intérêt lorsque l’on réside dans une région où l’eau du service de distribution est calcaire ; le séquestrant complexe le calcium et évite le dépôt de calcaire au niveau du cheveu et de l’émail des sanitaires.

En ce qui concerne la chute des cheveux, il faut rappeler aux patients sous traitement qu’elle n’est que temporaire. Dans le domaine cosmétique, il est impossible d’argumenter en faveur d’un effet de repousse du cheveu et de conseiller un produit.

Maîtrise des odeurs corporelles

Depuis les travaux de Philippa Darbre mettant en évidence la présence de parabènes au niveau de tumeurs mammaires [12], une grande méfiance des consommateurs, voire des professionnels de santé, s’est installée à l’égard de cette catégorie de conservateurs antimicrobiens et des cosmétiques appliqués à proximité du sein.

Dans le cadre de la prise en charge des cancers du sein par radiothérapie, il est couramment admis qu’un certain nombre de cosmétiques, tels que les parfums, les déodorants et les antitranspirants, doivent être évités afin de minimiser les risques de dermatite de rayonnement. Une étude canadienne met cependant à mal cette recommandation, en soulignant qu’il n’y a pas de différence en matière d’effets indésirables observés entre deux populations de femmes, les unes utilisant des antitranspirants, les autres non. En revanche, il apparaît que, chez certaines, cette interdiction a un impact en matière de qualité de vie ; les auteurs concluent en indiquant que le fait d’utiliser un antitranspirant ou non doit être laissé au libre choix des patientes puisque cela est sans effet sur le traitement. Les résultats de cette étude ont été confirmés en 2016 et en 2017 par des équipes américaines [13].

Concernant le choix du produit le plus adapté, il est important de se pencher sur les emballages des références cosmétiques, afin de bien faire la différence entre un déodorant (cosmétique ne modifiant pas le volume de sueur émis) et un antitranspirant (cosmétique modifiant le volume de sueur émis en empêchant son évacuation, du fait de la formation d’un bouchon corné au niveau des pores cutanés).

Dans les formules présentées comme étant des déodorants, qui doivent être préférées dans la grande majorité des cas, il convient de s’assurer de l’absence des composants suivants :

  • les sels d’aluminium, qui sont les actifs antitranspirants de référence (dénommés selon la nomenclature International Nomenclature of Cosmetic Ingredients [INCI] sous les noms suivants : aluminum chloride, aluminum chlorohydrate) (

    encadré 4) [14] ;

Encadré 4

Sels d’aluminium et syndrome mains-piedsDes travaux datant de 2014 montrent l’intérêt des sels d’aluminium dans le cadre de la prise en charge du syndrome mains-pieds occasionné par certains principes actifs, comme la doxorubicine [14].

  • l’alcool éthylique, un actif antiseptique et exhausteur de pénétration fréquemment retrouvé dans les formules du commerce ;

  • les allergènes.

À l’officine, le nombre de références de vrais déodorants disponibles est extrêmement faible. Les actifs le plus souvent retrouvés sont les esters de l’acide citrique (qui acidifie le milieu et inhibe les estérases bactériennes) et de l’acide ricinoléique (un capteur d’odeur) (tableau 2, encadré 5).

Encadré 5

Ingrédients retrouvés dans des déodorants (exemples)Déodorant très doux à l’althéa blanc Klorane® : aqua, isopropyl palmitate, cyclomethicone, hydroxyethyl acrylate/sodium acryloydimethyl taurate copolymer, triethyl citrate, 1.2-hexanediol, althaea officinalis root extract, BHT, caprylyl glycol, citric acid, dimethyl phenylpropanol, disodium EDTA, parfum (fragrance), isohexadecane, lysine, pentylene glycol, polysorbate 60, propylene glycol, sorbic acid, sorbitan isostearate, zinc ricinoleate.Déodorant dermato Rogé Cavaillès® : aqua, glycerin, triethyl citrate, polyglyceryl-6 stearate, cetearyl alcohol, prunus amygdalus dulcis oil, glyceryl oleate, polyglyceryl-6 behenate, glyceryl stearate, parfum, 2-methyl 5-cyclohexylpentanol, tocopheryl acetate, C18-22 hydroxyalkyl hydroxypropyl guar, sodium hydroxide, levulinic acid, sorbic acid, benzoic acid, o-cymen-5-ol, undecylenoyl glycine, capryloyl glycine, oryza sativa bran oil, bisabolol.N.B. Les ingrédients mentionnés en caractères gras sont particulièrement intéressants.

Hydratation

La sécheresse de la peau est un problème récurrent chez la femme sous traitements anticancéreux. Il est important de pouvoir lui proposer des références de qualité afin d’améliorer son confort cutané.

Principes de l’hydratation

Pour hydrater la peau, il existe deux possibilités :

  • utiliser des ingrédients antidéshydratants qui forment une couche occlusive à sa surface et s’opposent ainsi à la déperdition hydrique ; les dérivés de pétrole (paraffine, vaseline, paraffine liquide) et les huiles végétales entrent dans cette catégorie ;

  • avoir recours à des substances hydrophiles qui sont capables de pénétrer au sein des couches cellulaires épidermiques et d’y retenir l’eau ; ces substances hygroscopiques sont, selon le cas, classées arbitrairement comme excipients (les humectants sont des molécules qui permettent de retenir l’eau dans le cosmétique et d’améliorer sa conservation) ou actifs (tableau 4).

Tableau 4. Actifs hydratants fréquemment retrouvés dans les soins hydratants.

Humectants

Hydratants

Glycérine

Glycérine

Polyoxyéthylène glycol (macrogol)

Acide pyrolidone carboxylique

Sorbitol

Urée

Xylitol

Panthénol

Propylène glycol

Mannitol

Les hydratants sont des molécules susceptibles d’être revendiquées par les laboratoires cosmétiques dans le cadre des allégations et/ou des publicités et qui viennent compléter l’action des substances occlusives.

La glycérine peut être considérée soit comme un excipient, soit comme un actif. Sa popularité est telle qu’elle constitue un bon argument de vente. Quant au propylène glycol, qui est irritant à fort pourcentage, il doit être utilisé de manière raisonnée (il est préférable de le trouver en fin de liste des ingrédients quand il est présent).

Ces actifs antidéshydratants et hydratants sont associés au sein d’une émulsion afin que le produit soit le plus efficace possible. L’appellation cold cream, très utilisée dans le domaine, n’est absolument pas opposable et ne repose sur aucune obligation d’ordre réglementaire. Cela explique pourquoi il existe des formules très variées.

L’émulsion pour application cutanée Biafine® est un médicament qui intègre les indications suivantes : érythèmes secondaires à des traitements radiothérapiques ; brûlures du premier et du second degré et toute autre plaie cutanée non infectée [15]. Il s’agit d’une émulsion simple, renfermant des dérivés de pétrole (paraffine solide et liquide), des parabènes (parahydroxybenzoate de méthyle sodé [E 219], parahydroxybenzoate de propyle sodé [E 217]) et un parfum, source d’allergènes (citral, limonène, lyral [interdit en cosmétique]). Si cette formulation a fait ses preuves compte tenu de son statut de médicament, elle doit être utilisée avec précaution compte tenu de la présence de certains ingrédients dans sa composition, voire être substituée par des formulations plus adaptées dans le contexte.

Cosmétiques à conseiller

Des produits hydratants et apaisants renfermant des actifs hydratants et/ou antidéshydratants doivent être conseillés (tableau 5).Tableau 5. Exemples de produits hydratants et apaisants.

Nom du produit

Actifs

Tolérance Control baume apaisant restaurateur cosmétique stérile eau thermale Avène®

Eau thermale d’Avène, postbiotique (apaisant)

Corps gras (effet antidéshydratant)

Atoderm Xereane Bioderma®

Glycérine, panthénol, xylitol, mannitol (actifs hydratants)

Corps gras (actifs antidéshydratants)

Cicaplast baume B5 crème réparatrice et apaisante La Roche Posay®

Silicone (protecteur cutané)

Glycérine, panthénol (actifs hydratants)

Beurre de karité (actif antidéshydratant)

Madecassoside (actif apaisant)

Crème pour le corps Même®

Corps gras (actifs antidéshydratants)

Glycérine, gel d’aloe vera (actifs hydratants)

Baume universel aux 3 extraits d’avocat Mustela®

Corps gras (actifs antidéshydratants)

Extrait d’avocat (apaisant)

Baume SOS réparateur La Rosée®

Corps gras (actifs antidéshydratants)

Sous l’appellation cold cream, il est également possible de trouver des formulations destinées aux bébés adaptées à la situation de la patiente (tableau 6).

Tableau 6. Exemples de cold cream.

Nom du produit

Actifs

Pédiatril crème au cold cream Avène®

Eau thermale d’Avène (actif apaisant)

Dérivés de pétrole (actif antidéshydratant)

Silicone (actif protecteur)

Cold cream naturel La Roche Posay®

Dérivé de pétrole (actif antidéshydratant)

Cire blanche (actif protecteur)

Cold cream Rivadouce®

Dérivés de pétrole (actifs antidéshydratants)

Cire blanche (actif protecteur)

Protection solaire

En matière de protection solaire, il est nécessaire de faire la chasse aux idées fausses véhiculées par différents médias (campagne antioctocrylène, antioctylméthoxycinnamate, etc.).

Les produits de protection solaire sont formulés à partir de filtres ultraviolets (UV) réglementés. Le règlement (CE) no 1223/2009 regroupe, à ce jour, 30 filtres UV dans son annexe VI, qui est la liste des filtres UV admis dans les produits cosmétiques ; 27 sont organiques (appelés improprement “chimiques” afin de déclencher un sentiment de peur chez le consommateur) et 2 inorganiques (le dioxyde de titane et l’oxyde de zinc). Ils sont utilisés dans le respect de doses limites d’emploi [3].

Les personnes fragilisées par le cancer doivent bénéficier de la protection anti-UV la plus large et la plus élevée possible. Dans ces conditions, il faut conseiller les produits de protection solaire conventionnels renfermant un mélange de filtres UV organiques et/ou inorganiques. Les produits minéraux, beaucoup moins efficaces, ne sont pas adaptés.

Formules à conseiller

Les formules les plus concentrées en filtres UV doivent être privilégiées. Il faut repérer, dans les compositions, les filtres les plus efficaces ; l’anisotriazine (nom INCI : bis-éthylhexyloxyphénol méthoxyphényl triazine) fait partie de ceux qui, sur le marché, le sont particulièrement.

En revanche, il convient d’éviter les formules qui renferment :

  • de l’alcool, car cet ingrédient est asséchant et surtout promoteur de pénétration ; il favorise celle de certains ingrédients, dont des filtres UV, dans les couches profondes de la peau ;

  • des extraits végétaux (encadré 6) [16], qui sont souvent utilisés pour leur effet anti-inflammatoire, masquant le coup de soleil, mais non photoprotecteur.

Encadré 6

Exemples d’ingrédients ou d’extraits végétaux à caractère anti-inflammatoire retrouvés dans les produits de protection solaireBisabolol, dipotassium glycyrrhizate, glycyrrhetinic acid, porphyra umbilicadis extract, eryngium maritimum extract, colocasia antiquorum root extract, mangifera indica fruit extract, plumeria acutifolia flower extract, undaria pinnatifida extract, chrysanthemum parthenium flower extract, spiraea ulmaria flower water, syringa vulgaris extract, calendula officinalis flower extract, symphytum officinale leaf extract, polygonum aviculare extract, rosa canina fruit extract, solum diatomea (diatomaceous earth), artemia extract, ginkgo biloba leaf extract, olea europaea (olive) leaf extract, haematococcus pluvialis extract, buddleja officinalis flower extract, lepidum sativum sprout extract, phaseolus radiatus seed extract, menyanthes trifoliata leaf extract, phaedactylum tricornutum extract.

Produits à conseiller

La forme galénique la plus adaptée pour se protéger des rayons UV est l’émulsion (crème, lait), qui laisse un film d’une épaisseur suffisante à la surface de la peau. A contrario, les présentations les plus liquides (huiles) “glissent” et ne déposent donc pas un film assez épais sur la peau.

Les produits solaires à recommander sont ceux qui possèdent les plus hauts indices (50 + ) (encadré 7(S’ouvre dans une nouvelle fenêtre)). Ils doivent être appliqués en couche épaisse et réappliqués toutes les deux heures.

Encadré 7

Ingrédients retrouvés dans des produits à fort indice de protection solaire (exemples)Lait famille Photoderm 50+ Bioderma® : aqua/water/eau, diethylamino hydroxybenzoyl hexyl benzoatehomosalate, diisopropyl sebacate, bis-ethylhexyloxyphenol methoxyphenyl triazine, dibutyl adipate, propanediol, ethylhexyl salicylateethylhexyl triazone, methylpropanediol, hydroxyethyl acrylate/sodium acryloyldimethyl taurate copolymer, microcrystalline cellulose, C20-22 alkyl phosphate, C20-22 alcohols, C14-22 alcohols, capryloyl glycine, sodium citrate, tocopherol, cellulose gum, citric acid, C12-20 alkyl glucoside, mannitol, xylitol, sodium hydroxide, polysorbate 60, sorbitan isostearate, rhamnose, glycine soja (soybean) oil, fructooligosaccharides, caprylic/capric triglyceride, laminaria ochroleuca extract.

Epitheliale A.H. SPF 50+ A-Derma crème réparatrice protectrice anti-marques® : water (aqua), C12-15 alkyl benzoate, methylene bis-benzotriazolyl tetramethylbutylphenol [nano], cetearyl isononanoate, diisopropyl adipate, glycerin, isodecyl neopentanoate, bis-ethylhexyloxyphenol methoxyphenyl triazinediethylhexyl butamido triazone, panthenol, aluminum starch octenylsuccinate, butyl methoxydibenzoylmethane, potassium cetyl phosphate, methyl gluceth-20, decyl glucoside, hydrogenated starch hydrolysate, C10-18 triglycerides, sodium hyaluronate, avena sativa (oat) leaf/stem extract (avena sativa leaf/stem extract), alanyl glutamine, uncaria tomentosa extract, acrylates/C10-30 alkyl acrylate crosspolymer, benzoic acid, caprylyl glycol, disodium EDTA, glyceryl behenate, glyceryl dibehenate, pantolactone, propylene glycol, sodium hydroxide, tribehenin, xanthan gum.

Eau thermale Avène crème très haute protection peaux sensibles sèches SPF 50 + ® : Avene thermal spring water (avene aqua), C12-15 alkyl benzoate, coco-caprylate/caprate, methylene bis-benzotriazolyl tetramethylbutylphenol [nano], water (aqua), caprylic/capric triglyceride, bis-ethylhexyloxyphenol methoxyphenyl triazine. diethylhexyl butamido triazone, glycerin, silica, butyl methoxydibenzoylmethane, potassium cetyl phosphate, decyl glucoside, VP/eicosene copolymer, acrylates/C10-30 alkyl acrylate crosspolymer, benzoic acid. butylene glycol, caprylyl glycol, carbomer, disodium EDTA, fragrance (parfum), glyceryl behenate, glyceryl dibehenate, helianthus annuus (sunflower) seed oil (helianthus annuus seed oil), oxothiazolidine, propylene glycol, sodium benzoate, sodium hydroxide, tocopherol, tocopheryl glucoside, tribehenin, xanthan gum.N.B. Les ingrédients mentionnés en caractères gras sont particulièrement intéressants.

Il est important de véhiculer un message de santé publique lors de la vente en rappelant aux patientes qu’elles doivent s’exposer de manière raisonnable et ne pas oublier la protection vestimentaire, qui comprend un chapeau à large bord et des vêtements couvrants, ainsi que le port de lunettes de soleil de qualité.

Maquillage

Pour le maquillage, il convient d’éviter les “deux en un”, qui renferment des filtres UV et affichent un facteur de protection solaire, car le mode d’emploi de ces produits distincts ne sont pas compatibles : application en couche épaisse et réapplication toutes les deux heures pour l’anti-UV ; application unique en touches légères pour le maquillage.

La superposition des produits cosmétiques selon la technique du millefeuille, ou layering, est également proscrite car ce procédé concourt à favoriser la pénétration des ingrédients cosmétiques à travers la peau.

Teint

Pour unifier le teint, le mieux est d’opter pour un fond de teint fluide, d’utilisation aisée, riche en silicones. Ces matières premières sont à la fois des filmogènes (elles facilitent l’application du produit sur la peau) et des protecteurs cutanés (formation d’une barrière protectrice à la surface de la peau). La présence de dioxyde de titane dans ce type de formule permet de masquer les imperfections et d’unifier le teint. Une poudre compacte peut être utilisée sur des zones ciblées du visage (encadré 8).

Encadré 8

Exemples de produits destinés au maquillage du visageToleriane correcteur de teint fluide La Roche Posay® : émulsion sur base de silicone contenant de la glycérine, du dioxyde de titane et des oxydes de fer.T-Leclerc poudre compacte-poudre soleil® : mélange de poudres sur base de talc et de silicones et corps gras, ainsi que de dioxyde de titane et d’oxydes de fer.

Regard

Afin de valoriser le regard, il est possible d’utiliser des mascaras haute tolérance. Des crayons à sourcils permettent, quant à eux, de simuler ou d’étoffer une ligne sourcilière. Pour masquer les cernes, des sticks de composition très simple sont disponibles (encadré 9).

Encadré 9

Exemples de produits destinés au maquillage des yeuxCouvrance Avène crayon correcteur sourcils bruns® : corps gras + colorants.Eye Care mascara haute tolérance® : émulsion cireuse à haute viscosité renfermant des colorants.Vichy SOS Coverstick 16 heures® : mélange de paraffine liquide, de cires, de talc et de colorants

Ongles

La pose d’un vernis permet non seulement d’améliorer l’aspect esthétique des ongles, mais aussi de protéger la plaquette unguéale. Les produits du commerce possèdent en général des compositions assez similaires.

Pour une bonne tolérance, il faut privilégier des vernis à ongles ne renfermant pas de filtres UV dans la mesure où ces derniers ne sont d’aucune utilité.

Pour une protection maximale, il faut conseiller de déposer sur l’ongle une couche de vernis incolore (la base), deux couches de vernis coloré et une couche de top coat [17].

Cas particulier du maquillage permanent

La dermopigmentation, ou maquillage permanent, consiste à tatouer certaines zones du visage (ligne des sourcils, lèvres, contour des yeux, etc.) ou du sein (auréole dans le cadre de la reconstruction mammaire). Cette technique repose sur l’injection d’une encre de tatouage dans les structures sous-épidermiques.

Le tatouage constitue une pratique ancestrale toujours à la mode de nos jours et particulièrement appréciée des populations jeunes ; en 2018, 12 % des Européens étaient tatoués dont 25 % des 18-20 ans [18]. Ces adeptes du tatouage, souvent méfiants à l’égard des cosmétiques, font en revanche, une totale confiance aux encres utilisées. Il serait, sans doute, intéressant de porter à leur connaissance leur composition.

Schématiquement, une encre est une suspension de colorants dans un solvant auquel on adjoint des agents liants et divers additifs (tableau 7). Elle renferme des colorants susceptibles d’être contaminés par des ingrédients cancérigènes (hydrocarbures aromatiques polycycliques retrouvés dans un colorant nommé carbon black), des générateurs de formol, des substances pouvant former des nitrosamines, etc. Les aiguilles utilisées pour réaliser le tatouage peuvent elles-mêmes être à l’origine du passage de nanoparticules de nickel ou de chrome dans la peau [18].Tableau 7. Composition d’une encre de tatouage.

Ingrédients

Rôle

Colorants (carbone, dioxyde de titane, oxyde de chrome, oxydes de fer, sulfate de baryum, etc. ; colorants azoïques, laques, etc.)

Teinter la peau

Agents liants (acrylates, gommes végétales, poloxamères, polyoxyéthylèneglycol, polyvinylpyrrolidone)

Éviter le phénomène de sédimentation

Solvants (alcool, eau, polyol)

Véhiculer les colorants afin d’obtenir une suspension

Additifs variés (agents épaississants, conservateurs antimicrobiens, tensioactifs)

Assurer la stabilité microbiologique et physico-chimique du produit dans le temps

Dans le cadre de la reconstruction mammaire, des studios de tatouage et des équipes soignantes se sont spécialisées dans le tatouage des aréoles du sein. Cette pratique pose question dans la mesure où les encres sont susceptibles de renfermer des ingrédients nocifs pour la santé.

Place de la socio-esthétique à l’officine

La socio-esthétique est habituellement pratiquée dans les services hospitaliers, les associations, etc., mais elle pourrait trouver tout naturellement sa place à l’officine. C’est en tout cas la conclusion à laquelle est arrivée au terme de sa thèse d’exercice, Juliette Marradès, une jeune pharmacienne au profil atypique. Après une formation de conseils en image et un brevet de technicien supérieur esthétique/cosmétique, Juliette a choisi de poursuivre ses études en faculté de pharmacie au sein de la faculté de pharmacie de Nantes (44). Puisque, pour elle, la socio-esthétique est un véritable trait d’union entre le domaine médical et celui de la beauté, elle a décidé de tenter l’expérience sur son terrain de stage de dernière année d’études. Elle n’a alors aucun doute, l’officine est le lieu où la socio-esthétique prend tout son sens. Des produits cosmétiques adaptés y sont vendus, des conseils liés aux traitements y sont dispensés (le pharmacien connaît les effets indésirables associés à chaque thérapie et peut proposer aux patientes l’accompagnement cosmétique le plus pertinent) et l’équipe officinale fait preuve d’empathie à l’égard de la personne en état de souffrance. Dans l’espace de confidentialité, le pharmacien peut répondre à toutes les questions en relation avec la maladie ; avec l’aide d’une socio-esthéticienne, il est à même de conseiller des solutions cosmétiques qui aideront la patiente à apprivoiser son image et à prendre soin d’elle au quotidien après avoir appris les gestes professionnels permettant la réalisation optimale d’un maquillage correcteur (fond de teint, produit anticerne, etc.) ou la pose d’un vernis à ongles [19].

Le fait-maison, une pratique à bannir

Avec la multiplication des blogs consacrés à la beauté et des revues proposant des recettes de cosmétiques, on assiste à un véritable engouement pour le fait-maison. Les patientes peuvent être tentées par cette démarche, pensant que ces produits sont plus sûrs que ceux du commerce.

La personne qui élabore ses propres cosmétiques utilise soit ce dont elle dispose dans sa cuisine (vinaigre, bicarbonate de soude, maïzena, alcools divers), soit des ingrédients commandés sur des sites dédiés. À la lecture des recettes publiées sur les blogs spécialisés, il apparaît que la consommatrice ne peut en aucun cas vérifier la qualité des ingrédients utilisés, que les formules peuvent être dangereuses (dentifrices trop abrasifs) ou dénuées d’efficacité (dentifrices non fluorés, produits de protection solaire sans filtres UV), et que les cosmétiques ainsi fabriqués ne sont pas respectueux de la sphère oculaire [20], [21], [22]. Dans tous les cas, on relève une imprécision concernant les doses d’ingrédients nécessaires, certaines recettes indiquant les quantités en pointe de couteau ou en cuillère à thé.

Conclusion

Face à la désinformation, l’équipe officinale doit se montrer rassurante et proposer des produits parfaitement irréprochables aux personnes atteintes d’un cancer. Des ingrédients possédant des qualités particulières de protection et/ou d’hydratation de la peau (dérivés de pétrole, silicones) doivent être réhabilités. En matière de protection solaire, le conseil doit être pédagogique, le but étant d’assurer la sécurité de la patiente. Afin de répondre de façon globale à ses attentes, une collaboration oncologue-équipe officinale-socio-esthéticienne est nécessaire.

Points à retenir

  • Les cosmétiques sont des alliés de choix en matière de confort cutané chez la patiente sous traitement chimio- ou radiothérapeutique.

  • Les cosmétiques, très décriés par une certaine presse et plusieurs applications, sont des produits réglementés parfaitement sûrs d’emploi.

  • Certains ingrédients (tensioactifs irritants, allergènes) sont à bannir dans cette situation particulière afin de prévenir toute réaction d’intolérance.

  • Une bonne connaissance des ingrédients cosmétiques permet un conseil éclairé.

  • La socio-esthétique a toute sa place à l’officine.

Déclaration de liens d’intérêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

Références
  1. Règlement (CE) n° 1223/2009 du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 relatif aux produits cosmétiques. https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2009:342:0059:0209:fr:PDF(S’ouvre dans une nouvelle fenêtre).

  2. Regards sur les cosmétiques. Les “dermocosmétiques”, à quand une norme ISO ? 6 septembre 2018. www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/les-dermocosmetiques-a-quand-une-norme-iso-771(S’ouvre dans une nouvelle fenêtre)/.

  3. V. Ribet, M. Gurdak, P.J. Ferret, et al.Stepwise approach of development of dermo-cosmetic products in healthy and atopic dermatitis paediatric population: safety evaluation, clinical development and postmarket surveillance

    J Eur Acad Dermatol Venereol, 33 (12) (2019), pp. 2319-2326

  4. Haute Autorité de santé. Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique. Cancer du sein. Janvier 2010. www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2010-02/ald_30_gm_ksein_vd.pdf(S’ouvre dans une nouvelle fenêtre).

  5. Union française pour la santé bucco-dentaire. Fluor. Chirurgiens-dentistes, rétablissons les faits. www.ufsbd.fr/espace-pro/notre-accompagnement-2/en-pratique/fluor(S’ouvre dans une nouvelle fenêtre)/.

  6. F. Agha-Hosseini, M. Pourpasha, M. Amanlou, M.S. MoosaviMouthwash containing vitamin E, triamcinolon, and hyaluronic acid compared to triamcinolone mouthwash alone in patients with radiotherapy-induced oral mucositis: Randomized Clinical Trial

    Front Oncol, 11 (2021), p. 614877

  7. A. Kramer, O. Assadian, T. Koburger-JanssenAntimicrobial efficacy of the combination of chlorhexidine digluconate and dexpanthenol

    GMS Hyg Infect Control, 11 (2016)

  8. L. Coiffard, C. CouteauSoap and syndets: differences and analogies, sources of great confusion

    Eur Rev Med Pharmacol Sci, 24 (21) (2020), pp. 11432-11439

  9. T.G. Phillips, W.P. Slomiany, R. AllisonHair Loss: Common Causes and Treatment

    Am Fam Physician, 96 (6) (2017), pp. 371-378

  10. P.D. Darbre, A. Aljarrah, W.R. Miller, et al.Concentrations of parabens in human breast tumours

    J Appl Toxicol, 24 (1) (2004), pp. 5-13

  11. Regards sur les cosmétiques. Les sels d’aluminium, on les soumet à la question ! 14 janvier 2020. www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/les-sels-d-aluminium-on-les-soumet-a-la-question-1311(S’ouvre dans une nouvelle fenêtre)/.

  12. Regards sur les cosmétiques. Les sels d’aluminium, on les soumet à la question ! 14 janvier 2020. www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/les-sels-d-aluminium-on-les-soumet-a-la-question-1311(S’ouvre dans une nouvelle fenêtre)/.

  13. Base de données publique des médicaments. Résumé des caractéristiques. Biafine. https://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/affichageDoc.php?specid=69931588&typedoc=R(S’ouvre dans une nouvelle fenêtre).

  14. C. Couteau, L. CoiffardTout savoir sur les produits solaires

    1Healthmédia, Puteau (2021) 148 pages

  15. C. Couteau, E. Paparis, L. CoiffardComparaison de différents vernis à ongles en matière d’efficacité photoprotectrice. Étude de l’intérêt de leur recours en soins de support en oncologie

    Bull Cancer, 103 (7–8) (2016), pp. 612-621

  16. M. Giulbudagian, I. Schreiver, A.V. Singh, et al.Safety of tattoos and permanent make-up: a regulatory view

    Arch Toxicol, 94 (2) (2020), pp. 357-369

  17. J. MarradèsLa pratique de la socio-esthétique : une valeur ajoutée à l’officine et un service complémentaire proposé et offert à la clientèle. [Thèse d’exercice]

    Faculté de pharmacie de Nantes, Nantes (2018)

  18. C. Couteau, C. Dupont, E. Paparis, L.J.M. CoiffardDemonstration of the dangerous nature of “homemade” sunscreen recipes

    J Cosmet Dermatol, 20 (6) (2021), pp. 1788-1794

  19. C. Couteau, S. Domejean, M. Lecoq, et al.A study of 84 homemade toothpaste recipes and the problems arising from the type of product

    Br Dent J (2021), 10.1038/s41415-021-2736-2

  20. Couteau C, Girard E, Coiffard L. Home-made products for make-up, eye make-up removal and eyelashes and periocular area: analysis of 290 recipes and problems. Int J Cosmet Sci.(sous presse).

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